Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/575

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antennes de plus, & parce que les filets de sa queue sont fourchus.

ASEM, ASOM, ou ÉSEM. Ville de la Terre-Promise. Asem, Asom. Elle étoit de la tribu de Juda ; elle en fut ensuite détachée, pour être donnée à la tribu de Siméon.

Asem. Royaume de la presqu’île de l’Inde, de-là le Gange. Asenum regnum. Il est dans la partie septentrionale de cette partie de l’Inde, vers le lac de Chiamay.

ASÉMONA. Ville de la Terre-Sainte. Asemona, ou Atsemona. Elle étoit dans la tribu de Juda, au midi, du côté de la Méditerranée, & dans le passage qui conduisoit en Egypte.

ASÉNA. Ville de la tribu de Juda, dans la Terre-Sainte. Asena. Elle confinoit avec les tribus de Dan & de Siméon.

☞ ASENI. Peuples de l’Inde, qui habitoient trois villes. La capitale portoit le nom de Bucéphale, cheval d’Aléxandre, que ce fou fit enterrer dans ce lieu là, après de magnifiques funérailles.

ASEPH. s. m. Terme de Relation. C’estle nom que l’on donne en Perse à des gouverneurs que le Roi a mis en certaines provinces à la place des kans, parce que ceux-ci, par le grand nombre de leurs Officiers, consumoient la plus grande partie du revenu de ces provinces. Voyez Tavern. Voyage de Perse. Rector Provinciæ, Gubernator.

ASER. s. m. Aser. Ce mot, dans l’Ecriture, signifie trois choses. 1°. Un des douze enfans de Jacob. Il eut celui-ci de Zelpha, servante de Lia. Zelpha, servante de Lia, enfanta un fils à Jacob, & elle dit : c’est pour me faire bienheureuse, car les filles me diront bienheureuse ; & elle le nomma Aser, ou comme d’autres écrivent, Ascher. Gen. XXX, 12 & 13.Ce nom signifie en effet en hébreu, heureux. 2°. Il se prend pour la tribu d’Aser, c’est-à-dire, les descendans d’Aser. Ruben, Gad, Aser, Zabulon, Dan & Nephtali, se tiendront de l’autre côté sur le mont Hébal, pour le maudire. Saci. Deut. XXVII, 13. 3°. Il se prend pour le pays qu’occupoit dans la Terre-Sainte la tribu d’Aser, & qui s’appelle aussi la tribu d’Aser. Or la frontière de Manassé fut du côté d’Aser venant en Miemethah. Desmar. Jos. XVII.

ASER-GADDA. Ville de la Palestine. Asergadda. Elle étoit dans la tribu de Juda. Jos. XV 27.

ASG.

ASGAR. Province du royaume de Fez, en Afrique. Asgara. Elle est entre celle de Fez, celle d’Habat & l’Océan atlantique, & renferme les villes de Larache & d’Alcaçarquivir.

ASI

☞ ASIARCAT. s. m. Magistrarure annuelle jointe au Sacerdoce, & qui donnoit le droit de présidence aux jeux sacrés célébrés en commun par les villes d’Asie. Voyez l’article suivant.

☞ Les Vocabulistes prétendent que ceux qui étoient revêtus de cette dignité, l’exerçoient pendant cinq ans. C’est une erreur de plus. Ils n’ont pa suivi leur guide, le Dict. de l’Acad. F. qui dit formellement que cette Magistrature étoit annuelle.

ASIARQUE. s. m. Titre d’un Magistrat qu’on élisoit chaque année dans l’Asie mineure sous les Empereurs Romains, pour présider aux jeux sacrés, que la province célébroit en commun à l’honneur des Dieux, ou des Empereurs. C’étoit une charge très-onéreuse, parce que l’Asiarque étoit obligé de faire la dépense de ces jeux : c’est pour cela qu’on élisoit les riches, les plus capables de la supporter. En récompense elle étoit très-honorable, & elle acquéroit le premier rang dans les provinces, pendant & après son exercice.

Ce Magistrat est appelé Asiarcha par les Auteurs latins. Il vient du mot grec, Ἀσιάρχης d’Ἀσία, Asie, & d’ἄρχειν, commander & avoir le premier rang.

De dix pontifes qui étoient dans l’Asie Proconsulaire, sous les Païens, le Proconsul en choisissoit un chaque année qu’on nommoit Asiarque. On ne laissoit pas de donner le nom d’Asiarques à tous ceux oui l’avoient été, comme on le voit par le 19 chap. des Actes des Apôtres, où des Asiarques empêchent S. Paul d’aller à l’amphithéâtre d’Ephèse. La Vulgate a traduit Princes d’Asie. La Syrie avoit de même ses Syriarques, la Phénicie ses Phéniciarques. Saumaise sur Solin, p. 85 de la première édition.

ASIATIQUE. Nom de peuple. Habitant de l’Asie. Asiaticus. Les Asiatiques étoient des peuples mous & efféminés. C’étoit faire une injure à un homme, & lui dire qu’il étoit débauché, que de dire qu’il avoit été, ou demeuré en Asie. Voyez Cicéron, pro Muren. n. 12. Pour vaincre des Asiatiques, il ne falloit qu’oser les combattre. Et que n’osoit pas Alexandre ? Aussi le frère d’Olympias Roi d’Epire, disoit-il dans son expédition d’Italie : Je combats ici des hommes, tandis qu’ailleurs mon neveu combat des femmes.

Asiatique. adj. m. & f. qui appartient à l’Asie. On le dit particulièrement des mœurs, du luxe, du style. Mœurs asiatiques, mœurs efféminées. Luxe asiatique, luxe excessif. Style asiatique, style mou, diffus, chargé d’ornemens inutiles.

Asiatique, est encore un surnom honorable donné à quelques grands hommes. Pompée déposséda Antiochus surnommé l’Asiatique dernier Roi de Syrie. Bossuet. L. Cornélius Scipion, frère de Scipion l’Africain, avant été choisi l’an de Rome 564 pendant son consulat, pour aller faire la guerre à Antiochus Roi de Syrie, & ayant taillé en pièces l’armée de ce Prince proche de Sardes, fut surnommé l’Asiatique. Voyez Tite-Live, liv. XXXIX. ch. 44. On trouve aussi dans des manuscrits Asiagenes, & des médailles portent. L. Scip. Asiag.

Asiatique. s. f. Terme de Fleuriste. Anémone dont les grandes feuilles sont blanches, mêlées d’incarnadin : sa peluche est de couleur de grenade mêlée de blanc. Mor.

ASIE. Asia. C’est une des quatre parties du monde & la plus considérable des trois de notre continent. Ses bornes sont du côté du midi & du levant, l’Océan oriental, ou l’Océan indien, oriental & scythique. La mer de Tartarie la baigne au nord. Vers le couchant, les Anciens l’étendoient jusqu’au Nil, & y renfermoient l’Egypte. Dans des siècles postérieurs on en a retranché l’Egypte. Elle est séparée de l’Afrique par la mer-Rouge, & le détroit de Suez ; de l’Europe par la Méditerranée, l’Archipel, la mer de Marmora, la mer-Noire & celle de Zabache, la rivière de Don, le Volga, jusqu’à l’endroit où il commence à couler du nord au sud, d’où l’on tire une ligne jusqu’à l’embouchure de l’Oby. L’Asie est non-seulement la plus grande partie de l’ancien monde, mais encore la première & la plus considérable du monde entier. C’est en Asie que le premier homme a été créé ; c’est en Asie que Noé sortit de l’Arche, & que le monde a commencé à se peupler. C’est de l’Asie que les hommes se sont répandus dans toutes les autres parties du monde. C’est en Asie que les Arts & les Sciences ont eu leur berceau. C’est dans l’Asie que les premiers, les plus grands & les plus florissans empires se sont fondés. C’est dans l’Asie que le fils de Dieu s’est fait homme, & qu’il a opéré les mystères de la rédemption du genre humain.

ASIE MINEURE. Asia minor. Nom ancien de la grande contrée, ou péninsule, que nous nommons aujourd’hui Anatolie, ou Natolie. Elle s’étend depuis l’Euphrate & le mont Amanus, jusqu’à la mer de Marmora & à l’Archipel, ayant au Nord le Pont-Euxin, ou la mer-Noire, & au sud la Méditerranée. Voyez Anatolie, ou Natolie.

La petite Asie. Asia parva. C’étoit anciennement le nom d’une petite contrée de l’Asie mineure, qui s’allongeoit le long de la côte de l’Archipel au midi de la Phrygrie, & comprenoit l’Ionie, la Doride, la Carie, & quelques autres petits pays. C’est de cette petite Asie que l’Asie mineure & la grande Asie ont pris leur nom : car c’est la coutume des Voyageurs, & de ceux qui découvrent un pays, de donner le nom de la première contrée qu’ils découvrent, à toutes celles qui sont derrière ou au-delà, quelques grandes souvent & quelque vas-