Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/546

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qu’elles sont toujours droites & contraintes. Bouh.

☞ On dit d’un homme qu’il est arrangé, pour signifier qu’il a de l’ordre dans sa maison, dans ses affaires, dans sa conduite, en quoi que ce soit, disent les Vocabulistes. En parlant des affaires & des occupations, rangé est le vrai mot ; & réglé, en parlant des mœurs & de la conduite. Voyez ces mots.

ARRAS. Cri d’arme des Flamands.

Flamans crie, arras, & Angevin, rallie.

Vace, surnommé le Clerc de Caen, dans son Roman de Normandie.

Arras. s. m. Espèce de perroquet qui se trouve à la Guadeloupe. Psittacus. Il a la tête, le cou, le ventre, & le dessus du dos de couleur de feu, & les ailes mêlées de plumes jaunes, d’azur, & de cramoisi. Sa queue est longue d’un pied & demi. Il est beaucoup plus grand que les perroquets ordinaires, & a la grosseur d’un faisan. Il a la tête assez grosse, les yeux vifs, le bec crochu. On en voit qui ont la tête, le dessus du cou, le dos, de bleu céleste tabizé, le ventre, & le dessous du cou & des ailes de jaune pâle, & la queue entièrement rouge. Il s’en trouve qui ont tout le plumage mêlé de rouge, de blanc, de bleu, de vert, & de noir. Ils volent ordinairement par troupes. Le son de leur voix est perçant. On apprivoise facilement les arras, & on leur apprend à prononcer quelques paroles ; mais ils ont la langue trop épaisse pour se pouvoir faire entendre aussi-bien que les Canides & les plus petits perroquets. Ils font si ennemis du froid, qu’on a bien de la peine à leur faire passer la mer. Voyez Lonvillers, Hist. des Antill. ch. 15, art. 9, & le P. du Tertre, Traité V, ch. 1, §. 1.

Arras. Atrebatum. Ville des Pays-Bas, capitale de l’Artois, sur la Scarpe. Arras est très bien fortifié, & défendu par une citadelle. Cette ville est fort ancienne. Quelques Géographes prétendent que c’est le Nemetocerna ou Nemetum des Anciens. D’autres la prennent pour l’Origiacum, ou Rigiacum de Ptolomée, que Cluvier & d’autres placent à Orchies. Les Allemand, l’appellent Atrecht. Arras a un évêque suffragant de Cambrai. La Chronique de Cambrai & d’Arras a été composée par Balderic, & imprimée par Georges Colvenerius à Douai en 1615. Balderic avoue qu’on ne sait ni les fondateurs de ces deux villes, ni le temps auquel elles ont été fondées. Ce nom Arras paroît formé par corruption du latin Atrebas. Louis XI ayant pris Arras en 1477, & relégué un assez grand nombre des habitans bien avant dans le royaume, mit des François à leur place : il voulut même changer le nom de cette ville, en lui donnant celui de Franchise, ou de Francie ; & on la voit en effet ainsi nommée alors dans l’Histoire & dans les Actes publics ; mais les Rois, qui sont maîtres de tout, ne le sont point de l’usage en matière de langue : car le nom d’Arras est toujours demeuré depuis à cette ville, malgré les Ordonnances de ce Prince. P. Dan. Arras pris par Louis XIII, en 1640, fut cédé à la France par la paix des Pyrénées. Arras a 20°, 17′, 45″ de longitude, & 50°, 17′, 45″ de latitude. Cassini. M. de la Hire lui donne 20°, 16′, 33″ de long. & 50°, 18′, 25″, dans ses Tabl. Astronom. Arras fut érigé en évêché en 1092, par Urbain II, qui sacra lui-même Lambert, premier évêque de cette ville.

ARRAGEOIS, OISE. s. m. Atrebas. Qui est d’Arras, natif d’Arras, habitant d’Arras. Les Arrageais se rendirent à la France en 1640, après un siège de deux mois.

☞ ARRASE. Voyez Arase.

☞ ARRASEMENT. Voyez Arasement.

☞ ARRASER. Voyez Araser.

☞ ARRASÉ, part. Voyez Arasé.

ARRÂTEL. s. m. Nom d’un poids de Portugal. Le Roi de Portugal a fait publier, touchant les droits d’entrée & de sortie, une nouvelle Ordonnance portant révocation du Tarif du 16 Novembre 1720, suivant lequel on ne payoit aucun droit de sortie du sucre qu’on transportoit dans les pays étrangers, mais seulement deux testons par arratel pour droit de poids, & 150 reis aussi par arratel de tout le sucre qui se consommoit dans le royaume & dans les îles, excepté de Madère. Gaz. 1725. p. 537. Arratel est donc un mot Portugais, qui, selon Duarte Nunnez de Léon, vient de l’Arabe reth, ratal, & selon d’autres, de rablaid, qui, chez les Arabes, est un poids de deux livres. Anciennement ce que l’on appelle en Portugal arratel, étoit chez les Romains un poids de douze onces, c’est-à-dire, la livre romaine. Libra, pundo. Aujourd’hui l’arratel en Portugal est de 16 onces. Libra. Un demi-arratel, une demi livre, semi-libra, libræ semis, libræ dimidium. Un arratel & demi, sesqui libra, libra & semis. Ce qui pese un arratel, libralis, e, librarius, a, um. P. Bulteau. Dict. Portug.

☞ ARRATS. (l’) Rivière de France, dans l’Estarac & l’Armagnac. Elle a sa source au mont Astarac ou Estarac, aux confins du bas Comminge, & se perd dans la Garonne, presque vis-à-vis de Valence.

ARRAYÉ, ÉE. adj. Instructus. Ce mot n’est plus d’usage, il vouloit dire autrefois équipé, fourni des choses qui conviennent, qui sont nécessaires : il se ditoit des gens de guerre.

☞ ARREAU ou ARREOU. Bourg de France, près des Pyrénées, dans la vallée d’Aure.

ARRÉCIFES. Le cap. des Arrécifes, ou plutôt Arracifes, c’est-à-dire, des rochers. Rupum promontorium, promontorium scopulorum. Cap de la cote des Cafres en Afrique, environ à 160 lieues du cap de Bonne Espérance, du côté du levant. Il est tout environné de rochers, d’où lui vient son nom.

ARRÉGIAN. s. m. Voyez Arcian.

ARREN. île d’Ecosse. Arania insula. Elle est dans le golfe de Cluyd, qui est une partie de la mer d’Irlande, entre les côtes d’Argile & de Cuningham, & la presqu’île de Cantyr. Le château d’Arren, situé sur la côte occidentale, lui a donné son nom. Autrefois elle s’appeluit Glota, & elle communiquoit ce nom au golfe de Cluyd, qu’on nommoit Glotæ æstuarium.

ARRENTEMENT. s. m. Bail d’héritages qu’on donne à rente. Locatio. Il a fait aujourd’hui deux arrentemens.

Arrentement, signifie aussi, prise à rente. Conductio. Ce mot vient, ou de redditus, de reddo ; ou de reditus, de redeo.

Arrentement, se dit aussi de la chose même qu’on donne à rente. Cette métairie n’est pas un membre d’une telle terre, c’est un arrentement d’une telle abbaye.

ARRENTER. v. a. Donner ou prendre à rente. Locare, ou conducere. Les Ecclésiastiques arrentent leurs domaines. ☞ Un tel fermier a arrenté toutes les terres de cette abbaye.

ARRENTÉ, ÉE. part. pass. Locatus, conductus.

☞ ARREPHORIES. Voyez Arrhephories.

ARREQUE. Voyez Siamois.

ARRÉRAGER. v. n. qui ne se dit qu’en cette phrase : Il ne faut pas se laisser arrérager, pour dire, laisser courir sur soi plusieurs années d’arrérages. Locationis, conductionis, pensionis, solvendum reditum retro linquere, mittere.

ARRÉRAGES. s. m. pl. ☞ Payement d’une rente ou redevance annuelle pour raison desquelles le débiteur est en retard. Ce qui est dû d’une rente annuelle & constituée, ou d’une pension, de cens & droits seigneuriaux, ou de loyers, de terres & de maisons. On ne peut pas demander plus de 29 années d’une rente foncière, ni plus de cinq d’une rente constituée, & dix des rentes de pensions viagères. Locationis, conductionis, pensionis, solvendi reditus retro relicti, missi. Il a laissé courir tant d’années d’arrérages. Les arrérages monteront plus que le principal. L’intérêt ne se dit que des obligations ; arrérages se dit quelquefois des vieilles dettes. Voyez les Ordonnances de Louis XII, de 1510, de Henri IV. Tronçon sur la Coutume de Paris, Louet, Charondas sur la Coût, de Paris.

Ce mot vient par contraction d’arriérages, comme on prononçoit anciennement, qui a été fait de arrière, & arrière, de retro. Ménag.

Arrérages, se dit figurément quand il s’agit de galanterie. Il signifie redoublement de plaisirs, & de soins