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sous le titre arabisé d’Analouhica. Merc. Fév. 1735.

ARABISME. s. m. Manière de parler propre des Arabes, ou de la langue arabe, idiome, construction, ou phrase qui lui est propre. Arabicum idioma. R. Marin prétend que ז marque quelquefois un jurement en hébreu, comme en arabe. Aben-Ezra, qui savoit parfaitement bien l’arabe, & qui s’en sert souvent pour interpréter l’hébreu, n’a point désapprouvé ce sentiment. Toutefois il ne l’approuve pas non plus, il se contente de le rapporter ; & pour un aussi zélé partisan des arabismes, c’en est assez pour nous faire entendre que cette découverte ne lui a pas paru bien solide. P. Souc.

ARABLE. adj. m. & f. Ce terme n’est point dans l’usage ordinaire ; il se trouve seulement dans quelques factums & écrits du Palais, & signifie Labourable. Arabilis, e. Ce terrain étoit composé de terres arables. Normand. Il faut abandonner ce terme au Palais.

Ce mot vient du latin arabilis, dérivé du verbe arare, aro, labourer.

ARABOUTEN. s. m. Arbre du Brésil. Les Brasiliens ont de certains arbres fort gros, qu’ils nomment Arabouten. C’est de cet arbre que l’on tire le bois de Brésil, si connu par sa bonne odeur. De la Neuville. Hist. de Port. L. V, p. 69. Voyez Brésil.

ARACADEP. s. m. Sorte de poisson qui se pêche dans les mers du Brésil. Il est plat, & rend en cuisant une certaine graisse jaunâtre qui lui sert de sauce. Sa chair est fort bonne.

ARACAMIRI. s. m. Arbrisseau qui croît au Brésil, & qui porte un fruit qui mûrit au mois de Mars & de Septembre. Ce fruit a la faveur douçâtre du musc ; & un peu de celle du fruit de l’arbousier. Lorsqu’il est confi & gardé, il est rafraîchissant, il est aussi astringent, corroboratif, & il supplée fort bien au défaut de marmelade de coings, de conserve de roses & autres choses semblables.

ARACÉNA. Bourg d’Andalousie, en Espagne. Aracena. Il est à la source du Tinio, entre Séville & Xerca de Badajos. Aracéna est, à ce que l’on croit, l’ancienne Lælia des Turdétans, dans l’Espagne Bétique.

ARAC-GELARAN. petit pays du Chusistan, province de Perse. C’est la Melitene des Anciens. Melisene.

ARACH. Ville ancienne, bâtie par Nemrod.

ARACHIDNA, ou plutôt ARACHIDNOÏDE. s. f. Terme de Botanique. Arachidnoïdes Americana, Arachidna quadrifolia, villosa, flore luteo. Plante de l’Amérique, que le P. du Tertre, dans son II volume de l’Histoire des îles de l’Amérique, p. 121, appelle pistache, & le P. Labat, dans son voyage des îles de l’Amérique, p. 59, appelle manobi. La racine de cette plante est blanche, droite & longue de plus d’un demi-pied, piquant en fond, accompagnée vers le milieu de plusieurs fibres traçantes, & quelque peu chevelues, de différentes longueurs ; car il y en a quelques-unes qui n’ont que deux ou trois pouces de long, & il s’en trouve qui en ont bien quatre ou cinq, & même quelquefois davantage. Elle est épaisse en son collet d’environ six ou sept lignes, & en diminuant insensiblement, elle va finir par une pointe très-déliée. Cette racine pousse plusieurs tiges de huit à dix pouces de long, tout-à-fait couchées sur terre ; il n’y a que celle du milieu qui soit tant soit peu relevée. Toutes ces tiges font rougeâtres, velues, carrées & noüeuses, divisées en quelques branches.

Les feuilles dont elles sont garnies, ont un demi-pouce de long sur un pouce de large. Elles sont attachées immédiatement & sans pédicules à des queues de près d’un pouce & demi de long, toujours au nombre de quatre, & opposées deux à deux : elles sont d’une figure presque ovale, d’un vert gai par-dessus, & blanchâtres par-dessous, relevées d’une petite nervure au milieu, accompagnée en sa longueur de petits filamens, qui s’étendent obliquement jusqu’aux bords, médiocrement épaisses, & pliées légèrement en gouttière.

Les queues qui les soutiennent, sortent des nœuds des tiges, accompagnées de deux feuilles qui les embrassent aussi bien que la tige. Elles sont longues de huit à neuf lignes, & n’en ont que quatre ou cinq de largeur à leur naissance, & en s’étrécissant peu-à-peu, elles le terminent en une pointe très-fine.

Les fleurs sortent des aisselles de ces queues & du milieu des feuilles qui les embrassent ; elles sont légumineuses, d’un jaune tirant un peu sur le rouge, soutenues par un pédicule d’environ sept à huit lignes de longueur. L’étendard ou feuille supérieure en a six sur sept ou huit de largeur ; ses ailes ou feuilles latérales en ont quatre sur une de large. Il y a entre deux une petite ouverture par où l’on découvre la base de la fleur appelée ordinairement Carina. Elle est composée de deux feuilles, entre lesquelles est placé le pistil, qui est tant soit peu relevé en haut, & qui sort du fond du calice, lequel est formé en espèce de cornet dentelé.

Ce pistil, lorsque les fleurs commencent à passer, se fiche dans la terre, & y devient un fruit long & oblong, blanc sale, tirant quelquefois sur le rougeâtre. Ce fruit est une espèce de gousse membraneuse, sillonée en sa longueur, garnie entre les sillons de plusieurs petites lignes, tantôt transversales, tantôt obliques, suspendue dans la terre par une petite queue de sept à huit lignes de long. La longueur de ses gousses varie souvent ; il y en a d’un pouce & demi de long, & plusieurs n’ont pas plus de huit à neuf lignes. Leur grosseur est allez irrégulière, les deux extrémités étant ordinairement renflées, & le milieu comme creusé en gouttière. Le bout par où elles sont attachées à la queue, est ordinairement plus gros que le bout opposé, qui se termine souvent en une espèce de pointe émoussée & relevée en façon de bec crochu. Chaque gousse est composée de deux cosses, dont les cavités qui sont inégales, & garnies en dedans d’une petite pellicule blanche, luisante & très-déliée, renferment un ou deux noyaux ronds & oblongs, divisés en deux parties, & couverts d’une petite peau rougeâtre, semblable à-peu-près à celle qui couvre les amandes & les noisettes, qui noircit quand le fruit vieillit ou devient sec.

Ces noyaux, lorsque chaque gousse n’en renferme qu’un seul, sont assez réguliers, & ne ressemblent pas mal aux noyaux de gland ; mais lorsqu’il y en a deux, ils sont échancrés obliquement, l’un à la tête, l’autre à la queue, aux endroits par où ils se touchent. La substance de ces noyaux est blanche & oléagineuse, & le goût en est fade & insipide, tirant sur le sauvage, & ayant quelque rapport avec le goût des pois chiches verts.

On avoit élevé cette plante au jardin royal de Montpellier, mais l’on n’a pu l’y conserver long-temps.

Le P. du Tertre & le P. Labat l’ont mal ou peu exactement décrite. Le P. Plumier lui a donné le nom d’Arachidna. Cependant elle ne peut être rapportée à aucune des espèces d’arachidna dont les anciens Auteurs de Botanique ont parlé. Nous n’en connoissons que deux espèces ; savoir, Arachidna, aut potiùs Arachidnoïdes Honorii Belli J.B. 2, 323, que M. Tournefort appelle dans ses Institutions Vicia siliquas suprà infraque terram edens. 397 & l’Arachidna Théophili Papas Peruanorum. Cl. 79, que Gaspar Bauhin appelle Solanum tuberosum esculentum.

Ces deux plantes portent régulièrement leurs fleurs & leurs fruits comme les autres plantes ; toute la différence qu’il y a, c’est que l’arachidna de J. B. outre les fleurs et les fruits ordinaires, porte encore des siliques dans la terre, suspendues aux fibres de la racine ; & celle de Clusius y porte de grosses tubérosités. De sorte que le P. Plumier auroit, ce semble, mieux fait de nommer cette plante Arachidnoides, c’est-à-dire, plante qui a quelque léger rapport avec l’Arachidna. Nissole, Mém. de l’Acad. des Sc. 1723, p. 387, & suiv.

Ἀράχίδνα, Arachidna, c’est le nom grec d’une plante du genre de celles que les Grecs appellent ἀμφιϰάρπους, qui ont des fruits des deux côtés. Arachidnoïdes est formé d’ἀράχίδνα, & de εἶδος, espèce, ressemblance.

ARACHNÉ. s. f. Terme de Mythologie. Fille d’Idmon, dont parle Ovide au commencement du sixième Livre de ses Métamorphoses. Elle manioit l’aiguille avec tant de dextérité, & brodoit avec tant de délicatesse, qu’elle se vantoit de surpasser Minerve. Cette Déesse se trouva