286 Correspondance. ii, 35»
de viure en repos & de continuer la vie que i'ay com- mencée en prenant pour ma deuife : benè vixit, benè qui latuit 3 , fait que ie fuis plus aife d'eftre deliuréde la crainte que i'auois d'acquérir plus de connoif- fances que ie ne defire, par le moyen de mon Ecrit, 5 que ie ne fuis fafché d'auoir perdu le temps & la peine que i'ay employée à le compofer.
Pour les raifons que difent vos muficiens, qui nient les proportions des confonances, ie les trouue fi ab- furdes, que ie ne fçaurois quafi plus y répondre*. 10 Car de dire qu'on ne fçauroit diftinguer de l'oreille la différence qui eft entre vne odtaue & trois ditons, c'eft tout de mefme que qui diroit que toutes les pro- portions que les architectes prefcriuent touchant leurs colomnes, font inutiles, à caufe qu'elles ne i5 laiffent pas de paroiftre à l'œil tout auffi belles, en- core qu'il manque quelque milliefme partie de leur iuftefle. Et mefme fi M. M. viuoit encore, il pourroit bien témoigner que la différence qui eft entre les demy-tons majeur & mineur, eft fort fenfible; car 20 après que ie luy eus vne fois fait remarquer, il difoit ne pouuoir plus fouffrir les accords où elle n'eftoit pas obferuée. le ferois bien aife de voir la Mufique de cet Autheur, où vous dites qu'il pratique les dif- fonânces en tant de nouuelles façons, & ie vous prie 25 de m'en écrire le nom, afin que ie puiffe faire venir fon liure par nos libraires.
Pour la caùfe qui fait cefier le mouuement d'vne pierre qu'on a iettée, elle eft manifefte; car c'eft la refiftance du cors de l'air, laquelle eft fort fenlible. 3o
a. Ovid., Trist., III, iv, 25.
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