Page:Descartes - Œuvres, éd. Adam et Tannery, I.djvu/45

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Clerselier pouvait-il mieux faire que d’imprimer les minutes de ces lettres ? Nous avons aujourd’hui l’original de l’une d’elles, du 29 juillet 1640, et il est beaucoup plus complet que la minute ; on l’a retrouvé par hasard dans un livre qui venait du collège Louis-le-Grand, ancien collège de Clermont, où le P. Bourdin avait été professeur. Mais Clerselier en eût-il obtenu communication ? Lui qui cite si volontiers St Augustin, comme faisait Arnaud lui-même, ne paraissait-il pas un peu janséniste pour être en fort bons termes avec les Pères de la Compagnie de Jésus ? Il les ménage cependant : il adoucit les paroles d’aigreur du philosophe à leur égard ; il prend soin d’imprimer toujours les RR. PP. Iesuites, ou au moins les PP. Iesuites, alors que dans les autographes de Descartes on trouve simplement les Iesuites.

Quant à la série XVII-XXV, le P. Bourdin, réconcilié avec le philosophe, s’était chargé de faire parvenir à leurs adresses quelques exemplaires des Principes, et Descartes lui envoie, en même temps que la lettre XXI pour lui-même, les XIXe et XXe pour les Pères Charlet et Dinet. Puis ces deux Pères ayant remercié leur ancien élève, Descartes leur écrit de nouveau (lettres XXII et XXIII), toujours par l’intermédiaire du P. Bourdin (lettre XXIV). — Quant aux deux premières lettres, XVII et XVIII, l’une est à un Jésuite inconnu, l’autre sans doute au P. Vatier. Enfin la dernière, lettre XXV, est au P. Mesland. Celle-ci ne devrait pas être seule : car Descartes avait écrit au moins deux autres lettres au même Père, et des copies en circulaient un peu partout (on en trouve plusieurs dans les Bibliothèques de Paris et de la province). Mais le philosophe y expliquait à sa manière la transsubstantiation dans le sacrement de l’Eucharistie, et Clerselier, pris de scrupule, avait consulté là-dessus l’archevêque de Paris, qui le dissuada de les publier ; quarante ans plus tard, en 1701, Bossuet s’opposa encore à la publication, et les deux lettres ne parurent qu’en 1811 par les soins d’un prêtre moins timoré, l’abbé Emery.

Outre ces deux petites séries de 8 et de 9 lettres, Clerselier