Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/455

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vient, pour dire, que plus on en a, & plus on en veut avoir. Ce proverbe vient d’Amiot, Evêque d’Auxerre, qui ayant dit d’abord au Roi Henri III, que son ambition étoit bornée, & qu’il se contentoit d’un petit bénéfice, qu’on lui donna alors, ne laissa pas de demander l’évêché d’Auxerre. Et comme le Roi lui reprocha que cela étoit contre ses premiers sentimens, il répondit : Sire, l’appétit vient en mangeant ; ce qui a été dit depuis en toutes sortes d’occasions. Il est demeuré sur son appétit ; pour dire, il n’est pas pleinement satisfait, rassasié.

APPÉTITION. s. f. C’est la même chose qu’appétit, en tant qu’il signifie une passion de l’ame. Les appétitions sont des passions qui nous font désirer ou craindre certaines choses. La connoissance de ce qu’il nous faut faire ou ne pas faire, ne suffit pas : il faut encore que les désirs soient bien réglés ; c’est ce qui engage notre Auteur (M. Gundling) à traiter des appétitions ou passions humaines. Histoire littéraire de l’Europe, Tom. V. Mai 1727. p. 59 & 60. Ces appétitions sont de deux sortes, l’espérance & la crainte. Id. Ce mot n’est guère en usage.

APPÉTITIF, IVE. adj. Appetendi vis, facultas. Terme de morale, qui se dit de la faculté qui est en nous appétitive, ou concupiscible.

APPIADE. s. f. Appias, & au pluriel APPIADES. Terme de Mythologie. Appiades. Surnom que l’on donnoit aux Divinités, dont les temples étoient à Rome proche des eaux ou fontaines d’Appius. Quelques-uns n’en comptent que deux, Vénus & Pallas ; d’autres en mettent cinq, en ajoutant à ces deux-ci, la Concorde, la Paix & Vesta. Il paroît par un endroit d’Ovide, où parlant de Vénus, il lui dit : vous & vos Appiades, qu’il y en avoit plus d’une avec cette Déesse. Voyez Cœl. Rhodig. Liv. XII chap. 1. Turneb. Adv. Lib. V. cap. 7.

APPIEN, ENNE. adj. Appius. Qui est fait par Appius, qui appartient par quelque endroit à Appius. Ce mot n’est d’usage qu’au féminin dans cette phrase : la voie Appienne, via appia ; nom d’un grand chemin, qui prénant à la porte Capène, conduisoit de Rome jusqu’à Brindes, à l’extrémité de l’Italie vers l’Orient. Ce fut Appuis Claudius, qui étant Censeur, le fit faire l’an de Rome 441 & son nom lui fut donné. La voie Appienne est un des beaux ouvrages des Romains ; elle subsiste encore, au moins en bien des endroits, & est pavée, dit-on, non pas de petits pavés comme ceux de nos grands chemins & de nos rues, mais de grands pavés, tels que ceux dont on pave nos églises.

APPIÉTRIR. Voyez Apiétir.

APPIOS. Voyez Apios.

APPLANER. Voyez Aplaner.

APPLANEUR. Voyez Aplaneur.

APPLANIR. Voyez Aplanir.

APPLANISSEMENT. Voyez Aplanissement.

APPLANISSEUR. Voyez Aplanisseur.

APPLATIR. Voyez Aplatir.

APPLATISSEMENT. Voyez Aplatissement.

APPLAUDIR. v. n. Battre des mains pour témoigner qu’on approuve quelque chose. Plaudere, applaudere. Tous les écoliers ont applaudi à celui qui a soutenu cette thèse. Applaudir à un Auteur.

Applaudir, dans le sens figuré, c’est témoigner de quelque manière que ce soit, qu’on approuve les actions ou les discours de quelqu’un. Un lâche adulateur applaudit même aux extravagances d’un sot qui peut lui être utile. Il n’est pas besoin d’avoir une complaisance fade pour tout ce que disent les autres, & de leur applaudir niaisement. Bell.

Tel vous semble applaudir, qui vous raille & vous joue.

Applaudir, est aussi actif. Chacun l’a applaudi d’une si belle action. Les hommes n’aiment point à admirer les autres ; ils cherchent eux mêmes à être goûtés & à être applaudis. La Bruy. Son discours fut généralement applaudi.

Applaudir, se dit aussi avec le pronom personnel, & signifie, s’admirer soi même, se savoir bon gré de ce qu’on a fait, s’en féliciter. Sibi plaudere, Mirari sese. Quel supplice d’entendre un fat qui s’applaudit d’une pensée usée & triviale ! Bell.

Un cœur noble est content de ce qu’il trouve en lui,
Et ne s’applaudit point des qualités d’autrui. Boil.

Vous vous applaudissez de mon inquiétude. Mol.

Applaudi, ie. part.

APPLAUDISSEMENT. s. m. Approbation marquée par des battemens de mains, par acclamation ou de quelque manière que ce soit. Plausus, applausus. Chercher, donner, recevoir des applaudissemens. Les Tragédies de Corneille ont eu un applaudissement universel. Le Prince a fait son entrée avec de grands applaudissemens. Cette valeur indiscrète, emportée, qui cherche le danger pour le danger même, n’a pour but que les applaudissemens des hommes. Bell. Le sage ne se repaît point des applaudissemens du vulgaire.

APPLAUDISSEUR. s. m. Qui applaudit. Ce mot est nouveau. Les ouvrages dignes de mépris trouvent enfin de nombreux applaudisseurs, qui peu à peu se sont familiarisés avec le médiocre & le mauvais. La tragédie d’Abensaïd, par M. l’Abbé le Blanc, a eu un succès qui fait en quelque sorte autant d’honneur aux Applaudisseurs qu’à l’Auteur même. Observ. sur les écr. mod.

☞ APPLEBY Voyez apleby.

APPLEDCRE, ville d’Angleterre. Appledora. Elle est dans le comté de Kent, sur la rivière de Rhoten, au nord du château de Khyr.

APPLÉGÉ, ée. adj. Terme de Droit. Dénoncement applégé, est un dénoncement pour lequel on donne plége, ou caution. Accusation applégée. Voyez les Coutumes d’Anjou & du Maine, & le style de Touraine. Une personne bien applégée, est une personne bien cautionnée.

APPLÉGEMENT. s. m. Terme de Coutume. Action, ou acte, par lequel on donne plége ou caution. Satisdatio. Instrumentum satisdationis. Voyez l’ancienne Coutume d’Anjou. Au premier livre des Etablissemens de France, les applégemens & contre-applégemens sont expliqués de cette manière : Si aucuns hom vient à son Seigneur, soit Gentilhomme ou Coutumiers, pourquoi li Sires ait voerie en sa terre, & il die : Sire, un riches hom est venus à moi d’une méson, ou de pré, ou de vignes, ou de terre, ou de cens, ou d’autres choses, & m’a dessaisi de nouvelle desseisine, que j’ai explaitié au sceu & veu, au servage de Seigneur, en jusques à ores, qu’il m’en a dessaisi à tort & à force, dont je vous pri que vous pregniez la chose en votre main. Li Sire li doit répondre : Li feré-je se vous metez plaiges à poursuivre le plet, à ce que s’il vous a dessaisi à tort & à force, si comme vous avez dit. Et se il ne met pleiges, si Sires n’a mie à dessaisir l’autre ; & se il dit : Je vous en mettré volontier bons pleiges, il doit donc les pleiges prendre bons & suffisans, selon ce que la querelle sera grande ; & quand il aura pris bons pleiges, il doit l’autre partie mander par certains mesages, & li doit dire que cil a mis bons pleiges, & que il l’a dessaisi à tort & à force, & de telle chose, & la nommera l’en, je vuel savoir se vous mettrez pleiges au deffendre la ; & se il dist : Je ni mettré ja pleiges, l’en doit l’autre laisser en la saisine pour les pleiges que il a mins ; & ce cil dist : Je i mettré bons pleiges au deffendre, que il ni a riens eu, & que ce est ma droiture, la Justice li doit mettre jour aus deux parties, & tenir la chose en sa main, jusques à tant que le quiex que soit ait gaignié la saisine par droit.

Applégement de refus de plége. Terme de la vieille pratique du Palais. C’est se plaindre au Juge supérieur de ce que l’inférieur n’a pas voulu ordonner la main-levée en donnant caution.

☞ On entend par applégement, dit Ferrière, les complaintes qui sont intentées pour acquérir ou pour recouvrer une possession.