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cani, & les François, Racine apinel, du nom d’un capitaine de cavalerie qui l’apporta le premier en Europe. Elle a une si grande vertu contre les serpens, qu’il suffit, pour les tuer, de leur en présenter un morceau dans la gueule, au bout d’un bâton. Cette même racine, si utile à la conservation des hommes, seroit aussi utile à leur propagation, si la propagation avoit besoin de ces secours, que l’on n’emploie guère dans les vues sérieuses de la nature. Hist. de l’Acad. Royal. an. 1724.

APIOS. s. m. Apios. Plante de l’île de Candie. Ses tiges sont fort menues, & rougeâtres. Elle porte des fleurs comme celle de la rue. Il leur succéde un petit fruit qui se divise en trois loges, dont chacune renferme une semence oblongue. Sa racine est un violent purgatif.

APIQUER. v. n. Terme de Marine. Imminere anchoræ. On dit que le cable apique ; c’est-à-dire, que le vaisseau approche de l’ancre qui est mouillée, & que le cable commence à se roidir, & à être perpendiculaire, ou à pic.

Apiquer une vergue, c’est peser sur un côté de sa balancine, & filer de l’autre, afin d’élever un de ses bouts le plus haut possible. Dans ce sens il est actif.

APIS. s. m. Apis. Nom d’une Divinité Egyptienne. C’étoit un bœuf que l’on nourrissoit dans un temple qui étoit dans le Delta. Strabon dit qu’il avoit le front blanc, avec quelques parties du corps, & le reste noir. Hérodote dit, Liv. III, ch. 28, qu’il avoit sur le dos l’image d’un aigle ; que la figure blanche qu’il avoit au front étoit carrée ; & que du reste il étoit tout noir ; qu’il avoit un escarbot à la langue ; & que les crins de sa queue étoient διπλᾶς, c’est-à-dire, doubles, ou de deux couleurs, ou de deux sortes. Pline, Liv. III, ch. 46, dit, qu’il avoit la figure d’un croissant au côté ; & en effet, nous lui voyons cette marque dans une médaille d’Hadrien, rapportée par Tristan, T. I, pag. 514. Ammien Marcellin en dit autant. Apparemment il n’est décrit différemment que parce que ce n’étoit pas toujours le même bœuf ; car un des principaux points du culte d’Apis étoit de ne le laisser pas vivre long-temps. Après qu’on l’avoit tué on lui faisoit des obsèques magnifiques, & on gardoit un grand deuil jusqu’à ce que les prêtres en eussent trouvé un autre. Les Egyptiens disoient qu’il étoit conçu du feu du ciel. Cambyse se moqua des Egyptiens, fit tuer tous ceux qui célébroient la fête d’Apis, fouetter ses prêtres, & le blessa lui-même à la cuisse ; le pauvre Apis en mourut quelque temps après. Selon le P. Kirker, latium, p. 106. Apis & Sérapis sont la même chose. P. de S. Julien, Antiq. de Bourg, p. 225 prétend qu’Apis a été honoré en Gaule, & que c’est de là-que viennent les noms des Buteaux & des Viteaux, Βοῦς θεὸς, le Bœuf Dieu. Cicéron, De Nat. Decor. Liv. I, n. 83. Tacite, Liv. IV, Hist. c. IV. Luc. Liv VIII, v. 478, L. IX, 160. Eusèbe, Liv. II de la Prép. Macrob. L. I, Saturn. c. 21. S. Aug. De Civit. L. XVIII, 5. Kirker, Œdip Ægypt. T. III, p. 285, parlent de ce Dieu Apis.

Apis est aussi le nom d’un Roi d’Egypte, & de quelques autres Rois des Argiens, de Sinope, & de Sicyone.

APL.

☞ APLAIGNER. v. a. Terme de Manufacture de lainage. Faire paroître les poils de la laine sur une étoffe, par le moyen des chardons. Aplaigner un drap, c’est proprement le lainer. Villos carduis attollere, erigere.

☞ On appelle aplaigneur, l’ouvrier qui donne cette façon au drap.

☞ On dit en quelques endroits aplaner & aplaneur. Opifex villis erigendis prœfixus.

APLANIR. v. a. Rendre plan, uni & de niveau. Ce qui étoit inégal. Æquare, Complanare, Coæquare. On a aplani ce terrain, qui étoit inégal & raboteux, pour y faire un jardin. Il faut envoyer des pionniers pour aplanir les chemins, quand la grosse artillerie marche.

Aplanir se dit figurément en choses morales. Lever les difficultés, les empêchemens qui se rencontrent dans une affaire. Explicare, aperire. Les Anciens nous ont aplani le chemin pour pénétrer dans les sciences. Il ne seroit jamais parvenu à cette dignité, si la faveur ne lui en eût aplani le chemin. La grandeur de leur courage leur aplanissoit toutes sortes de difficultés. Ablanc.

Aplanir se dit aussi avec le pronom personnel. Dans le propre, c’est devenir plus uni. Æquari, complanari, coæquari. Et dans le figuré, c’est devenir plus aisé, plus facile à entreprendre, à exécuter. Explanari, enodari, explicari. Du côté que les montagnes commencent à s’aplanir. Toutes ces difficultés s’aplaniront d’abord.

APLANI, IE. part. Æquatus, explanatus.

APLANISSEMENT. s. m. Action de celui qui aplanit. Réduction d’un terrain inégal à un plan uni. Exæquatio. L’aplanissement d’un parterre, l’aplanissement des allées d’un jardin.

☞ Quoique le verbe soit employé au figuré, l’usage n’a pas adopté le substantif dans le même sens. Si l’on dit applanir une difficulté, pourquoi ne dit-on pas l’aplanissement d’une difficulté ? L’usage fait tout ; mais il y a de la bizarrerie.

APLANISSEUR. s. m. Ouvrier qui donne une seconde préparation aux draps après leur première tonture. Qui pannorum villos carduis iterùm attollit.

☞ APLATIR. v. a. Rendre plat, sans rien ôter. C’est altérer la forme d’un corps, selon quelqu’une de ses dimensions, en sorte que cette dimension en soit rendue moindre. Si on aplatit un globe par un de ses pôles, la ligne qui ira de ce pôle à l’autre, deviendra plus courte. On aplatit ce qui est trop relevé. On aplatit les métaux à coups de marteau.

Ce mot vient du grec πλατεῖα, qui signifie, un espace plat, une place publique.

Aplatir se dit aussi avec le pronom personnel, & signifie, devenir plat. Planum fieri, tumorem ponere. Les joues s’aplatissent par la maigreur. Le sein de cette femme s’est aplati.

APLATI, IE. part.

APLATISSEMENT. s. m. L’action d’aplatir, ou l’effet qui est produit dans un corps par le choc ou l’impression d’un autre. Le mouvement des doigts suffit pour l’aplatissement d’une boule de cire. Il faut un coup de marteau pour l’aplatissement d’une balle de plomb.

☞ APLATISSOIRES. s. f. pl. Nom que l’on donne à des parties de moulins qui servent à aplatir & étendre les barres de fer, pour être fondues de la même chaude dans les grandes fonderies, ou d’un autre chaude, dans les petites fonderies. Encycl.

APLÉBY. Petite ville du comté de Westmorland en Angleterre. Aballaha, abellaba. Elle est sur la rivière d’Eden au midi de Carlile.

APLESTER. v. a. Terme de Marine. C’est déplier ou étendre les voiles pour recevoir le vent, & se préparer à partir. Explicare. On ne s’en sert plus.

APLETS. s. m. pl. Rets ou filets dont on se sert pour la pêche du hareng.

APLOMB. s. m. Ligne perpendiculaire à l’horison. Perpendiculum. Ce mur tient bien son aplomb, est bien droit ; celui-là fait ventre, il a perdu son aplomb. En ce sens a ne fait point une particule, & on ne le sépare point de plomb. Dira-t-il que ces arcs doubleaux de 40, 50 ou 60 pieds de diamètre qui étoient déjà en voûte, puissent, en suivant la rondeur de la tour qu’ils portoient, & en se détournant ainsi de l’aplomb ; soutenir un si prodigieux fardeau. Cordem.

Aplomb se dit aussi adverbialement, pour dire dans une direction verticale & perpendiculaire à l’horison. Perpendiculariter, linâ ad perpendiculum directâ. Ce mur n’est pas d’aplomb. Le soleil darde aplomb ses rayons. On en fait ordinairement deux mots. Ce mur est, n’est pas à plomb. Voyez Plomb des ouvriers.

APLOME. s. f. Aploma, atis. Terme de Liturgie. L’aplo-