Page:Desportes - Premières œuvres (éd. 1600) I - Diane. Premières Amours.djvu/70

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  DIANE,  


Drl\le enfer, la marine, et la terre et les cieux.

~i c'est nn Dieu puissant, la beauté n'est moins grand'!;
La beauté comme Amour en la terre commande,
~on pouvoir regne au ciel sur la divinité j
"'homme s'en eSffiPrveille, et l'angelique essence
Se ra\"Ï t bien heurpnse en voyant sa presence;
.~\1"S l'amour n'rst rien qu'un desir de beauté,

Durant le grand dpbat de la masse premiere,
Oue 1air, la JDer, la terre et la belle lumiere,.
Jle:ué" confusément, faisoient un pesant corps,
AIDour, qui fut marry de leur longue querelle,
De la rnatiere lourde en bastit une belle,
Rengeant les elemflDI en paisibles accords.

D'une ehose sans forme il ('ft nt une ronde,
Que, pour son ornement, on appelle Je monde,
Entretenu d'amour, dont il ('st tout romply;
Car cet amour tousjours par la beauté l'attire;
En suivant la beauté, belle fonne il (jpsire :
Voil' comme l'amour rend Je monde accomply.

S'il a formé le monde, illuy donne durée,
Et rend par bonne paix sa matïere asseuré(~,
En discordans accords toute chose unissant,
Tout ce qui vit icy recognoist sa puissance:
Car, pn entretenant ce qui est en essence,
J'ait que ce qui a fin n'est jamais finissant.

En la grandeur des cieux, en l'ail· et en la telTe,
Et en toutes les eaux que l!océan enserre,
Il ne se trouve rien qui n'en soit agité:
Le poisson, au printans, le l'ient dessous les ondes,
Les ours et les lyons aux ca\"ernes profondes,