Page:Deulin - Les Contes de ma mère l'Oye avant Perrault.djvu/218

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Des divers dénoûments, le meilleur, à tous les points de vue, semble être celui de Perrault. Par les métamorphoses de l’ogre, il est en plein dans la féerie, et du moins le chat botté n’y dépouille pas un honnête seigneur, comme le fait sans vergogne la chatte de Constantin.

On a voulu y voir une réminiscence du Maître Lactance de Straparole (viiie nuit, 5e conte) qui se change en coq pour dévorer son apprenti caché sous la forme d’un grain de grenade et est étranglé par ce dernier qui, de son côté, se métamorphose en renard. L’épisode de l’ogre rappelle bien plutôt celui du gigantesque génie des Mille et une nuits (xie nuit) qui, au moment de tuer le pêcheur ; rentre à son instigation dans le vase de cuivre d’où celui-ci a eu l’imprudence de le tirer.

Encore ce génie, aussi naïf que monstrueux, n’agit-il ainsi que pour prouver qu’il n’a pas menti, tandis que l’ogre se perd par une sotte vanité qui nous dispense de le plaindre. On sait du reste que la traduction des Mille et une nuits est de sept ans postérieure à la publication du Chat botté.

De ce qui précède, et sauf ce point qu’on ne s’explique pas assez la terreur qu’inspire le héros, nous croyons pouvoir conclure que le Chat de Perrault l’emporte sur tous les autres par le fond comme par la forme, et que son auteur l’a parfaitement désigné en l’appelant le Maître Chat.