Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, II.djvu/350

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CÉDRON. Torrent ou ruisseau dont il est parle dans l’Ecriture. Cedron. Ce torrent avoit sa source près de la ville de Jérusalem, & couloit au pied des montagnes sur lesquelles cette ville étoit bâtie, à l’orient & au midi. Il faloit le passer pour aller de Jérusalem au mont des Olives, comme fit J. C. la veille de sa passion. Jean XVIII. 1. De-la ce torrent passant aux confins de laà Tribu de Juda, & de celle de Benjamin, alloit se jeter dans la mer Morte. Le Roi passa aussi le torrent de Cedron. Saci. II des Rois XV, 23. Jésus sortit avec ses Disciples pour aller au-delà du torrent de Cedron, où étoit un jardin, dans lequel il entra & ses Disciples aussi. Bouh. Jean XVIII. 1. Ce torrent est presque toujours à sec quand il ne pleut pas.

Ce mot est purement hébreu. De כדר, être noir, ou obscur, le fait כדרון, kidron, qui signifie noirceur, obscurité, nom qui fut donné à ce torrent, ou parce que les vallées dans lesquelles il couloit autour de Jésusalem étant fort profondes & fort resserées entre les montagnes, elles étoient aussi fort obscures, ou parce que ses eaux étoient troubles & boueuses. En S. Jean, XVIII, 1, le texte grec l’appelle le torrent des Cèdres, τῶν ϰέδρων (tôn kedrôn), au lieu de τᴕ ϰεδρὸν (tou kedron). Grotius soutient cette leçon, & la préfère à celle du latin ; mais il se trompe, c’est une erreur de copiste. Elle s’est aussi glissée dans les Septante, IIe des Rois, XIII, 4, des Rois XXIII, 4, 6, &c. Mais dans le IIe Livre des Rois XV, 23, & ailleurs, la vraie leçon s’est conservée dans les bons exemplaires. Voyez sur ce torrent de Cédron le Voyage de la Terre-Sainte du P. Nau, Jés. L. II, C. 1, & L. IV, C. 17.

CEDULE. s. f. Petit morceau de papier où l’on écrit quelque chose pour servir de mémoire. Schedula. On donne aux Régens des cédules où sont écrits les noms des causeurs, & de ceux qui n’ont pas fait leur thème. Ailleurs le mot de cédule est moins en usage que ceux de promesse & de billet.

Ce mot vient du grec σχέδη (schedê), qui signifie l’écorce des tilleuls sur laquelle les Anciens écrivoient.

Cédule, en termes de Banque, est un morceau de papier où les banquiers & les marchands écrivent leurs promesses, lettres de change & rescriptions. Chirographi cautio, syngrapha, syngraphus. Cédule banquière, est l’obligation d’un Banquier de Rome qui promet acquitter la somme du rachat d’une pension créée sur un bénéfice. On le dit aussi des autres billets, promesses & reconnoissances qui se font sous seing privé. Même on le dit des minutes d’obligation quand on les garde par devers soi : & c’est en ce sens qu’on dit, plaider contre sa cédille ; pour dire, contre son écrit, son obligation. On l’appelle aussi chez plusieurs Marchands, police, à cause du mot espagnol poliça, qui signifie la même chose.

☞ Il y a cette différence entre cédule, billet ou promesse, & obligation, que la cédule est sous seing privé ; & l’obligation, pardevant Notaire : ainsi elles ont des effets différens.

☞ Le créancier d’un simple billet n’est que créancier chirographaire. Et le créancier en vertu d’une obligation, est créancier hypothécaire.

☞ Deplus on n’ajoute point foi aux billets sous seing privé, qu’ils ne soient reconnus & on n’a aucun égard à leur date.

On appelle en termes de Pratique, une cédule évocatoire, la signification qu’on fait à une partie ; pour avertir qu’on veut faire évoquer, & renvoyer le procès qu’on a contre elle en un autre Parlement, à cause des parens, & alliances qu’elle a au lieu où l’instance est pendante. Transtatitiæ litis diploma, instrumentum.

CEE.

CEER. s. m. Poids tout ensemble & mesure, dont on se sert sur la côte de Coromandel.

CEF.

☞ CEFALONIE Voyez Cephalonie.

☞ CEFALU ou CEFALEDI. Ville de Sicile, dans la province de Demone, sur la côte de l’Île, avec un Evêché suffragant de Messine.

CEG.

☞ CEGINUS. Terme d’Astronomie. Etoile fixe de la troisième grandeur, dans l’épaule gauche du Bouvier.

CEI.

CEIGNANT, ANTE. adj. de part, du verbe ceindre. Prononcez ing comme une seule n mouillée, ou comme l’n con tilde des espagnols ; & comme dans le mot françois Seigneur ; & ainsi des autres temps ou personnes du même verbe qui s’écrivent par eing, & que l’on indiquera au verbe Ceindre.

Ceignante. s. f. Terme d’Anatomie. Cingens. C’est le nom que l’on donne à la douzième vertèbre du dos, à cause qu’elle est placée à l’endroit où l’on porte ordinairement la ceinture.

☞ CEILA. Ville de la Palestine, dans la tribu de Juda, à dix-sept milles d’Eleutheropolis du côté d’Hébron, selon Eusèbe, à huit milles d’Hébron, selon S. Jérôme.

CEILAN ou CEYLAN. Le P. Bouhours écrit toujours ainsi. Ceilanus, Ceilania, Taprobana. Île de l’Océan oriental, située au levant méridional de la presqu’île de l’Inde, deçà le Gange, entre le 121e degré de longitude, & entre le 6e & le 10e de latitude au nord, dit Maty. Mais selon les Observations du P. Noël, Jésuite, cette longitude est fausse de plus de 20 degrés. Car, selon lui, Trinquemale, ville à l’orient de l’Île de Ceilan, diffère du méridien de Paris, qui est au 20e degré, de 81d 8′ 15″, & par conséquent cette ville de Ceilan, & la côte orientale de l’Île est au 101e degré 15 secondes. Elle n’est séparée du Continent de la côte de Coromandel, & de celle de la pêcherie, que par le détroit de Chilao, ou de Manar, qui est fort étroit, & si peu profond, que quelques Auteurs écrivent que les éléphans le passent à gué. Elle est pleine de montagnes fort hautes, principalement vers le milieu. On y voit en plusieurs endroits plusieurs forêts si épaisses, qu’elles sont impraticables. Le reste du pays, qui est bien cultivé, est fort fertile en toutes sortes de fruits, figues, raisins, grenades, oranges, limons, citrons, sucre, tabac, & principalement en riz & en canelle, dont il y a des bois entiers. On y trouve aussi du gingembre & du cardamome. L’Huillier, dans son Voyage des Indes, dit qu’on y cueille aussi le girofle, la noix muscade & du poivre, que l’odeur du girofle est si forte, qu’elle le fait sentir dans toute l’île, & même à quelque distance en mer. Mandeslo, plus croyable, dit que c’est la canelle qui porte son odeur bien avant dans la mer. Il y a aussi beaucoup d’aréca, dont les habitans font un grand commerce. On y trouve des pierres précieuses, & l’on y pêche des perles. La pêche s’en fait depuis l’onzième Mars jusqu’au vingtième d’Avril. L’Île de Ceilan nourrir des bœufs, des brebis, & surtout une grande quantité d’éléphans sauvages & domestiques, qui ne font pas si grands que ceux que l’on rire de la terre ferme, mais qui ont, dit-on, plus de courage & de docilité. Les Hollandois les vendent aux Maures & aux Persans, & en tirent un grand profit. Schoten dit qu’il y a des satyres, dont nous passerons au mot Satyre. Il y a aussi un nombre prodigieux de singes & de guenons très-incommodes, & qui désolent tout le pays.

En 1505, les Portugais, sous la conduite de Laurent Almeida, abordèrent en cette Île. En 1517, ils eurent permission de faire des retranchemens