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L’ÉPOUSE

Ce portrait, Constant Desbordes l’avait gardé. Que devint-il ?

On sait du moins où retrouver celui de sa nièce jeune fille, et qui est au Musée de Douai. Elle nous y apparaît sous les traits prononcés d’une robuste flamande demandant au ciel ses inspirations, telle sainte Cécile, d’après Raphaël, que le bon élève de Girodet avait justement copiée pour le futur roi d’Espagne, Ferdinand VII.

Il y a un poncif pour les attitudes aussi et Constant Desbordes lui soumet manifestement son modèle. Il en fait une chose emblématique. Il le ravale jusqu’à l’image de piété pour livres de messe. Il a besoin de savoir, pour exprimer la jeune fille, qu’elle est poète élégiaque et que l’on a mis ses vers en musique. Et c’est alors sainte Cécile, préférable encore, assurément, à cette échappée des salons qui, sous le nom de Desbordes-Valmore, glousse au milieu d’un pauvre petit square de Douai, en couvant une romance de Gounod.

Bref, cette peinture de l’oncle ne vaut pas pour moi un croquis de sa nièce recueilli en tête des Notes manuscrites du Musée de Douai. Que voilà bien, empreinte sur le visage sans fraîcheur d’une femme de vingt-cinq ans, cette vivacité malicieuse signalée par l’amateur belge, et que Marceline portait aussi bien dans sa conversation que sur la scène.

Mais à qui Constant Desbordes donne-t-il raison, de ceux qui veulent que Marceline ait eu