Page:Descartes - Œuvres, éd. Adam et Tannery, VI.djvu/113

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qui iouent a la paume eſprouuent aſſés, lors que leur bale rencontre de faux quareaux, ou bien qu’ils la touchent en biaiſant de leur raquette, ce qu’ils nomment, ce me ſemble, coupper ou friſer. Enfin, conſiderés que, ſi vne bale qui ſe meut rencontre obliquement la ſuperficie d’vn cors liquide, par lequel elle puiſſe paſſer plus ou moins facilement que par celuy d’où elle ſort, elle ſe détourne & change ſon cours | en y entrant : comme, par exemple, ſi eſtant en l’air au point A, on la pouſſe vers B, elle va bien en ligne droite depuis A iuſques a B, ſi ce n’eſt que ſa peſanteur ou quelqu’autre cauſe particuliere l’en empeſche ; mais, eſtant au point B où ie ſuppoſe qu’elle rencontre la ſuperficie de l’eau C B E , elle ſe détourne & prend ſon cours vers I, allant derechef en ligne droite depuis B iuſques a I, ainſy qu’il eſt ayſé a verifier par l’experience. Or il faut penſer, en meſme façon, qu’il y a des cors qui, eſtant rencontrés par les rayons de la lumiere, les amortiſſent, & leur oſtent toute leur force, a ſçauoir ceux qu’on nomme noirs, leſquels n’ont point d’autre couleur que les tenebres ; & qu’il y en a d’autres qui les font refleſchir, les vns au meſme ordre qu’ils les reçoiuent, a ſçauoir ceux qui, ayant leur ſuperficie toute polie, peuuent ſeruir de miroirs tant plats que courbés, & les autres confuſement vers pluſieurs coſtés ; & que derechef,