peu soutenues par le contexte : Septante, (Psalmus David) filiorum Jonadab et priorum captivorum ; cxxxvi, de David et de Jérémie ; lxiv, Jeremiæ et Ezechielis populo transmigrationis, cum inciperent exire : CXI, reversionis Aggæi et Zachariæ, en tête du Beatus vir qui n’a aucun rapport à la sortie d’exil ; cxxv, Canticum ad Assyrios, qui semble au contraire une note marginale bien appropriée ; xxvi, David priusquam liniretur ; xxviii, ψαλμὸς τῷ Δαυίδ ἐξοδίου σϰηνῆς, in consummatione tabernaculi, etc.
3° Indications techniques. — Ils contiennent encore des indications techniques, poétiques ou musicales ; par exemple l’espèce particulière de chaque Psaume : mizmôr, ṡir, maskîl, mikṭam, ṡiggâyôn, ṭefillâh ; ṡir yedidôṭ. Voir col. 808.
Quant à la mélodie ou air connu indiqué, nous trouvons les formules suivantes : ʿalmûṭ labbên, ὑπὲρ τῶν κρυφίων τoῦ Yἱoῦ, pro occultis Filii, c’est-à-dire sur l’air ʿalmûṭ labbên (peut-être : la pâle mort), Ps. ix ; ʾal ʾayyéleṭ haš-šaḥar, ὑπὲρ τῆς αντιλήψεος τῆς ἑωθινῆς, pro susceptione matutina, sur l’air : « la biche de l’aurore » ; Ps. xxi(xxii), ʿal-yônaṭʿêlém reḥôqîm, ὑπὲρ τoῦ λαoῦ τoῦ ἀπὸ τῶν ἁγίων μεμαϰρυμμένου, pro populo qui a sanctis longe foetus est, sur l’air : « colombe des lointains térébinthes » ; Ps. lv (lvi), ʿal-ṭasḥêṭ, μῆ διαφθείρης ne disperdas, sur l’air : « ne détruis pas », Ps. lvi (lvii) jusqu’à l"VHi(lix) ; ʿal-ṡûsan ’êdûṭ, τoῖς ἀλλoιωσoμένoις ἔτι, pro iis qui immutabuntur (adhuc), sur l’air : « lis, témoin de… » Ps. lix(lx), ou encore avec variante šôšannîm xliv (xlv), lxviii (lxix), xxix(lxxx). Il faut y ajouter quelques autres indications qui ont un sens vraisemblablement analogue, ʿal-ʿâlâmôṭ, ὑπὲρ τῶν κρυφίων pro arcanis, c’est-à-dire super puellarum (vocem ou modulum), sur (l’air) : « Jeunes filles… » ou « pour voix de jeunes filles, de soprani », Ps. xlv (xlvi) ; ʿal-giṭṭiṭ, ὑπὲρ τῶν ληνῶν, pro torcularibus, « sur la Géthéenne », sur la (lyre ou le ton) de Geth, ville philistine où résida David durant la persécution de Saül, Ps. lxxx (lxxxi) et lxxxiii (lxxxiv) ; ʿal-maḥǎlaṭ, ὑπὲρ Maελέθ, pro mæleth, sur un air ou un instrument de musique dont on ignore la nature, peut-être la flûte qui guide le chœur, ce qui s’accorde assez bien avec la traduction d’Aquila, ἐπὶ χoρεῖᾳ, et de saint Jérôme (su)per chorum ; Ps. lii (lui) et lxxxvii (lxxxviii), voir Mæleth, t. iv, col. 537 ; be-neginôṭ, ἐν ψαλμoῖς, sans doute pour ἐν ψαλτηριoις : Vulgate : in carminibus ; saint Jérôme : in psalmis, sur les « psaltérions », sur les « instruments à cordes », Ps. i’v ; ʿél han-neḥilôṭ, Septante ὑπὲρ τῆς ϰληρονομοῦσῆς, Vulgate : pro eaquæ hæreditatem consequitur, saint Jérôme : super hæreditatibus, c’est-à-dire « sur les flûtes », Ps. v ; voir ces mots, ʿal haš-ṡénûniṭ, ὑπὲρ τῆς oὀγδόης, pro octava, c’est-à-dire pour « la lyre à huit cordes » (ou peut-être « à l’octave » si l’on admet pour les anciens orientaux une échelle musicale semblable à la nôtre), Ps. vi. Enfin la plupart de ces indications ou rubriques sont adressées à un lévite ou officiant dont le nom hébreu est menaṣṣeah, terme rendu par les Septante :Eἰς τὸ τέλος, par la Vulgate, In finem, par saint Jérôme : Victori, et qui doit être traduit par « Au maître de chœur ». Voir Chef des chantres, t. ii, col. 645. On a remarqué que tous ces termes techniques étaient déjà devenus inusités lors de la rédaction des deux derniers livres du Psautier ; il furent même totalement incompris des Septante, qui les traduisirent en les décomposant ou en les remplaçant par des termes de prononciation semblable mais de sens très différent, pris dans le vocabulaire qui leur était familier ; de sorte que les premiers interprètes des Psaumes et les Pères de l’Église, ne trouvant dans ces titres que des mots incompréhensibles, abandonnèrent le sens littéral pour chercher des explications allégoriques plus ou moins étranges, telles que l’explication de saint Ambroise : In Luc., v, c. 6, t. xv, col. 1649 : Pro octava enim multi inscribuntur Psalmi… spei nostræ octava perfectio est ; … octava summa vir lutiim est. Tous les autres termes analogues sont expliqués de même, en y cherchant des sens dogmatiques, mystiques ou moraux. Origène voyait dans les titres des Psaumes « la clef pour en pénétrer le sens, » mais il avouait ensuite que « les clefs avaient été mélangées et qu’il était devenu fort difficile de retrouver celle qui donnait entrée dans chacun des Psaumes. » In Ps. i, n. 3, t. xii, col. 1080. D’après l’analyse que nous en avons donnée, ce sont des indications littéraires, poétiques, musicales et liturgiques, de date suffisamment ancienne mais qui méritent vérification ; on peut les comparer aux rubriques du bréviaire et du missel. Saint Thomas d’Aquin, In Psalm. vi, Opera omn., Parme, 1863, t. xiv, p. 163, reconnaît qu’elles ne remontent pas aux auteurs des Psaumes : Sciendum est quod tiluli ab Esdra facti sunt. Par conséquent on ne peut les considérer comme nécessairement inspirées. L’Église ne les a jamais regardées comme faisant partie intégrante des Psaumes ; dom Calmet, Sur les titres des Psaumes, dans le Commentaire littéral, Psaumes, t. i, p. xxxiv, 1713 ; Noël Alexandre, Histoire de l’Anc. Testament, diss. XXIV, a. i, q.l, ont nié leur inspiration. Certains d’entre ces titres ont même été ajoutés aux Septante par une main chrétienne, pour passer de là dans la Vulgate, et même dans l’Éthiopien, comme Ps. lxv, ψαλμὸς ἀναστάσεως , Psalmus Resurrectionis ; enfin la Peschito les a généralement rejetés etremplacés par des indications chrétiennes : ainsi en tête du Ps. cix, Dixit Dominus, nous lisons : De solio Domini deque virtute ejus gloriosa : et prophetia de Christo et Victoria de hoste.
VII. Caractère des Psaumes ; leur supériorité par rapport aux chants religieux des autres peuples orientaux. — Le Psautier est évidemment un recueil d’hymnes, de prières, de méditations et même de compositions didactiques, histoire, dogme, prophétie, morale ; il appartient à la poésie lyrique, et les Psaumes hébreux peuvent être comparés, quoique infiniment supérieurs quant au fond et généralement aussi quant à la forme, aux psaumes assyriens ou babyloniens, conservés dans les textes cunéiformes ; aux chants religieux de l’Égypte, papyrus ou monuments ; aux Gâthàs de l’Avesta et aux Védas de la littérature sanscrite. Bien que les sections ou coupures pratiquées entre les Psaumes ne soient pas toutes certaines, les titres maintenus dans le texte nous montrent que la plupart sont des poèmes de peu d’étendue — à part le Ps. cxviii (cxix) qui est plutôt un recueil de maximes de morale religieuse, groupées en strophes alphabétiques — les uns servant à la récitation et au culte publics, les autres à la lecture ou récitation privée : les uns étaient destinés à louer Dieu dans le Temple, dans les assemblées religieuses, comme le Confitemini Domino, les autres à la prière privée tels que le Miserere mei ; d’autres aux cérémonies religieuses, tels que l’Exurgat Deus, Ps. lxviii ; d’autres à l’instruction d’Israël, comme les Confitemini, civ et cv (cv et evi) ; beaucoup devaient leur origine à un événement particulier et se récitaient dans des circonstances analogues.
D’autres instruisaient Israël de son passé et de l’avenir que lui prédisaient les prophètes : il y a en outre un grand nombre de Psaumes de caractère individuel, relatifs à toute sorte d’épreuves, maladie, persécution, calomnies, vieillesse, etc. C’est une exagération évidente que celle de Reuss qui voit partout des Psaumes nationaux, où Israël est toujours caché sous la personnification du Psalmiste ; bien qu’il soit suivi par la plupart des critiques contemporains, tels que Duhm, Cheyne, Smend, il suffit de s’en tenir au texte de Psaumes tels que iii, iv, vi, et même xxi(xxii) ou autres semblables pour se persuader du contraire, l’auteur y parlant de circonstances personnelles qu’on ne peut