Defenſe pour lés femmes.
On ſeulement aucuns calumniateurs &
aduerſaires de verité nous vouldrõt taxer
de trop grande audace & temerité : mais außi
aucuns des fideles, diſans, que lés femmes ſont
trop hardies d’eſcrire lés vnes aux aultres de la
ſaĩcte eſcripture. Auſquelz on peut loyſiblemẽt
reſpondre, que toutes celles qui ont eſcript, &
ont eſté nõmées és eſcriptures ſainctes, ne ſont
à iuger eſtre trop temeraires : veu que pluſieurs
ſont nommées & louées és ſainctes eſcriptures,
tant par leurs bonnes meurs, geſtes, maintien,
exemples : que par leur Foy & doctrine. Cõme
Sarra et Rebecca, et principalement entre toutes
lés aultres du vieil Teſtament, la mere de
Moyſe : laquelle nõobſtant l’edict du Roy, a biẽ
oſé garder ſon filz de mort, & faire qu’il fuſt
nourri à la maiſon de Pharaoh : comme amplement
eſt declairé en Exo. 2. Quãt à Delbora,
qui iugeoit le peuple d’Iſrëal au tẽps des Iuges,
n’eſt à meſpriſer. Iug. 4. Ie demande, fauldroit
il condamner Ruth, pourtant qu’elle eſt du ſexe
feminin, à cauſe q̃ l’hyſtoire d’icelle eſt eſcripte
en ſon liure ? Ie ne le pẽſe pas, veu qu’elle eſt biẽMatt. 1.
nombrée à la genealogie de Ieſus Chriſt. Mais