Page:Dessaulles - Papineau et Nelson, blanc et noir... et la lumière fut faite, 1848.djvu/71

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
— 69 —

disait ceci, aux autres cela, comment pouviez-vous savoir laquelle de ses versions était la bonne ? Tous les autres, n’entendant jamais tomber de la bouche du Dr. Nelson que la même assertion, pouvaient bien l’estimer : mais vous qui saviez qu’il soutenait indifféremment le pour et le contre, toujours avec le même aplomb, comment osez-vous venir dire « mon franc, mon droit, mon incorruptible, mon noble, mon généreux ami ? Ne voyez vous pas qu’après votre admission, chacune de ces épithètes est un soufflet ? Ne voyez-vous pas le sang couler sous votre délicate patte de velours ? Ne vous reconnaissez-vous pas dans l’ours du bon Lafontaine, (je m’extasie toujours sur les rapprochements que ce bon homme nous fournit) qui assommait un enfant pour tuer une mouche qui courait sur sa figure ? En un mot, votre ami Nelson vous tend la main, et vous le poussez dans le précipice, en confirmant ce que j’ai dit. Je vous fais mes plus sincères remercîments pour cet aveu que je n’ai pas demandé.

Je m’attends que l’« on vous connait, on vous estime, et on vous croit, » va remplacer dorénavant le veni, vidi, vici, de César. Pauvre César !

Je prie les lecteurs de ne pas croire que j’aie fait ma défense aussi complète qu’il serait possible de la faire, si je pouvais tout dire. Il y a des mots et des faits que je connais qni couvriraient de honte le Dr. Nelson, plus encore que tout ce que j’ai dit, mais je ne pouvais pas violer des confidences, je ne voulais pas blesser le moins