Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/569

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d’une perruque. Le cylindre est entaillé par des carreaux disposés en réseau de trois à quatre lignes de large. Leur fond est vert ; les angles intérieurs ont chacun une entaillure dentelée, relevée, & qui en occupe tout le fond. Il y a dans le milieu quatre bossettes brunes, disposées en croix de saint André, avec une petite éminence dans chaque coin, semblable à une caroncule. P. Plum.

Les autres espèces sont l’Arum, arbre à feuilles de sagittaire, Arum arborescens, Sagittaria foliis. Son fruit & ses feuilles échauffent & piquent la langue ; mais la racine est douceâtre & d’un assez bon goût. C’est l’Arum Brasilianum arborescens, folio Sagittariæ, Paradisi Batavi, in Predromo. C’est encore l’Aninga Iba de Pison, selon le P. Plumier. L’Arum à tige & à feuilles de la canne d’Inde, Arum caulescens, canæ, Indicæ foliis. L’Arum à feuilles fermes, étroites & pointues, arum foliis rigidis angustis & acuminatis. Quelques-uns le nomment perroquet. Ces espèces différent comme les précédentes par la forme & la grosseur de leurs racines, la figure de leurs feuilles, les couleurs de leurs fruits, & la diversité de leurs carreaux & du raiseau qu’ils forment, &c.

l’Arum, arbre, naît dans les lieux marécageux & humides. Sa racine est presque aussi grosse que le bras, & longue de deux pieds, il ne pousse ordinairement qu’une tige, épaisse d’environ deux pouces, & haute de cinq à six pieds, assez ferme, ronde & noueuse, & presque comme nos roseaux.

l’Arum à tige, a sa racine grosse, presque comme la moitié du bras, & d’une longueur indéterminée. Sa tige, qui est fort droite, s’élève de trois ou quatre pieds de haut, & est épaisse d’environ deux pouces. Au bout de cette tige, il y a sept à huit feuilles fort tendres, d’un pied de long sur demi pied de large. Du creux de leurs pédicules sortent les fruits.

l’Arum à feuilles fermes, a plusieurs racines de différente grosseur. Il pousse plusieurs feuilles dès la racine, pointues & dressées en haut, parmi lesquelles il y a quelques pédicules assez longs, portant chacun un fruit, qui, quand il est mûr, a près de neuf à dix pouces de long sur un pouce d’épais. Le fruit & les feuilles piquent la langue quelque temps après qu’on les a mâchés. Cette plante se voit dans les forêts humides, sur les troncs des vieux arbres, Voyez le P. Plumier, Description des Plantes de l’Amérique, p. 44 & suiv.

ARUN. Nom de rivière. Voyez Aru.

ARUNARD-FIORD. Golfe sur la côte occidentale d’Islande. Arunarius sinus.

ARUNCULA MAJOR. Terme de l’Art hermétique. C’est la matière de la Pierre des Sages.

ARUNDEL. Voyez Arondel.

ARUNER. Voyez Arrumer.

ARURE. s. f. Nom d’une ancienne mesure de terre. Arura. L’arure est un peu moins d’un demi-arpent. Fleury. S. Antoine distribua à ses voisins tous les héritages qu’il avois de son patrimoine, qui étoient trois cens arures de terre très-fertile & très-agréable. Id. L’arure étoit une mesure propre de l’Égypte, comme il paroît par Strabon au commencement de son XVIIe Livre, où il dit que l’Égypte se divisoit en nomes, en toparchies, & les toparchies en d’autres portions, dont les plus petites étoient les arures. L’arure étoit une portion de champ de cent coudées, disent Rosweyde dans son Onomasticon, & Bollandus sur la vie de S. Antoine par S. Athanase.

Ce mot est grec : ἄρουρα, une terre labourable. On dit aussi aroure. Voyez ce mot.

ARUSPICE. s. m. Sacrificateur Romain, qui prédisoit l’avenir, en examinant la qualité & le mouvement des entrailles des bêtes sacrifiées. Aruspex. La superstition des Païens a été jusqu’au point d’ajouter foi aux Augures & aux Aruspices. Annibal reprochoit au Roi Prusias, qu’on consultoit plutôt les entrailles d’un veau pour donner une bataille, que les plus expérimentés capitaines. L’Empereur Claude travailla à conserver la vaine science des Aruspices, de peur qu’elle ne s’abolît tout-à-fait, parce que, disoit-il, les superstitions étrangères le fortifioient tous les jours. C’est ce que lui faisoit peut-être dire le progrès de la Religion chrétionne » que S. Pierre étoit venu pour prêcher dès l’an 42 de Jésus-Christ, selon Eusèbe. Tillem.

Ce mot vient d’haruga, qui signifioit les entrailles des victimes, &, aspicere, regarder, considérer. D’autres soutiennent que ce mot vient de ce que les Aruspices examinoient les entrailles des victimes, pour en tirer leurs prédictions, ad aras, près des autels. Le P. Pezron, Ant. des Celt. prétend que ce mot vient des Celtes ; qui disent, Au, ou Asu, pour signifier jecur, ou hepar ; c’est-à-dire, le foie des animaux. Or, de au, dit-il, & de spicio, qui signifie regarder, on a formé d’abord auspex, pour marquer celui qui regarde & consulte les lobes du foie ; & comme ce mot étoit trop dur à prononcer, on a enfin dit Aruspex ; mais ce qui confirme cela, c’est que la plus célèbre & plus ancienne divination des Augures se faisoit par l’inspection du foie des animaux.

ARUSPICINE. s.f. Aruspicina. C’est l’art de connoître l’avenir par l’inspection des entrailles des bêtes. On avoit réduit en art l’Aruspicine, Jules César, au rapport de Macrobe, fit lui-même plus de seize livres de l’Aruspicine.

ARUVACQUE. Voyez Arovaque.

☞ ARWA. Voyez Arva.

ARWANGEN. Ville de Suisse. Arvanga. Elle est dans le canton de Berne, sur l’Aar, entre Araw & Soleure.

☞ Le Bailliage d’Arwangen est une petite contrée de Suisse, aux frontières du canton de Soleure, & à l’orient du Bailliage de Wangen.

ARWEILLER, ou ARVEYLER. Bourg du diocèse de Cologne, en Allemagne. Arvillera. Il est à quelques lieues au midi de Bonn.

ARY.

ARYE, ou AYMURE, ou GAYMURE. s. m. & f. Nom de peuple. Arus, a. Aymurus, Gaymurus, a. Les Aryes, ou Aymures, sont un peuple du Brésil, qui habite un pays voisin du gouvernement de Porto Seguro.

ARYTÆNOÏDE. adj. Terme d’Anatomie. C’est une épithète que donnent les Médecins à un des cartilages du larynx, qui forme une espèce d’anche, comme celle des flûtes & des orgues. Elle sert a rendre la voix plus aiguë ou plus grave. Scarytænoides, cartilago scaritana.

Ce mot vient à d’arytana, qui signifie le bec d’une éguière, parce que ce cartilage lui ressemble.

ARYTÆNOÏDIEN. adj. Terme d’Anatomie, qui se dit de deux petits muscles qu’on nomme Aritenoïdiens, parce qu’ils prennent leur origine de la partie postérieure du cartilage arytenoïde, & s’insèrent obliquement au même cartilage pour le resserrer. Scaritenoides.

☞ On l’emploie aussi substantivement. Les Arytenoïdiens.

ARYTÆNOËPIGLOTTIQUE. adj. m. & f. Terme d’Anatomie, qui se dit de quelques muscles du larynx. Arytænoepiglotticus, a, um. Ce sont des petits faisseaux charnus, qui sont chacun attachés par une extrémité à la tête d’un des cartilages aritœnoides, & par l’autre extrémité au bord voisin de l’épiglotte. Winslow.

☞ Ce mot est aussi employé comme substantif. m. pl.

☞ ARYTHMES. s. m. Terme de Médecine. Quelques-uns font usage de ce mot pour marquer une défaillance de pouls telle qu’il n’est plus sensible. Il signifie proprement une irrégularité, ou un défaut de règle & de mouvement convenable dans le pouls. Il est formé d’α privatif, & de ἀρυθμός, Modulus. Module, mesure. Encyc. Arytmus, qui n’a point de règle, qui ne garde point de mesure.

ARZ.

ARZÊGAGE. s. m. Bâton ferré par les deux bouts, que portoient les Estradiots, cavaliers albanois, qui servoient en France sous Charles VIII, & Louis XII.

ARZEL. adj. m. Terme de manége, qui se dit d’un cheval qui a une balzane, ou marque blanche au pied de