Page:Dessaulles - Les erreurs de l'Église en droit naturel et canonique sur le mariage et le divorce, 1894.djvu/132

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les erreurs de l’église

renonce pour ses prêtres à leur qualité de ministres du sacrement elle devait également renoncer au conjungo qu’elle a maintenu pour ne pas paraître se déjuger. L’éminence personnelle de Léon XIII ne peut prévaloir contre pareilles contradictions dans les faits et dans la tactique des différentes époques.

XXIV


Il reste donc certain : 1o que le mariage remonte fort loin vers l’origine des sociétés, c’est-à-dire des siècles sans nombre avant le prétendu Adam ; 2o que l’Église ne s’est emparée de l’institution que par des usurpations répétées des attributions et des droits du pouvoir civil, usurpations qu’elle basait sur des documents qu’elle savait être faux, puisqu’elle les a déclarés tels quand il lui est devenu impossible de s’en appuyer davantage ; 3o qu’elle a mis douze siècles à terminer l’incubation de son sacrement ; 4o que par suite des définitions modernes de ce sacrement il ne participe plus des conditions nécessaires d’un sacrement puisqu’il ne réunit plus les trois conditions essentielles d’un sacrement.

Et enfin, quand l’Église vient nous informer gravement que sa Bible a décidé que l’homme et la femme mariés ne faisaient plus qu’une seule chair, nous l’informons en retour que cela avait été dit bien des siècles auparavant dans les livres sacrés de l’Inde et dans le Zend Avesta.