Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/539

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a l’odeur du citron, & la feuille du saule. Il ne porte point de fruit.

ARNALDISTE. s. m. & f. Arnaldista. Disciple ou sectateur d’Arnaud de Bresse, hérétique du XIIe siècle. Il prétendoit que ceux qui possédoient des biens d’Eglise, seroient damnés ; il attaquoit le baptême, & l’Eucharistie. Après avoir excité bien des troubles à Bresse & à Rome, il fut pendu dans cette dernière ville en 1155, & ses cendres jetées dans le Tibre. On appelle aussi ces hérétiques Poplicains, ou Publicains.

On a aussi donné de nos jours le nom d’Arnaldistes aux sectateurs ou partisans d’Antoine Arnaud.

ARNAUD. s. m. Arnaldus. Nom propre d’homme, que l’on a quelquefois confondu avec Arnold, ou Arnoul. Arnoldus. Probablement dans l’origine, ce n’étoit que la même chose ; mais dans la suite l’usage les a distingués, & il ne faut pas les prendre indifféremment l’un pour l’autre. On trouve aussi la même personne appelée Arnaud, ou Renaud. Ce qui montre que ces deux mots sont le même, & que Renaud est fait d’Arnaud par aphérèse, c’est-à-dire, par le retranchement de la première lettre. Arnaud, ou Renaud de Châtillon, Seigneur de Crac, ville forte, sur la frontière de Syrie, nommée par les anciens la Pierre du désert, fut cause par les actes d’hostilité, qu’il exerçoit pendant la trêve, que la guerre se ralluma entre Baudouin IV, & Saladin en 1182.

Arnaud (Antoine), Docteur de Sorbonne, assez connu dans l’histoire du temps, par ses écrits polémiques.

ARNAY-LE-DUC. Ville du Duché de Bourgogne, en France. Arnæum Ducum. Elle est entre Autun & Dijon.

ARNEBOURG. Ville de la vieille Marche de Brandebourg. Arneburgum. Elle est sur l’Elbe.

ARNÉDO. Ville de l’Amérique méridionale. Arnedum. Elle est sur la côte du Pérou, où elle a un port, à seize lieues au nord de Lima.

ARNEHEIM, ou ARNEM. Ville de la Gueldre hollandoise. Arneheium, Arnecum. Elle est dans le Vélaw, sur le Rhin, à quelques lieues de Nimégue, avec laquelle elle a communication par le canal de Bilt. Le quartier d’Arnem est autrement appelé le Vélaw.

La terre ou le pays d’Arneheim est sur la côte de la nouvelle Zélande, dans les terres australes, au midi de la Terre des Papous.

ARNÉS. Bourg de Suède. Arnesia. Il est dans l’Angermanie, sur une grande baie du golfe de Bothnie.

ARNESTEYN. Ville de Thuringe, en Allemagne. Arusteinum. Elle est dans le comté de Mansfeld, entre la ville de Mansfeld & celle de Quedlimbourg.

ARNHUSEN. Ville du duché de Cussabie près de la Poméranie Ducale. Arnhusia. Elle est voisine de la nouvelle Marche de Brandebourg, au midi de la ville de Colbert.

ARNIQUE. s. f. Plante. Arnica. L’Arnique est une herbe qui croît à la hauteur de deux ou trois pieds, dont les feuilles ressemblent à celles du plantain, & qui porte une feuille jaune : la fleur a les feuilles disposées en rayons, à-peu-près comme celles de la fleur de souci. Cette herbe croît sur les montagnes & dans les prés. Quelques auteurs l’appellent plantain des montagnes d’autres, plantain des alpes, d’autres doronique à feuilles de plantain, d’autres alisima. Schroder en fait mention dans sa Pharmacopée. Il dit qu’elle est sudorifique & diurétique, quelquefois même un peu vomitive. Il ajoute que les paysans du Holstein s’en servent avec succès contre le sang grumelé & coagulé, & contre la fièvre. Il assure en avoir été témoin. Ils la font bouillir dans de la bierre, & ils boivent cette bierre. Étant mise dans le nez, elle fait éternuer & cracher, & soulage beaucoup le cerveau. Voyez les Acta Medicorum Berolinensium, où il y a quantité de cures extraordinaires, faites par l’infusion d’arnique, sur-tout dans les blessures, les coups reçus, les pleurésies, les fractures de côtes, & autres cas où il y a du sang extravasé, qu’elle fait vomir, ou qu’elle dissipe par les sueurs. M. Fehrius, qui rapporte ces cures, dit que l’infusion d’arnique est souveraine contre la fluxion de poitrine, autrement dite péripneumonie, lorsqu’il y a du sang dans les crachats. Il ajoute que la dose est une pincée ou deux dans de l’eau bouillante, & que l’infusion s’en doit faire comme on fait à celle du thé.

ARNO. Rivière d’Italie. Arnus. Elle a sa source dans l’Apennin, coule dans la Toscane, passe à Florence & à Pise, & se jette dans la Méditerranée au-dessous de Pise.

ARNODE. s. m. Nom que les Grecs donnoient à ceux qui alloient dans les festins & dans les assemblées réciter des vers d’Homère. Ils portoient à la main une branche de laurier.

Ce nom vient du grec Ἀρνὸς, qui signifie un agneau, qu’on leur donnoit d’ordinaire pour récompense, & ωδη, chant. On les appeloit aussi Rhapsodistes.

ARNOLDISTE. s. m. Sectateur d’Arnaud de Bresse. Voyez Arnaldiste.

ARNON. s. m. Arnon. Rivière fort rapide, ou grand torrent au-delà du Jourdain à l’orient. Il prend sa source d’une montagne de même nom, qui fait partie de celles que l’Ecriture appelle montagnes de Galaad ; il traverse une partie de la tribu de Gad, toute celle de Ruben, & se décharge dans la mer Morte. Ils campèrent au bord d’Arnon, qui est dans le désert, & se termine à la frontière des Amorrhéens. Car Arnon est à l’extrémité de Moab, entre les Moabites & les Amorrhéens. Nomb. XXI, 13. Saci. Voyez encore Josué, XIII, 16, 17 & Josephe, Ant. Liv. IV, ch. 4. S. Jérôme dit qu’il y avoit un rocher très-haut entre les Moabites & les Ammonites, qui portoit aussi ce nom ; & le P. Lubin dit, que c’est de ce rocher que sortoit le torrent d’Arnon. Enfin ils placent encore au pied de ce rocher une ville du même nom ; & quelques Auteurs prétendent que c’est de cette ville qu’il est parlé Nomb. XXI, 24. Ils se rendirent maîtres de son royaume, depuis Arnon jusqu’à Jéboc. Ils se trompent ; ce sont deux torrens Arnon & Jéboc, qui faisoient les bornes du royaume de Sehon.

☞ ARNON. Rivière de France, dans le Berri, qui a sa source dans la paroisse d’Ivrigny, élection de S. Amand, & se jette dans le Cher entre Mery & Thenion, au-dessous de Vierzon.

ARNOU. s. m. & nom propre d’homme. Arnoul. La vie de S. Arnou est contenue dans une prose d’une extrême longueur, trouvée au monastère de Marquette, & rapportée par Bollandus. Chast.

ARNOUL. s. m. Arnoldus. Nom propre d’homme. On trouve en françois Arnolde, Arnold, Ernold, Arnoul, & même Arnaud. Il faut dire Arnoul, & ne point faire sonner l, si ce n’est devant une voyelle, dans une prononciation grave & soutenue. Pour Arnaud, il est vraisemblable que c’est une faute, & qu’il ne faut point confondre ces deux noms. On a lu ou écrit Arnaldus, où il falloit mettre Arnoldus. C’est ainsi que dans quelques éditions de S. Bernard, on trouve Arnoldus dans le titre de quelques lettres où il y a Arnaldus dans le texte, & où il faut en effet Arnaldus. Arnoul s’est encore dit d’Arnulphus, Arnulphe. Ainsi nous nommons Arnoul fils de Carloman, Roi de Bavière, & puis empereur, que les Auteurs latins appellent Arnolphus.

ARNSBOCKE, ou ARENSBOCKE. Ville d’Allemagne. Arensboka. Elle est dans le Holstein, entre Lubeck & Ploco. Elle est capitale dune petite préfecture qui porte son nom.

ARNSBOURG. Arnsburgum. Ville de Suède, située sur la côte orientale de l’île d’Œsel, dans la mer Baltique, à l’entrée du golfe de Riga.

Arnsbourg. Citadelle de Koldingue, ville du Jutland. Aquileburgum.

ARNSHEIM. Petite ville du Palatinat du Rhin. Arsnehimum. Elle est dans la préfecture d’Altzey, à quelques lieues de Creutzenach.

ARNSTAD. Ville du Cercle de la haute Saxe, en Allemagne. Arnostadium, Aristadium. Elle est dans la Thuringe, au confluent des rivières de Weige & de Gète.