Page:Deroin - Du célibat.pdf/7

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que le célibat des prêtres n’est nullement un dogme émanant de la loi religieuse. Le célibat est une coutume qu’il a plu à l’église catholique d’adopter, et qu’elle peut répudier quand il lui plaira. Le pasteur marié n’est évidemment pas moins chrétien que le prêtre célibataire. Quant à la tradition, elle n’est favorable au célibat des prêtres qu’en ne la prenant pas trop haut. En voici la preuve par quelques exemples :


Quelques pères du Concile de Nicée (an 325) ayant proposé de faire une loi générale qui défendît à ceux qui étaient dans les ordres sacrés d’habiter avec les femmes qu’ils avaient épousées, étant laïques, le vénérable Paphnuce, qui portait encore les marques glorieuses des supplices qu’il avait endurés dans les dernières persécutions, pour l’honneur et le soutien de la foi chrétienne, se leva au milieu de l’assemblée et dit à haute voix : « Qu’il ne fallait pas imposer un joug si imposant aux clercs sacrés, que le lit nuptial est honorable pour tous ; et que le mariage est sans tache, que cet excès de rigueur serait nuisible plutôt qu’avantageux à l’Église même. Il parla du reste avec tant de force que tout le concile suivit son avis ; et on fit point sur ce sujet de loi nouvelle, c’est-à-dire que chaque église demeura dans son usage et sa liberté ; car, en ce temps-là, comme le fait observer le judicieux Fleury, on ne faisait pas de cause (règlements) pour « introduire de nouvelles pratiques, en mesure d’être mal observées, mais pour confirmer les anciens usages de la tradition apostolique. »

Le peuple de Ptolémaïs, métropole de la Cyrénaïque, ayant demandé pour évêque le célèbre Synésius, à cause de son grand savoir et de sa haute réputation de probité, il déclina d’abord cet honneur insigne, disant qu’on l’estimait plus qu’il ne s’estimait lui-même ; il ne céda, à la fin, qu’après avoir rendu publique la déclaration suivante : « J’ai une femme que j’ai reçue de Dieu et de la main sacrée de Théophile (évêque d’Alexandrie). Or, je déclare que je ne veux ni me séparer d’elle, ni m’en approcher en cachette, comme un adultère ; mais je souhaite d’en avoir des enfants nombreux et vertueux. Voilà une chose que ne doit point ignorer celui qui a le pouvoir de m’ordonner ; et il pourra l’apprendre encore de ceux que le peuple a députés vers moi pour cette affaire. » Cette détermination si po-