Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, II.djvu/51

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Arbeau dans son Orchésographie, où il donne les noms, les mesures, & la tablature d’un grand nombre de branles qu’on dansoit il n’y a pas long-tems, comme les branles de Bourgogne, qui se dansent à droit & à gauche par une mesure binaire, prompte & légère, les branles du haut Barrois, du Monstier en Der, de Hainault, d’Avignon, &c. Les branles du Poitou, qui se dansent par mesure ternaire en allant toujours à gauche. Les branles d’Ecosse & de Bretagne. On appelle ceux-ci le Tryori. Il parle aussi du branle des Lavandieres, où les danseurs font du bruit par le tapement de leurs mains : du branle des sabots, où on bat du pied, qu’on a appelé aussi le branle des chevaux, à cause de ce tapement de pieds ; du branle des pois & des Hermites ; du branle de la torche, dans lequel le danseur tient un chandelier, une torche, ou un flambeau allumé. Il y a eu aussi des branles morgués & gesticulés, qu’on a appelé de la moutarde, que les Dames appellent branles de la haie, qui ont gégénéré enfin en ceux qu’on appelle branle à mener, qui sont ceux par qui se terminent maintenant tous les branles. En ceux-ci chacun méne le branle à son tour, & puis se met à la queue. Les danses aux chansons sont des espèces de branles. Le branle de sortie est ce qu’on danse à la fin du bal.

Il y a aussi une espèce de petit jeu qu’on appelle Branlemoine.

Branle de S. Elme. (le) Réjouissance ou Fête qui se donnoit autrefois à Marseille, la veille de S. Lazare, pour divertir les étrangers qui venoient en foule à cette fête : on faisoit un branle de tous les plus beaux garçons & des filles les mieux faites qu’on pouvoit trouver : on les habilloit le plus superbement qu’il étoit possible ; les uns représentoient les Dieux de la fable, & les autres toutes les nations du monde. En cet état ils passoient par la ville au son des violons & des tambours. Ce branle, qu’on appeloit communément le branle de S. Elme, a été interrompu depuis long-tems. De Ruffi. Hist. de Marseil, c. 11, p. 400.

On dit proverbialement, qu’on va danser un branle de sortie, lorsqu’on est prêt de s’en aller, ou qu’on est chassé de quelque lieu.

On dit aussi d’un homme ou d’une femme de gaieté excessive, qu’il est fou, ou qu’elle est folle comme le branle gai.

Branle, en termes de Marine, ou hamac, est un lit dont on se sert sur les vaisseaux, qui est suspendu sous le pont par des cordes qui tiennent aux quatre côtés. Il est fait de grosse toile, & renforcé d’un cordage qui lui sert d’ourlet nommé ralingue. Il sert à coucher le soldat. On appelle branle matelasse, une sorte de matelats qui est fait en branle. Quand on veut faire détendre tous les branles d’entre les ponts, afin de se préparer au combat, ou pour faire quelqu’autre chose, on dit Branlebas, ou For-branle.

Branle, en Fauconnerie, Voyez Branler.

Branle, en Horlogerie, s’entend de l’espace parcouru par le régulateur dans une vibration.

BRANLEBAS. s. m. Terme de Marine. Præparatio ad pugnam. Faire branlebas, c’est ôter tous les cadres, hamacs, coffres, & malles qui sont tant sur le gaillard que dans l’entrepont, pour se disposer à un combat. On jette tous les coffres & malles au fond de calle ; les hamacs & matelats servent à faire des retranchemens sur le pont, sur le gaillard & sur la dunette.

BRANLEMENT. s. m. Mouvement de ce qui est agité, de ce qui va de côté & d’autre. Nutatio, jactatio. Il a approuvé son discours par un branlement de tête. Nutatio capitis. Branlement d’un carrosse.

☞ BRANLER. v. a. Agiter, faire aller de côté & d’autre. Branler les jambes, les pieds, la tête. Movere : dans ce sens on dit bassement branler le menton, la machoire, pour dire manger.

Branler est aussi neutre, être agité, chanceler, pancher de côté & d’autre : moveri, nutare, titubare. Le plancher branle : cette femme est si vieille, que la tête lui branle.

☞ Dans ce sens on dit proverbialement que tout ce qui branle ne tombe pas, & figurément, & familièrement qu’un homme branle au manche, pour dire est irrésolu, qu’il n’est pas ferme dans son avis, assuré dans son emploi, dans son poste qu’il est prêt de perdre. On dit de même d’un homme foible qu’il tourne, qu’il branle à tout vent.

Branler, signifie aussi, n’être pas ferme dans une opinion, dans un parti. Fluctuare animo, vaccillare. Il y a plusieurs villes rebelles qui branlent & qui se veulent remettre dans le devoir. Le calme dans l’orage procede de la force de l’ame, qui ne branle point de quelque impétuosité que la fortune la choque. Bal. La renommée de cette victoire arrivée si à propos, affermit l’Asie qui branloit de toutes parts. Vaug.

Branler, signifie aussi, simplement remuer, faire quelque mouvement. Moveri. Si tu branles, je te tue, dit un brigand à celui qu’il vole. Toute la sédition est appaisee, rien ne branle. Il ne faut pas qu’une sentinelle branle de son poste. Huit heures étant venues sans qu’on vît rien branler du côté des ennemis. Bussy.

☞ Dans ce sens, branler se dit du mouvement que font des troupes intimidées, qui par leur contenance font voir qu’elles sont prêtes à fui. L’armée Romaine commençoit à branler. Labere. Quand il vit les ennemis branler, il se mit à les charger. Vaug.

On dit proverbialement, quand je remue, tout branle ; pour dire, je fais trembler tous mes gens. On dit aussi d’un homme puissante, que tout le monde branle sous lui ; pour dire, que tout le monde est prêt de se remuer pour obéir à ses commandemens.

Branler, en termes de commerce, se dit d’un marchand ou d’un banquier qui donne à connoître que ses affaires sont en mauvais état, & qu’il est prêt à faire faillite.

Branler, en fauconnerie, se dit lorsque le faucon se tient haut au premier degré sur la tête du fauconnier ; & qu’il tourne en battant les aîles & remuant la queue.

☞ Outre cette idée principale, le libertinage en a attaché une accessoire au mot branler qui n’est que trop familière aux jeunes gens. Heureux si des réflexions sérieuses sur leur propre intérêt les dégoûtoient d’un exercice aussi contraire à la religion, que préjudiciable à leur santé. Ce dernier motif au moins devroit les toucher.

BRANLÉ, ÉE. part.

BRANLEUR, EUSE, adj. Qui branle. Il n’est guère en usage qu’en un sens odieux & obscène.

BRANLOIRE. s. f. On appelle ainsi un ais posé en travers & en équilibre sur quelques chose d’élevé, & aux deux bouts duquel deux enfans font tour à tour le contre-poids.

Branloire, se dit aussi de la chaîne qui sert à faire mouvoir les soufflets des forgerons, serruriers, Taillandiers, &c.

On dit en Fauconnerie, qu’un héron est à la branloire, lorsqu’il est haut, & qu’il tourne en branlant.

BRANQUE-URSINE, ou BRANCHE-URSINE. Voy. Acanthe.

☞ BRANSKO ou BRANSKI. Ville de l’Empire de Russie, dans le Duché de Séverie sur la Deszna.

☞ BRANSLE (la). Rivière de France qui a sa source dans le Vandomois, arrose quelques villes en Touraine, & se jette dans la Cisse, un peu au dessus de sa jonction avec la Loire.

BRANTA, ou BERNACLE. s. f. C’est une espèce d’oie que l’on trouve en Angleterre & en Ecosse, & qui a donné lieu à plusieurs fables. On a prétendu qu’elle naissoit sur les arbres, & demeuroit suspendue à leurs branches. D’autres ont avancé qu’elle s’engendre du bois vermoulu. Sa chair est moins savoureuse & d’une odeur plus forte que celle de l’oie ordinaire, mais les Montagnards d’Ecosse l’estiment un mets très-délicat. Dict. de James.

BRANTION. s. f. Terme de Fleuriste. Nom de tulipe. Elle est incarnat & blanc. La Brantion Morin