Page:Deulin - Les Contes de ma mère l'Oye avant Perrault.djvu/200

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d’elle. Mais la reine a des soupçons et soumet sa future bru à diverses épreuves.

Elle fait préparer pour la nouvelle venue un lit moelleux et place successivement une fève sous le drap, des pois sous le premier oreiller et une paille sous le second. Avertie par le chat, la jeune fille se plaint d’avoir senti sous elle tour à tour une grosse montagne, de grosses pierres et un gros arbre. Andersen a composé avec cet épisode son joli conte de la Princesse sur un pois.

La reine enfin donne une robe magnifique à la paysanne, qui en laisse traîner la queue dans la boue. Comme on le lui fait remarquer, elle répond fièrement que sa garde-robe devrait être mieux garnie, qu’elle l’était beaucoup mieux dans son château de Cattenbourg. La reine, convaincue cette fois, consent au mariage.

Un jour que la demoiselle causait avec le prince, elle vit par la fenêtre ses parents déboucher du bois, la vieille femme tenant son pot et le vieil homme courant avec la louche sur ses talons. Elle partit d’un grand éclat de rire ; le prince lui en demanda la cause :

— Je ne puis, répondit-elle, m’empêcher de rire en pensant que votre palais est bâti sur des piliers de pierre, tandis que le mien repose sur des piliers d’or.

À ces mots le prince décide qu’ils iront voir le