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ACCORDOIR. s. m. Petit instrument qui sert à accorder les instrumens de musique. L’accordoir d’une orgue est fait en forme d’un petit cône, dont on affuble les tuyaux en les pressant, jusqu’à ce qu’ils soient assez étroits pour les faire descendre aux tons qu’on désire ; ou en poussant la pointe du cône dans le tuyau lorsqu’on le veut élargir & le faire monter. L’accordoir d’un clavecin est fait comme un petit marteau.

ACCORER. Terme de Marine, qui signifie appuyer ou soutenir quelque chose. Sustentare, fulcire.

ACCORÉ, ÉE. part. Ce qui est appuyé. Une vergue accorée.

ACCORNÉ, ÉE. adj. Terme de Blason, qui se dit d’un animal qui est marqué dans un écu avec ses cornes. Cornutus. On le dit seulement quand elles sont d’une autre couleur ou métal que le reste du corps de l’animal. Têtes de vaches de sable, accornées d’argent.

Accorné, ée. adj. Terme de Fortifications. Défendu, couvert par un ouvrage à corne en tenailles. Cornuto propugnaculo munitus, protectus, a, um. Des demi-lunes tenaillées, ou accornées. Les demi-lunes accornées ou tenaillées, (ce dernier terme est plus usité) sont des demi-lunes couvertes par des ouvrages à corne en tenailles, dont le front est couvert de chaque côté, depuis l’escarpe jusqu’à la contrescarpe du fossé de la demi-lune ; de sorte qu’un côté de la tenaille n’a point de communication avec l’autre, & que ses faces qui sont formées par le prolongement de celles de la demi-lune, sont flanquées du corps de la place. Nou. Mém. de Fort.

ACCORT, ORTE. adj. Complaisant, qui sait s’accommoder à l’humeur des personnes avec qui il a affaire, pour réussir dans ses desseins. Comis, obsequens, commodus. Les Grecs l’appellent πολύτροπος. Ce mot vient de l’Italien accorto, qui signifie la même chose. Suivant Voltaire, il vient d’accorder, & signifie conciliant. Il n’est plus d’usage, dit-il, dans le style noble, & on doit regretter qu’il n’y soit plus.

Accort, signifie encore adroit, habile à trouver promptement divers expédiens. Versutus, callidus.

ACCORTEMENT. s. m. Complaisance, l’Art de s’accommoder à l’humeur des personnes à qui on a affaire. Obsequium, obsequentia. Il ne se dit plus.

ACCORTISE. s. f. Il signifie la même chose qu’accortement, & n’est plus d’usage.

ACCOSTABLE. adj. m. & f. Qui se laisse aborder facilement. Facilis, comis. Ce sont des personnes peu accostables. Voit. Ce Conseiller est fort accostable, il écoute paisiblement les parties. Ce mot est de peu d’usage, & ne peut trouver place que dans le style familier.

ACCOSTER. v. a. Approcher de quelqu’un pour lui parler, pour lui apprendre, ou savoir de lui quelque chose, ou pour nouer amitié avec lui. Accedere. On conjugue, je m’accoste ; je m’accostai ; je me suis accosté. Ces mots viennent de ad & de costa, côté ; comme si l’on vouloit dire, se mettre à côté, ou aux côtés de quelqu’un ; c’est-à-dire, se joindre à lui. Il est allé hardiment accoster cette femme. Ce mot n’entre que dans le discours familier.

Accoster, avec le pronom personnel, signifie hanter, avoir familiarité avec quelqu’un. Frequentare. Il ne faut s’accoster que d’honnêtes gens. Ils se défioient tellement les uns des autres, qu’on n’eût osé s'accoster de personne. Vaug. Terme du discours familier qui se dit ordinairement en mauvaise part.

Accoster une manœuvre. Terme de Marine. Voy. Accoter.

☞ ACCOSTE-ABORD. Terme de Marine. Voy. Accoter.

☞ ACCOSTÉ. Terme de Blason. Voy. Accoté.

ACCOSTÉ. ÉE. part. En ces mots l’S se prononce.

ACCOTAR. s. m. Terme de Marine. C’est une pièce de bordage que l’on endente entre les membres du vaisseau, pour empêcher l’eau de tomber entre les membres, ou entre les pièces qui le composent.

ACCOTEPOT. s. m. Petite pièce de fer, courbée en demi-cercle, qu’on met au pied d’un pot, ou d’un coquemar, pour l’empêcher de tomber. Fulcrum. D’autres disent Appuiepot.

ACCOTER, ACOTTER ou ACCOSTER. Terme de Marine. C’est approcher une chose d’une autre. Admovere. On le dit des huniers & des perroquets, quand on fait toucher les coins ou pointes des uns ou des autres aux poulies destinées à cet usage, & qui sont mises exprès au bout des vergues. Accotte, ou accoste, est le commandement pour faire approcher une chose de l’autre. Ainsi on dit à un petit vaisseau pour le faire approcher d’un plus grand, accotte, accoste à bord.

Ces mots viennent aussi du Latin Costa, Côte.

ACCOTER, ou ACCOTTER. v. a. Appuyer en mettant quelque chose à côté d’une autre qui la soutienne. Fulcire, sustinere. Il faut accoter ce coquemar, de peur qu’il ne tombe. Il est aussi réciproque. Il faut s’accoter contre la muraille quand on n’a point de siége. Ce mot a la même origine & le même sens primitif que accoster, qui vient de costa. Il est familier.

ACCOTÉ, ÉE. part. Appuyé. Fultus, nixus.

Accoté, ou Accotté. Terme de Blason, se dit des pièces qui sont posées à côté d’une autre pièce de l’écu. Adpictus, appositus. Le Prêtre-Jean d’Ethiopie porte d’argent, à une croix haussée de gueules, chargée d’un Crucifix, accotée de deux fouets de cordes emmanchés d’azur. Il se dit particulièrement de toutes les pièces de longueur mises en pal, ou en bande, quand elles en ont d’autres à leurs côtés. Ainsi le pal peut être accoté de quatre ou de six annelets, quand il y en a deux ou trois de chaque côté. On dit la même chose de la bande, quand les pièces qui sont à ses côtés, sont couchées dans le même sens, & qu’il y en a le même nombre de part & d’autre. Quand elles sont droites, on nomme alors la bande accompagnée de deux ou de quatre fleurs de lys, ou autres choses dont il faut énoncer la situation. Quand ce sont des pièces rondes, comme des tourteaux, des besans, on peut dire indifféremment accoté, ou accompagné. Le P. Menestrier.

ACCOTOIR, ou ACCOTTOIR. s. m. Ce qui sert d’appui, de soutien à quelque chose. Fultura, fulmentum. Je suis si las, que je cherche un accotoir. Il est bas, hors de la conversation. En particulier, c’est un morceau de bois plat, attaché dans les confessionnaux, ou dans les chaises à porteurs, pour servir d’appui. L’accotoir sert pour s’appuyer de côté, & l’accoudoir pour s’appuyer en avant.

ACCOUCHEMENT. s. f. Enfantement, délivrance d’une femme grosse. Partus, puerperium, partio. Les travaux de l’accouchement sont une des peines du péché originel. Voyez Mauriceau sur cette matière. Il y a un traité latin du terme de l’accouchement des femmes, par Peysonnel, à Lyon, in-8°. Il entreprend de concilier toutes les contradictions apparentes d’Hippocrate sur ce sujet. Il prétend que le terme le plus court de l’accouchement naturel, suivant le sentiment d’Hipocrate, est de 182 jours, ou de six mois entiers & complets, & le plus long de 280 jours, ou de neuf mois entiers & 10 jours, & que les enfans qui viennent avant ou après ce terme, ne vivent point, ou ne sont pas légitimes. Cette opinion est contraire à la Loi, qui déclare qu’un enfant peut naître onze mois après la mort de son pere. Peysonnel répond que cette Loi doit s’entendre d’onze mois, en comptant la fin du premier mois & le commencement de l’onzième, & non pas d’onze mois entiers & accomplis. Bartholin a fait un Livre des conduits extraordinaires par où sort le fœtus ; il rapporte différens exemples d’accouchemens fort extraordinaires. Il y en a où le fœtus est sorti par la bouche ; il y en a où il est sorti par l’anus. Voyez Salmuthus, obs. 94. cent. 3. Le Journal des Savans d’Allemagne, sur l’observation 108. de l’année 1670. Degori, Dict. medical.

ACCOUCHER. v. n. Enfanter, mettre un enfant au monde. Parere, eniti. Il régit l’ablatif. Cette femme est accouchée d’un beau garçon. Elle est accouchée d’un faux germe, ou avant terme. Cette femme étoit accouchée quand la sage-femme arriva. On ne dit point elle a, elle avoit accouché. La Fable raconte que Jupiter accoucha de Minerve. La même nuit qu’Olympias

accoucha