Page:Deulin - Les Contes de ma mère l'Oye avant Perrault.djvu/202

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Le Troll regarde et, voyant le soleil qui justement se lève au-dessus de la forêt, il tombe à la renverse et éclate en morceaux[1].

Le pain, redevenu chat, met en ordre le château, qui est plein d’argent, d’or et de provisions de toute sorte. Le prince épouse la paysanne, et on ne sait ce que devient le chat, « quoiqu’il soit à présumer qu’il ne manqua jamais de rien. »

À la suite de ce conte, M. Thorpe en donne cinq variantes que nous laissons de côté, parce qu’elles n’ont pas trait aux passages où le récit se rencontre avec notre Chat botté.

Le principal défaut de ce conte est que le chat y reste trop longtemps dans la coulisse et que le personnage en scène est une jeune fille. Le marquis de Carabas peut n’être pas antipathique : il se contente tout d’abord de laisser son fidèle serviteur intriguer pour lui et ne fait ensuite que le seconder.

Celui-ci, malgré sa rouerie, n’a, de son côté, rien qui nous choque : il travaille pour le compte d’un autre. L’esprit d’intrigue répugne au contraire dans une jeune fille, surtout quand il est pratiqué avec

  1. i. Le traducteur fait observer que cette réminiscence des Eddas prouve l’antiquité du conte. Le Poëme de Grimner appelle en effet le soleil « la lumineuse fiancée du ciel, » et on lit dans le Voyage de Gylfe que « les dieux enlevèrent les enfants de Mundelfœre, les placèrent au ciel et chargèrent la jeune femme de conduire les chevaux du char du soleil. »