Page:Deulin - Les Contes de ma mère l'Oye avant Perrault.djvu/153

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


des arbres voisins on ne vit pas trembler la plus petite feuille.

Cependant tout autour du château poussa une haie d’épines qui, chaque année, devint de plus en plus haute ; enfin elle le cacha si bien, qu’il fut impossible aux passants de l’apercevoir. On ne vit plus même les bannières déployées au faîte des toits.

Le bruit courut bientôt dans la contrée que la belle Rose-des-Bois — ainsi nommait-on la princesse — avait été prise d’un sommeil enchanté, et de temps à autre arrivaient des princes qui tentaient de traverser la haie afin de pénétrer dans le château. Mais leurs efforts étaient vains, car les branches s’entrelaçaient comme des mains, et les malheureux, empêtrés dans les épines, y trouvaient une fin lamentable.

Longtemps après, il arriva dans le pays un jeune prince. Un vieillard l’entretint de la haie d’épines, lui affirmant que derrière elle devait s’élever un château où dormait une princesse merveilleusement belle, nommée Rose-des-Bois, et avec elle toutes les personnes de sa cour.

Ce vieillard se rappelait avoir ouï dire à son grand-père que beaucoup de princes avaient déjà voulu s’ouvrir un passage à travers cette haie, mais qu’ils étaient restés empêtrés dans les épines et y avaient rencontré une mort misérable.