Page:Dessaulles - La guerre américaine, son origine et ses vraies causes, 1865.djvu/225

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« Ici un des spectateurs du fond de la salle dit à l’encanteur de lui envoyer cette fille. « Marche légèrement » lui dit celui-ci en l’envoyant. Arrivée au Monsieur qui voulait la voir de plus près, celui-ci la fit tourner sur elle-même, lui dit de montrer ses dents, écarta ses lèvres avec ses doigts, l’examina ensuite minutieusement de la tête aux pieds, lui fit plusieurs questions et la renvoya. Elle fut vendue pour $1675.

Je trouve dans une lettre écrite de Columbia, C. S. le passage que voici :

« La victime suivante fut une jeune fille de dix-huit ans, de teint olivâtre, jolie et ayant des yeux doux et lustrés. Son propriétaire que l’on s’accordait à regarder comme son père, [1] lui ôta sa coiffure pour

  1. On peut sans doute dire que les mots « l’on s’accordait » ne constituent pas réellement une preuve. Cela est vrai. Mais quand un blanc venait vendre des enfants olivâtres ou même tout-à-fait blancs, il était parfaitement certain qu’ils n’étaient pas les enfants d’un noir ! On a pu sans doute attribuer inexactement certaines paternités, mais souvent aussi on devait tomber juste.

    Ainsi quand un homme vendait des enfants blancs qui lui ressemblaient, il était difficile de porter la bonne volonté jusqu’à supposer qu’un autre fût leur père. Quand on voyait un homme vendre des enfants jaunes ou blancs qui avaient été élevés chez lui on avait la certitude morale, sinon légale, qu’ils étaient ses enfants.