Page:Descartes - Les Principes de la philosophie, éd. 1647.djvu/552

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& de toutes les autres choses qui sont au monde ont esté tres-evidemment déduites d'un fort petit nombre de causes que j'ay proposées au commencement de ce traitté, encore mesme qu'on s'imagineroit que je les ay supposees par hazard & sans que la raison me les ait persuadées, on ne laissera pas d'avoir pour le moins autant de raison de juger qu'elles sont les vrayes causes de tout ce que j'en ay déduit, qu'on en a de croire qu'on a trouvé le vray sens d'un chiffre lors qu'on le voit suivre de la significatio[n] qu'on a donnée par conjecture à chaque lettre. Car le nombre des lettres de l'alphabet est beaucoup plus grand que celuy des premieres causes que j'ay supposées ; & on n'a pas coutume de mettre tant de mots, ny mesme tant de lettres dans un chiffre, que j'ay déduit de divers effets de ces causes.

CCVI - Et mesme qu'on en a une certitude plus que morale.

L'AUTRE sorte de certitude est lors que nous pensons qu'il n'est aucunement possible que la chose soit autre que nous la jugeons. Et elle est fondée sur un principe de Metaphysique tres-assuré qui est que Dieu estant souverainement bon, & la source de toute verité, puis que c'est luy qui nous a créez, il est certain que la puissance ou faculté qu'il nous a donnée pour distinguer le vray d'avec le faux ne se trompe point lors que nous en usons bien, & qu'elle nous