Page:Deulin - Les Contes de ma mère l'Oye avant Perrault.djvu/216

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et les réponses du paysan ont pu être inspirées à Perrault par les bavardages de ses contemporains. « Il y a, dit-il, dans les contes des allusions évidentes à des événements qui donnèrent à jaser au grand monde de ce temps. Ainsi, en lisant le Chat botté, on croit entendre causer M. de Coulanges avec Mme de Sévigné, le 3 octobre 1694, relativement à la fortune de Louvois : « Quand la curiosité nous porte à demander le nom de ce village : « À qui est-il ? » On nous répond : « C’est à Madame (de Louvois). — À qui celui qui est plus éloigné ? — C’est à Madame. — Mais là-bas, un autre que je vois ? — C’est à Madame. — Et ces forêts ? — C’est à Madame, etc., etc. » Perrault, ajoute M. Giraud, faisant le recensement de la fortune du marquis de Carabas, a presque employé la phrase de Coulanges.

Nous avons vu que cette phrase se retrouve dans tous les contes similaires. Vous pourrez même la lire dans le Roi Grive, des frères Grimm (traduction Franck). Emmenée par le mendiant que son père furieux l’a forcée d’épouser, la fille hautaine, qui a refusé la main du roi Grive, demande sur la route à qui appartiennent la belle forêt et la belle prairie et la grande ville qu’on rencontre, et toujours le mendiant lui répond :

— Au roi Grive. Si tu l’avais accepté, elle serait aussi à toi.