Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, II.djvu/348

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cilius, par Cécilien, quelle différence mettra-t-on dans notre langue entre Cæcilianus & Cæcilius.

CÉCILIEN. s. m. Nom d’homme, qui répond dans notre langue au nom latin Cæcilianus, & non pas à celui de Cæcilius. Voyez Cécile.

CÉCITÉ. s. f. Privation de la vue. Cæcitas. L’usage n’a point établi le mot de cécité, quoiqu’il y ait des personnes qui s’en servent. Il est formé du latin cæcita. ☞ Le Dict. de l’Acad, Fr. prétend qu’on dit cécité au propre, & aveuglement au figuré. Il est certain que si ce mot n’est pas d’usage, il est au moins nécessaire, puis que nous n’en avons point d’autre pour exprimer l’état d’une personne aveugle, & que nous sommes accoutumés à prendre dans un sens figuré, le mot aveuglement qui exprime la même idée. Voyez Aveuglement.

☞ CECRYPHALE. s. f. Sorte de vêtement à l’usage des femmes grecques, dont on n’a conservé que le nom.

☞ CECULUS, Fils de Vulcain, fut conçu, disent les Poëtes, d’une étincelle de feu qui vola dans le sein de sa mère Preneste, pendant qu’elle se chauffoit, & eut toujours une inflammation aux yeux pour marque du feu qui lui avoit donné la naissance ; il bâtit la ville de Préneste en Italie,& prit le parti de Turnus contre Enée. Les Poètes, pour ajouter du merveilleux à cette fable, prétendent que quelques-uns voulant contester à Ceculus l’honneur d’être né de Vulcain, ce Dieu, pour les punir excita le tonnerre & fît tomber la foudre sur eux. D’autres disent que Ceculus venant de naître fut trouvé par des bergers dans le feu, sans être endommagé de la flamme ; ce qui fit croire qu’il étoit fils de Vulcain.

CED.

CÉDANT, ANTE. Adjectif employé comme substantif. Il n’a guère d’usage qu’en style de pratique. Celui qui cède, qui transporte quelque somme, quelque droit. Qui vel quæ cedit. On fait appeler en garantie un cédant, quand il a cédé une dette fausse, ou lorsqu’il l’a soutenue bonne & exigible. Le cédant est opposé dans le droit au cessionnaire.

Le cédant est celui qui fait cession de quelque chose à un autre, comma le cessionnaire est celui à qui on fait la cession & qui l’accepte. Cedens. On lui a représenté une quittance de son cédant. Brousse.

CEDAR. Nom de lieu dont il est parlé dans l’écriture. Cédar. Les Interprètes Grecs le traduisent par ἁλαάδ, Galaad, par où il paroît que c'étoit le pays qui porte ce nom, & qui est à l’orient du Jourdain, en tirant vers les montagnes de l’Arabie déserte, nommées Montagnes de Galaad, & une partie de l’Arabie déserte, comme il paroît par le Cantique des Cantiques I, 4, où l’épouse dit qu’elle est noire comme les tentes de Cédar. S. Jérôme, & après lui Ziéglerus, disent que ce pays fut ainsi nommé de Cédar, second fils d’Ismaël, Genes. XXV, 13. Adrichomius prétend, avec quelques autres, qu’il cite, que Cédar est une ville de la demi-Tribu de Manassé, qui étoit à l’orient du Jourdain. Quelques Modernes disent qu’elle étoit sur une montagne, ce qui ne convient guère au nom de Cédar qui signifie obscur, noir. D’ailleurs, où ont-ils trouvé cette situation marquée.

Cédar où la fourbe & l’envie
Contre ma vertu poursuivie
Se déchaînèrent si long-temps,
A quels maux ont livré ma vie
Tes sacrilèges habitans ? R.

☞ CÉDATAIRE. s. m. Synonyme à cédant. Voyez ce mot.

☞ CÉDER. V. a. Transporter une chose à une autre personne, l’en rendre maître, lui en donner la propriété. Cedere, concedere. Il m’a cédé & transporté une telle rente, une obligation. Dans tous les contrats de vente, échange ou donation, les Notaires mettent, il lui a cédé, quitté & délaissé, &c.

Céder signifie aussi, laisser ou abandonner quelque chose pour un temps, ou par civilité. Il m’a cédé sa maison, sa chambre, son lit. Cedere alicui domo, cubiculo, lecto. Il m’a cédé sa place. Il m’a cédé le haut du pavé.

Un grand cœur cède un trône, & le cède avec gloire.
Cet effort de vertu couronne sa mémoire. Corn.

Céder se prend quelquefois absolument, pour se rendre, se relâcher, se soumettre. Il faut céder ; & dans un sens neutre, pour déférer à une puissance supérieure, acquiescer, ne pas résister. Cedere, obsequi. Il faut céder au temps, à la force. Il faut céder à l’orage, & caler les voiles. Il faut céder à ses supérieurs. Tout cède à ce Conquérant.

Vaine erreur des Amans, qui, pleins de leurs desirs,
Foudroient que tout cédât au soin de leurs plaisirs.

Rac.

Céder, dans cette acception signifie encore se reconnoître ou erre reconnu inférieur à un autre en quelque chose. Cedere, concedere, inferiorem se profiteri. Proposez vos raisons avec beaucoup de retenue, afin que ceux qui vous cèdent vous puissent céder sans chagrin. Bell. Cet homme est cent fois plus habile que moi, je lui cède en tout. Ne faites pas comme ceux qui en cédant, tâchent de donner à connoître qu’ils ne cèdent que par complaisance, & que les autres ont tort. Ab. Rec. On veut bien céder en bonne fortune ; mais non pas en esprit. Amelot. Il y a des génies dominans à qui tout le monde cède, par je ne sais quelle force de supériorité qui les fait régner par-tout. Id. Rien n’est plus fade que d’avoir à faire à des gens qui admirent toujours, & qui cèdent. Mont.

Céder signifie aussi, rabattre, retrancher. Il faut céder quelque chose de les droits pour avoir la paix.

Céder signifie aussi, succomber. Pour moi je cède aux ans. Main.

Cédé, ée. part.

CEDÈS. Ville de la Terre-Sainte. Cedes. II y a trois Cédès dans l’Ecriture. L’une, dont il est parlé, Jos. XII, 22, & que les Septante appellent Κάδης, Cadès, étoit dans la Tribu d’Aser, & avoit eu un Roi sous les Chananéens. Josephe l’appelle Cedesa, & d’autres Cedessa. Une autre, dont il est parlé I. Paral. VI, 72, est la même chose que Césion. Voyez ce mot. La troisième étoit une ville Lévitique de la Tribu de Nephthali, sur une montagne. Josephe la nomme Caedesa, Cedesis, Cydela ; d’autres Sezechæ, Cades, & Tharsa. Au temps de S. Jérôme, son nom étoit Cidissus, aujourd’hui c’est Sizis. C’étoit aussi une ville de refuge.

CÉDILLE. s. f. L’l se mouille. Terme emprunté de l’espagnol cedilla, pour signifier un petit c, ou une petite virgule, qu’on met au-dessous du c quand on lui veut donner le son de l’s devant les voyelles a, o & u, comme à glaçon, maçon, deçà. Virgula litteræ c subscripta. Le c dans le mot de leçon est accompagné d’une cédille.

☞ Le c avec sa cédille, s’appelle en fonderie de caractères & en imprimerie c à queue.

CÉDIMOTH. Voyez Cademoth.

CEDMONÉEN, ENNE. s. m. & f. Oriental, qui habite à l’Orient. Cedmonæus, a. C’est le nom que l’on donne dans l’écriture aux peuples qui habitoient dans l’Arabie déserte, à l’orient de la Terre-Sainte. Ce nom vient de קדם, kedem, qui signifie l’orient. Les Hébreux le donnoient à ces peuples, comme nous donnons celui d’orientaux à ceux qui habitent à l’orient de l’Europe. Pagnin dit Cadmonéen, qui est bon ; & S. Jérôme Cethmonéen ; c’est une faute.