Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/542

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Terra clauditur infans
Vel minor igne rogi.

On brûla dans la suite les corps des enfans qui avoient vécu 40 jours, & à qui il avoit poussé quelques dents. Ces morts étoient appelés des rapts. Le mot Arpagi signifie la même chose en grec, & Eustathius nous apprend que c’étoit la coutume des Grecs aux funérailles des enfans, de ne les célébrer ni de nuit, ni au grand jour, mais au lever de l’aurore, avant que le soleil parût, ce qu’ils appeloient le rapt du jour ; Ἡμέρας ἀρπαλίω. Menestr. Hist. de Lyon, p. 57.

ARPAIA. Village du royaume de Naples. Harpodium Hirpinum. C’est l’ancien Caudium, ville des Hirpiens, qui donnoit son nom aux Fourches Caudines, Furcæ Caudinæ, appelés aujourd’hui Détroît d’Arpaïa. Ce village est dans la Principauté Ultérieure, au voisinage de la Terre de Labour, entre Avelle & Sainte-Agathe. Le détroit d’Arpaïa, Fauces Arpaïanæ, anciennement Fourches Caudines, sont deux passages ou cols extrêmement étroits de la vallée de Gardano.

ARPAILLEUR. s. m. C’est un nom qu’on donne à ceux qui vont chercher l’or sur les bords des rivières, qui roulent des paillettes d’or, & parmi des mottes de terre.

☞ ARPAJON. Petite ville de l’Île de France, sur la rivière d’Orge, à une lieue de Montlhery.

☞ ARPAJOU. (quelques-uns écrivent Arpajon) Petite ville de France, en Auvergne, Election d’Aurillac, avec titre de Duché.

ARPANLIC, ou ARPALIC. s. m. Etat accordé en Turquie à un Officier déposé, ou qui a fini le temps de la commission, accordé, dis-je, pour le faire subsister. Status, conditio inferior ad vitam sustentandam datus, a. Lorsque les gouverneurs de provinces ont achevé le temps de leur commission, s’ils ne sont pas élevés à une charge plus considérable ou semblable, on leur donne le pouvoir de disposer de certains emplois, dont ils retirent de quoi subsister, en attendant une meilleure fortune. Cela s’appelle un Arpanlic. Lorsque le Muphti est déposé, on le gratifie d’un arpanlic, c’est-a-dire, du pouvoir de disposer de quelques emplois de judicature, en de certaines provinces, dont il a la sur—intendance, pour pouvoir subsister avec honneur. A. D. S. M.

☞ ARPEGGIO, ARPÈGE, & ARPÉGEMENT. s. m. Terme de Musique. Manière de frapper successivement & rapidement tous les sons d’un accord, au lieu de les frapper tous à la fois.

☞ ARPÉGER. v. n. Faire des arpegemens. Faire entendre successivement & rapidement les divers sons d’un accord. Ce mot vient de arpa à cause que c’est du jeu de la harpe qu’on a tiré l’idée d’arpegement.

☞ ARPÉGÉ, ÉE. part.

☞ ARPEMIN. Voyez Arpæmin.

ARPENT. s. m. Certaine mesure de la surface des terres, qui est différente selon les diverses provinces, & qui est ordinairement de cent perches carrées, c’està-dire de dix perches de longueur & autant de largeur. Jugerum. L’arpent contient environ un setier de semence. L’arpent de Paris a cent perches, & la perche vingt-deux pieds, qui font deux mille deux cens pieds en carré. Au perche, la perche est de vingt-quatre pieds, & le pied est de treize pouces. L’arpent de Poitou est de quatre-vingts pas de chaque côté. L’arpent de Montargis a cent cordes, & chaque corde a vingt pieds. L’arpent de Clermont en Beauvaisis a cent verges, & chaque verges vingt-six pieds. L’arpent ou le journal en Bretagne a vingt cordes en longueur, & quatre en largeur, chaque corde de vingt-quatre pieds. Dans le duché de Bourgogne, l’arpent de bois est de quatre cent quarante perches, & le journal de terre, de vigne, ou de pré, de trois cent soixante.

Ce mot vient, selon Scaliger, de aripennis, ou de arpendium, ou arvipendium, qui étoit une mesure d’Arpenteur. Aripennis se trouve aussi pour arpent, Act. Sanct. Jun. T. I, p. 189. B. & ailleurs. Pontanus, après Columella, dit que c’est un ancien mot gaulois dont use Reginon dans son Histoire, dérivé de aert, & de pandit, mots danois, signifiant une terre bornée. Du Cange dit qu’il vient de arapennis, dérivé ab arando, ou plutôt de ard, ou erd, terre ; & pand, ou pend, qui signifie carré. C’est la remarque des Jésuites d’Anvers, Acta Sanct. Apr. T. III, p. 72. E. sur les Diplômes de Louis le Jeune, dans lesquels on trouve Agripennum & Arpennum, pour arpent, & non pas erpan, comme ces Auteurs écrivent ; on trouve encore Arpenna, æ, dans un acte de l’an 1051. Act. Sanct. Maii, T. V, p. 59. On trouve aussi Arpennus & Arpentum. Voyez la nouvelle Hist. de Bret. T. II, p. 121 & 295. Isaac Pontanus, dans ses Origines Francicæ, Lib. VI. c. 34, est de même sentiment, à cela près qu’il prétend que pand signifie, ce qui a des limites, ce qui est borné.

On dit par hyperbole d’un homme qui a le nez, le visage trop longs, ou mal proportionnés, qu’il a un nez, un visage d’un arpent, &c.

ARPENTAGE. s. m. Mesurage des terres par arpent. Agrorum mensio, dimensio, metatio. On a fait voir par l’arpentage de cette forêt, qu’elle contenoit tant d’arpens. Quand l’arpentage n’est point déclaré par le contrat, il doit être fait suivant la coutume des lieux où les biens sont situés, & non suivant la coutume du lieu où le contrat est passé.

Arpentage, est aussi ☞ l’art de mesurer les terrains, c’est-à-dire, d’en prendre les dimensions, de les écrire ou tracer sur une carte, & d’en trouver l’aire. L’arpentage, proprement dit, est l’art de lever un plan, & le calcul du toisé. Agros metiendi, metandi ars, Geomatica disciplina.

ARPENTER. v. a. Mesurer des terres pour savoir combien elles ont d’arpens. Metiri, metari.

Arpenter, signifie figurément, marcher beaucoup, ou marcher vite. Discurrere per, &c. Ce solliciteur arpente tout Paris presque tous les jours. Mais cela ne se dit guère que dans le style familier. Courir les monts, arpenter les campagnes. S. Amand.

Arpenté, ée. part.

ARPENTEUR. s. m. Officier qui a serment en justice, & qui est commis pour faire l’arpentage des terres. Decempedator, finitor, agrimensor, Geomaticus. Les instrumens, la trousse, les flèches, la chaîne d’un Arpenteur. Les Arpenteurs ne sont reçus qu’après information de vie & mœurs, & après avoir donné une caution de mille livres par l’ordonnance. C’étoit autrefois au Grand Arpenteur de France à instituer des Arpenteurs : mais Henri II, par une ordonnance de 1554 érigea six Arpenteurs en chaque Bailliage, ou Sénéchaussée de Bretagne, pour exercer leur charge sous le Grand Arpenteur. Cette ordonnance leur donne le pouvoir de mesurer, d’arpenter bois, buissons, forêts, garennes, terres, eaux îles, de mettre des bornes @ de faire des partages, mais le Grand Arpenteur, qu’on appeloit Grand-Maître, se mettoit en possession de ne donner des commissions qu’à ceux des Arpenteurs qui lui donnoient de l’argent, ce qui rendoit leurs offices inutiles. En l’année 1666, le Roi lui fit défense de plus délivrer de commissions ; en 1668 son office fut supprimé, & l’année suivante il fut ordonné par arrêt, que ceux qui avoient des commissions du Grand Arpenteur, prendroient des provisions de Sa Majesté, en payant certaine somme. En 1690, le Roi, par un édit du mois de Novembre, a supprimé tous les anciens offices d’Arpenteurs, & a créé des Experts-Priseurs & Arpenteurs-Jurés, pour faire un même corps avec les Jurés-Experts créés aux mois de Mai & de Juillet de la même année pour faire les arpentages, mesurages & prisées des terres, vignes, prés, bois, pâtis, communes, & toutes les autres fonctions attribuées aux Arpenteurs créés par les édits de 1554 & 1575. Il y a encore des Arpenteurs dans chacune des Maîtrises des Eaux & Forêts, créés par un édit de 1689. Enfin, l’édit