Page:Dickens - Bleak-House, tome 2.djvu/259

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— Je veux avoir cinq cents livres.

— Vous voulez dire cinquante. »

Mais, M. Smallweed a bien dit cinq cents livres.

« Je suis chargé par sir Leicester Dedlock, reprend M. Bucket, de traiter cette affaire, toutefois sans rien conclure ; et vous voulez que je prenne au sérieux une demande de cinq cents livres ? allons donc, mais c’est déraisonnable ; deux cent cinquante sont encore plus que ça ne vaut. »

M. Smallweed tient à son premier chiffre.

« Passons, alors, à ce que nous veut M. Chadband ; qu’il y a longtemps, mon Dieu ! que le nom de ce brave camarade a frappé mon oreille ; un excellent homme ; le plus modeste et le plus doux que j’aie jamais rencontré ! »

M. Chadband, ainsi interpellé, s’approche de M. Bucket, lui adresse un gras sourire, et broyant un peu d’huile entre ses mains qu’il frotte l’une contre l’autre :

« Mes amis, dit-il, ma femme Rachaël et moi, nous sommes dans la maison du puissant et du riche. Est-ce parce que nous y sommes invités, mes amis ? parce que le puissant nous a priés de venir partager son festin et ses plaisirs, de venir jouer du luth avec lui et de nous mêler à ses danses ? Non, mes amis. Alors, pourquoi sommes-nous dans cette demeure ? parce que nous nous trouvons en possession d’un coupable secret, et que, pour ne pas le divulguer, nous demandons du blé, du vin, de l’huile ou de l’argent, ce qui est absolument la même chose.

— Vous entendez les affaires, à ce que je vois, répond M. Bucket, et par conséquent vous allez nous dire quel est le secret que vous prétendez nous vendre.

— Disons-le donc, mon frère, dans un esprit d’amour ; avancez, Rachaël, mon épouse, réplique M. Chadband en faisant un signe à sa femme.

— Puisqu’il faut tout vous dire, répond mistress Chadband, je vais donc tout raconter. J’ai élevé miss Hawdon, la fille de milady ; j’étais au service de la sœur de Sa Seigneurie, qui fut tellement sensible au déshonneur que milady avait répandu sur sa famille, qu’elle fit croire, même à Sa Seigneurie, que l’enfant était morte en naissant ; mais, je suis sûre du contraire ; miss Hawdon vit encore, je la connais et je l’ai vue. »

Après ces paroles, mistress Chadband croise les bras et se met à rire en regardant M. Bucket d’un air implacable.

« Vous demandez, je suppose, une vingtaine de guinées environ, dit celui-ci.