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ARCTITUDE. s. f. Terme dont se sert M. d’Héricourt dans son Analyse des Décrétales, pour signifier étrécissement des parties génitales de la femme, qui la rend inhabile à la consommation du mariage. Arctatio. Ce terme vient du verbe arctare, qui signifie presser, étrécir ; mais les Canonistes & les Médecins y donnent une explication plus étendue. Ils appellent aussi-bien arctitude de la femme, lorsque les deux lèvres de la matrice se trouvent attachées, que lorsqu’il se trouve une membrane trop épaisse qui empêche l’introduction dans le vagin. L’arctitude est un moyen pour faire dissoudre un mariage ; mais cet empêchement ne devient diriment, que lorsqu’il ne peut être corrigé par les Médecins & Chirurgiens. C’est ainsi que s’en explique le Pape Alexandre III. Cap. de Frig.& Males. Voyez Fevret, t. II p. 99. M. d’Héricourt se sert du mot arctitude pour marquer l’étrécissement des parties d’une fille ou d’une femme. Si une femme, ayant été séparée de son mari à cause de l’arctitude qui la rendoit inhabile à consommer le mariage, en épouse un autre qui consomme le mariage avec elle, doit-elle retourner avec son premier mari ? Innocent III, qui examine cette question, reconnoit qu’elle est très-difficile à décider, & il croit qu’elle est obligée d’y retourner, parce qu’une femme qui a pu consommer le mariage avec un homme, a pu naturellement le consommer avec un autre. Cap. Fraterniteris extrà desfrigidis & maleficiatis. Cependant il y a des arctitudes respectives, & telle fille peut perdre sa virginité avec un homme, qui ne la perdroit point avec un autre, sans employer des moyens trop dangereux. Dans un cas pareil, qui est très-rare, suivant les Anatomistes, le premier mariage seroit nul, & il faudroit déclarer le second valable. Analyse des Décrétales, p. 137, col. 2, à la suite des Loix Eccles. de France de la troisième édition.

ARCTIUM. s. m. Plante dont la tige est longue & molle. Sa graine est de la grosseur du cumin. Ses feuilles sont comme celles du bouillon, un peu plus rondes & plus velues. La décoction de la racine avec du vin est bonne pour les rétentions d’urine ; pour apaiser le mal de dents, &c.

☞ ARCTOPHILAX. Terme d’Astronomie, synonyme de Bouvier.

☞ ARCTURUS. s. m. Terme d’Astronomie, emprunté du grec. Ce mot signifie la queue de l’ourse, & est composé d’ἄρϰτος, ourse, & de οὐρὰ, queue. Arcture est le nom d’une étoile de la constellation nommée Arctophylax ; c’est-à dire, garde de l’ourse. Elle se leve le premier jour de Septembre, & se retire le 15 de Mai. Elle est de la première grandeur. Sa longitude est 199d. 39’. sa latitude 31d. 2’. son ascension droite 210d. 13’. sa déclinaison 20d. 58’. Harris.

☞ ARCUATION. s. f. Terme d’Anatomie dont quelques Chirurgiens se servent pour exprimer la courbure des os, comme il arrive aux enfans qui se nouent, arcuatio.

ARCUDIA. Ville de Barbarie, en Afrique. Arcudia. Elle est dans le royaume de Tripoli, vers la frontière de celui de Parca, sur le golfe de la Sidre. Arcudia est un des lieux où l’on met l’ancienne ville nommée Phileni vicus, ou Philenorum Ara, que l’on place aussi à Naima ou Taimi, bourg sur le même golfe, un peu à l’occident d’Arcudia. On conjecture aussi qu’Arcudia pourroit être l’ancienne Antomala, que quelques Géographes aiment mieux placer à Zanagra, bourg du voisinage d’Arcudia.

ARCUEIL. Bourg de l’île de France. Arcus Juliani. Il est à une lieue à peu près au midi de Paris. On voit en plusieurs endroits, entre Arcueil & Paris, les restes d’un aqueduc de cailloutage, que l’on prétend avoir été fait par Julien l’Apostat, pour conduire les eaux dans son palais près de Paris qui est aujourd’hui l’Hôtel de Clugni, dans les derrières duquel, qui donnent sur la rue de la Harpe, on voit encore un morceau de bâtiment assez entier, que l’on prétend avoir été les bains de ce Prince. On croit fort vraissemblablement que c’est de-là qu’Arcueil a pris son nom. Le superbe aqueduc qui s’y voit aujourd’hui, a été construit par Marie de Médicis, & on voit encore auprès les ruines de l’ancien.

ARCUER. v. a. & ARCUÉ. part. On dit qu’une chose est arcuée, lorsqu’elle est courbée en arc. ☞ arcuare, in arcum inflectere. Arcuation se dit quelquefois. Le Verbe & le participe ne sont pas en usage. On diroit courber, plier en arc.

☞ ARCULÆ AVES. Nom que les Romains donnoient à certains oiseaux qui étoient de mauvais présage par leur vol, ou par la manière de prendre leur nourriture. Ils empêchoient qu’on ne format aucune entreprise : ce qui les fit nommer Arculæ, quia accerbant ne quid fieret. Mot. antiq. Rom. Scaliger prétend qu’il faut dire arciva aves ; arcivus, qui repousse, qui empêche.

☞ ARCULE. s. m. Arculus. Dieu qui présidoit aux coffres ou aux cassettes, ainsi nomme d’arca ou arcula, coffre, ou cassette. On imploroit le secours de cette divinité contre les voleurs. Mais son autorité étoit balancée par une autre divinité nommée Laverne, favorable aux voleurs. Ainsi il y avoit combat entre ces deux divinités. Si Arcule étoit le plus fort, le coffre n’étoit pas volé. Si Laverne avoit le dessus, le coffre étoit pris. Idée ridicule que l’on s’étoit formée des Dieux.

ARD.

ARDACHER. Ville autrefois, aujourd’hui village de la basse Autriche, en Allemagne. Aredate. Il est sur le Danube, environ à deux lieues du confluent de l’Ens.

☞ ARDAGH. Petite ville d’Irlande, dans la province de Leinster, au Comté de Longfort.

ARDAING. Nom d’homme. Ardagnus. On compte S. Ardaing pour 13e Abbé de S. Philbert de Tournus. Ce fut à S. Ardaing que S. Henri, l’an 1015, fit présent de la couronne impériale, dont le Pape Benoit VIII l’avoit couronné. Chast. 11 Fév.

ARDALIDES. s. f. pl. ou plutôt adj. pris substantivement. Ardalides. Surnom des Muses, pris d’Ardalus, fils de Vulcain, qui honoroit fort ces Déesses.

☞ ARDANAT. Ville des Indes, aux environs de l’île de Diu, dans la terre ferme, au-delà du fleuve Indus.

ARDART, ou ARDFÉART. s. m. Ville la Momonie, en Irlande. Ardatum, Ardforta. Elle est dans le comté de Kerry, sur une petite baie qui est entre celle de Dingle & l’embouchure du Shannon.

ARDASSES. s f. pl. ou adj. Pris subst. Terme de commerce. Ce sont les plus grossières de toutes les soies de Perse, & comme le rebut de chaque espèce. On dit en ce sens des Legis, des Houssets, des Choufs & des Poyas ardasses, pour marquer les moindres de ces quatre sortes de soies persiennes.

ARDASSINES. adj. f. pl. Pris subst. Terme de commerce. Les ardassines qu’on nomme en France ablaques, sont de très-belles soies de Perse, qui ne cèdent guère pour la finesse aux sourbastis.

ARDBRY. Port du royaume de Barca, en Afrique. Il est près de la ville de Bernicho. C’est l’ancien Bryorum portus.

ARDEBIL. Ville de Perse. Ardebila, Ardevila. Elle est dans l’Adirbeitzan. On y voit les tombeaux de plusieurs Rois de Perse.

ARDÉE ou ARDRES. Petite rivière de Normandie, en France. Ardurus, Ardea. Elle coule dans l’Avranchin, & se décharge dans le petit golfe de Cambelaine, à deux lieues au midi d’Avranches.

ARDÉE. Ville capitale des Rutules, & plus ancienne que Rome. Ardea. C’est aujourd’hui un bourg de la Campagne de Rome, près de la rivière de Numico, à cinq lieues à l’orient d’Ostie.

☞ ARDELION. s. m. Ardelio. Homme qui fait le bon valet, & qui a plus de paroles que d’effet. Il est familier. Acad. Fr.

ARDEMMENT. adv. Avec ardeur, avec passion, d’une manière chaude & vive. Il ne se dit que figurément. Ardenter, vehementer, acriter. Aimer ardemment. Combattre ardemment. On ne souhaite jamais ardemment ce qu’on ne souhaite que par raison. Rochef.

☞ ARDEN. Ce mot a été employé par les anciens Gaulois & par les Brétons, pour signifier une forêt. M. Huet