Page:Deulin - Les Contes de ma mère l'Oye avant Perrault.djvu/104

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masque sur son visage, et qu’elle y est tellement jointe que les spectateurs la prennent pour sa peau naturelle ; quelquefois pour lui changer les traits et pour la rendre aussi dégoûtante que le veut l’autheur, je conçois qu’elle s’est fait un fard de laideur, avec de la vieille graisse et de la suye de cheminée, et qu’elle s’en est mis deux poulces d’épais sur le visage : mais après tout cela, je ne trouve pas mon compte et le poëte qui n’a pas pris soin de m’apprendre en quoi consistoit ce déguisement, détruit lui-même par quelques mots en passant tout ce que je tâche d’imaginer là-dessus. » Le critique, en un style d’ailleurs assez lâche, emploie sept pages à faire la preuve de ce qu’il avance, après quoi il conclut en ces termes :

« Quand les nourrices content Peau d’Asne aux petits enfants, elles n’y regardent pas de si près ; tout passe à la faveur de l’admiration et de l’étonnement où les mettent toutes les choses extraordinaires. Mais notre autheur a dû prévoir que Peau d’Asne contée en beaux vers trouveroit des lecteurs qui demanderoient de la justesse et de l’exactitude en son conte, comme de la raison et de la rime dans sa poésie ; il me semble que ce n’est pas trop demander d’un autheur, que de vouloir qu’il nous donne une idée distincte de son héroïne, et d’une espèce de métamorphose qui fait le ressort de toute sa pièce ; il avoit pour cela une facilité la plus