Page:Dessaulles - Papineau et Nelson, blanc et noir... et la lumière fut faite, 1848.djvu/72

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du monde la simple délicatesse en répétant des conversations privées, qui pourtant n’étaient pas par elles-mêmes, d’une nature secrète.

Je crois avoir le droit maintenant de me retirer de la lutte. On ne renversera pas plus ce que j’ai dit cette fois que ce que j’ai dit la dernière fois. On me dira des injures ; je le sais, je m’y attends, et je me dis : « Il faut bien après tout, qu’ils se consolent. » Bien loin de me peiner ou de me fâcher, elles me font rire, car elles prouvent que l’on n’a rien de solide à répliquer ; que l’on se sent incapable de soutenir la lutte que l’on a provoquée. Plus on m’insulte, plus on me sert.

Si néanmoins vous voulez absolument continuer, j’y consens ; mais laissons là les journaux et prenons les moyens d’en finir. « Instituons une espèce de commission d’honneur. Qu’elle soit composée de cinq hommes irréprochables à la satisfaction des deux parties. Que son enquête reste secrète, afin qu’on puisse tout dire et tout prouver. Que son jugement soit ceci, rien de plus, « M. Papineau s’est sauvé, ou bien M. Nelson a sciemment trompé le public, » (suivant le cas.) Eh bien ! consentez y, et si je ne force pas M. le Dr. Nelson soit à avouer qu’il a sciemment calomnié M. Papineau, soit à ne rien répondre de raisonnable quand je lui adresserai, comme conclusion, ce reproche, je m’engage à lui demander pardon à genoux sur la place d’armes de Montréal.

L. A. Dessaulles.

St.-Hyacinthe, 18 oct. 1848.