Page:Dictionnaire de la langue française du seizième siècle-Huguet-Tome1.djvu/201

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vertu, 0 que le corps est beau qui en est revestu. pi. MATTE] ELT1 teffielhis IV, p. 79. — [Sa.int Martin] affublait la haire et, respandant de la cendre sur sa teste et StIr son corps, prioit Dieu couché contre terre de son long. LE LoyEE., Hist. des Spectres, VIII, 13. Deva_nt que Ie vieil Theodore fust appellé par Gratien à l’Empire d’Orient, il songea que Meletie, Patriarche d’Antioche, luy affubloit le manteau Imperial, Iuy meitoit la Couronne sur la teste. Id., ib.., IV, 26. Entrer dans, s’abriter dans. — Il [un esclave fugitif] pense à, ceste heure que la iner eourro-ucee et cramiques larges fleuves l’engloutissent, si bien qu’il luy tarde beaucoup qu’il n’affuble la maison. de son. rnaistre. LE LO.YER„ Hist. des Spectres, IV, 21. Revêtir qqn, se revêtir (sans idée défavorable), coiffer, couvrir, envelopper.. — Au devant de lempereur venoient ses sergens et ministres, affeublez de inanteaulx de pourpre. SEiessEL, trad. d’ApPIEN, Guerre Libyque., ch. 6. — Quels ornemens fait ta Mere a.genser ? Quels apareils de pompeuse dorure Pour affubler ta doillette charnure ? O. DE MAGNYI Dern. Poés., p. 11. — Le Soleil s’en alla, et pendit en escharpe Son carquois d’un costé et de l’autre sa harpe… Il affu.bla son chef dl. rayons tOrtliellX. RONSARD’, Hymn.e de l’Esté (IV, 307). — 11 [Patrocle’afulbia sa teste genereuse D’une sala.de dure et qui estoit crineuse. Am-. jAMTN, Iliade, 75 vo. — de Menale y vint de Pin une couronne Affuble ses eheveux, , eiSOTi front environne. Baïf, Eglogues, 2 011, 13). — Son corps est affublé d’une mante azuree St., mee haut et ba_s d’un milion de feux. Du BARTAS, Uranie.. — Son corps est affublé d’un precieux manteau Où sont represente.z le ciel, la terre et l’eau. Id., 28 Semaine, 212’Jour, les Capitaines. — Si pour honnorer et servir Dieu en esprit et verité il faut rejetter les ceremonies qui nesontcommandees en termes expres da_ns l’Escriture, donques saint Paul ne devon pas ordonner aux hommes de prier descouvertz et les femmes affeublees. St FRANÇOIS DE SALES, Defense de la Croix, II r, 4. Il [Anaxagore] se trouva delaissé de tout le monde en sa vieillesse, et se coucha. ! a teste affublee, en resolution de se laisser mourir de faim. AmyotI Périclés, 16.-11y eut, des ga.rdes qui saiirent Phocion et ceulx qui estoyeal, aupres de luy, Ce que voya.ns quelques autres de ses amis, qui en estoyent un peu loing, s’affublerent le visage, et s’en. fouyrent vistement hors de là. ILL, Phocion, 24. — [Demosthenes] s’affubla la teste avec sa robbe. Id., Démostieé ! nes 29. — Voulez vous lm homme sain, le voulez vous reglé, et en ferme et seure posture ? affublez le de tenebres d’oisiveté et de pesanteur. Montaigne, 1.1. 12 (II, 225). La femme s’en reva a.0 logis pas à pas, Et laisse le mari, qui, courbé, teste nue, Affublé seulement du ciel et de la nue, La faucille en la rriain, ne cesse de couper Le blé, jusques à tant qu’il faille aller sou-PIBRAC, PlirliSin de ia vie rustique (p., iza). — ls marchent pesle-mesle affublez de poussiere. Du BAHTAs, 29 Semaine, 3e Jour, la Vocation. — Ainsi Pallas, Pales, Junon, Ceres, Diane… Affubiees au ciel de l’immortalité, Ont merité çà : bas’ennui de Deité. p. MATTI-IIEU, Vcisthi, III, p. 123. — Jamais ils n’ont cogneu que le Dieu Eternel Qui les affublé de son soin paternel. Id.., Aman, V, p. 111. S’affubler (sans idée défavorable). — Aprcs il [le duc de Guise] s’afubla d’un morion RoNsARD, Poeenes, L. I, Harangue du due de Guise (V, 24)e Se charger, Helisee garda soigneusement le manteau de Melle, et le tint pour honnorable instrument. de miracle pourquoy n’honnoreronsnous le bois duquel Nostre Seigneur s’affeubla jour de son exaltation et de la nostre ? St FB AN ço ES DE SA LES, DejenSe de Ia Creix, I, 5. Affuir. Accourir. — Surprez lo roy, et qu’il. n’y ait eellui Qui près de luy ne fa_ce ung plaisant buy, Criant : Je affuy », le baston en la main.. Poés. franç., VIII, 86. — Si affuyront à toy comme à leur vray patron tous les souclars de ma famille : Cresta_savoir, Sobre plenté, Eloquence non vaine, Congnoissance historiale. LEMAIRE DE BELGES, 21. Fuir, se réfugier. — Le bruit fut grand des affuyan.s : et le cry Inisera_bie des na.vrez. LEMMRE BELGES, filLiStr. le 23. — Ceu.x qui estoient en l’Isthme poursuivoient tousjours besongne, travaillans continuellement, et estimans qu’ilz avoient fuy tant qu’ilz povoient fuir, estans affuis en ce lieu.. SALIAT, trad. d’HÉRODOTE VIII, 74. Affaler (forme dialectale d’affubler). Coiffer. Cela fait, Labour se leva Parla.nt pour tuy et Marchandise… Et, à tout sa grant robe grise, Affulé d’un chappeau pellé, Monstra lors, quoy que l’on devise, Qu’il n’a-voit pas le bec gellé. Poés. franç., VI, 142. — (Fig.) Ce jour au tour de l’année La reste aiant ramenée, Levera mon cuveau La dure poix qui l’affilie.. LI-TC Dg LÀ. PortTE, trad. d_sHoRAGE, Odes, II1, 8. Charger. — A fin de les affilier par ce moyen du joug insolent de sa domination. PEr. E MARNIX Ecrits poi. et hist, p. 1“_. Affulé. Coiffé, ayant les cheveux arrangés. Comme ses barbes morfondus Qui sont demy mors et fondus ITestre senglés parmy les rains, Ses senteurs de chemins forains, Ses coquars aftilés en gresne, Desordre les tient ey en renne. Sotties, 11, 310. S’affuler. Être couronné. — Mon cloz Marseen, Qui d’un blanc ereneau s’affule. Luc i.›E LA. PORTE, tra.d. d’HoRAcE, Epodes, L Affurard (mot d’argot). Sergent.’, Tari hie. et vm, Affurer {mot d’argot), Tromper, voler, — Il me respond que sa balle valoit quatre livres tournois, et que. j’avois part à la concurrence de mes deniers, et qu’eussions affuré Ies ripaux, rippes et milles, et pechons, qui attrimoyent nostre Goesmeloterie pour de l’aubert huré. Var. hist. et Liu., V [I I, 151. — En affinant, selon nostre vouloir et commodité, nous trouvions souvent à. des festins où les pecbons passoient blese, hes et cocsmes, selon leur capacité.. Ib., VIII, 152. — N’Ion compagnon,.. sçachant qu.e nous approehions de la riviere de Loire pour tourner vers noz pareras, s’advisa de m’affurer, c’est-à-dire tromper, ca.r il s’en alla avec mon argent, et ne nie resta que huict sols. Mon autre compagnon s’en alla chez son père, près du lieu où nous estions, tellement que je demeure affuré et seulet. Ib., VIII, 158. Affusion. Action de verser. — Comme la lurniere d’une lampe qui est amortie par affusion de trop d’huile. AmBeL,. PA_R, XVIII, 7.3.. Affust. Agrès. — Leur Pere ; gnace avoit accousturné de dire en ses communs propos, que si, au milieu d’un orage et ternpeste, le Pape luy corrirna.ndoit d’entrer dans une nef desgarnie de pilote, mast, cordages, voiles, et autres affusts, n’y voudrolt contrevenir.. E. Pasquier, Recher-ches, III, 44. Affuster. Mettre sur l’affût. Placer [des en-