Page:Dictionnaire de la langue française du seizième siècle-Huguet-Tome1.djvu/343

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APPELER
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que non pas la langue… Et qu’on presente deux fines_ une aveugle et l’autre muette, on se laissera piustost appaster des yeux de la muette, que de la langue de l’aveugle tant soit elle bien disante. GUILL. BOUCHET, 19e Seree (III, 216). Tromper par un appât. — J’en ay bien apasté d’autres qui ne s’en vantent pas, et qui ont traieté pour moy à deux lins. S’ai. Men.., Harangue de M. le Lieutenant, p. 82. Appastour, Séducteur [Le sexe féminin] Miserable appasteur des hommes vertueux., Les quels il sçait gagner d’un seul traict de ses yeux. Anc. Poés, franç.., 1111)2. Appateler, y. Appaseeler. Appatronner. Conformer à un modèle. — Toute revelation privee, eneores que certaine, pource qu’elle est privee et extraordinaire, doit estre emologuee et auctorisee de la marque pu-blicque, et appatronnee à l’ordinaire autrement nulle et de nul efTect. CHARRON, tes Trois Veniez, III, 2. — La verité est la conformité et correspou-dance de la chose faite à Ia conception qui est en l’esprit de l’ouvrier._ C’est l’accord qui est entre le patron et l’imitation, ou chose appatro-nee. I. Discours Chresiiens, I, a. — Ses membres sont predestinez Fils de Dieu adaptifz. gratis, car aussi sont ilz predestinez pour porter l’image, estre conformes et appattonez au naturel, Ut conformes efficiamur intogini Filii Dei. ID., ib., I, 10. Appattement. — Flatterie de fretillards ap-pattement.s. 1554. Liz CARON, la Claire, 61 b, dans Vaganay, Deux mille mois. Appauvrir (intraris.. Devenir pauvre. — A fin qu’en contribuant de leurs biens, ilz appauvrissent, et no pensent qu’a leur vivre cottidian. L. LE ROY’trad. des Politiques d’ArtisToTE„ IV, 10, Commentaire. Appel, Appeau. L’ancien pluriel appeaux existait encore et s’employait dans la plupart des sens du nouveau pluriel appels_ De plus, de la forme appeaux on avait tiré un singulier analogique, appeau, qui, lui aussi, avait la plupart des sens de la forme régulière appel. Appel. Provocation en duel. — Le 2e [discours] parle et traicte d’aucuns duelz, combatz, camp-clos, apelz, deffis qui se sont faitz, tant. en France BRA.NTÔMEe Pr.HaCe, —1n nos apeis aussitost on a difliny par une belle gloire son différent, ou bien l’on y meurt en belle réputation, pour avoir eu le courage et résolution d’estre entré en estaquade. In., Discours sur les Duels (VI, 389). — II est don.eques meilleur et plus juste de desmesler ses querelles par beaux appels et honorables combats, que par ces assassinats. ID.., ib. (VI, 444). — Ils abiscreat que puis qu’il y avoit appel, il se fallait tuer, comme ils firent, et cela s’appelle r’afinér d’ha_unur. —A, UBLGNÉ, Faeneste, 9. — Car les perfections de due ! sont de faire Un appel sans raison, un meurtre sans colere. AUBI-GNÉ, leS Tragiques, I (IV, 63). Appeau. Appel. — Laissez troppea.ulx, venez à nos appeaulx. Faisans cliappeaulx, Egié et Gala-thee, LEMAIRE DE BELGES, le Temple d’Honneur et de Vertus (IV, 192). — Venez, Pecheurs, sans regarder derriere, \e doutez point de mon celeste appeauMA 11 G. DE : \sv., 128 Marguerites, Comedie du Desert (il,’221 Et apperceu Denville le ehasteau, Onurül entray tout triste sans appeau. JrBouciiËT., Epistres faniilieres du Traverseur, 79. —A l’appeau et cry du Heraud voicy venir sur les relus un qui estait armé à la legere. Arayo.r., Hist. ethiop., L. IV, 40 ri). — Sera-ce quand le pasteur des troupeaulx Fera partout les gene-raulx appeaulx. En separant les bouctz de ses brebis ? MARC. DE NAF., Dern. Poés., Cormedie sur le Trespas du Roy, p. 58. — On les rameine en la maison, en leur faisant suyvir… les souspirs et appeaulx de la poulie. COTEREAU, tra.d. de Co LU-MLLE, VIII, 11. — Combien qu’elles [les die-vres] fussent. au demourant bien apprinses d’obeir à l’appeau de leurs pasteurs. AmToT. Daphnis et Chlee> L. I. 12 ro. Appel en justice. — Opposition ny appeau Ne les sçauroient excuser. R. DE COLLERYE, Mono-togue d’une Dame, p. 74. — Atropos vous menasse… Et par sa chasse vous prendra à sa retz ; Contre son droict ne vault n’apeau n’arest. Anc. Poés. franc., IX, 78. — Tant tint à Tours ferme son estappeau Que il gaigna sa femme par appeau, Et si luy tut sentence prononcée En jugement, queIr il n’a renoncee. BOURDIGNÉ„ Pierre Faifeu, ch. 44. — De deux mille trois cens et neuf sentences par luy données feta appellé par les parties condemnées en la Court souveraine du parlement… toutes par arrest d’icelle ont esté ratifiées.. les appeaulx renversez, et à neant mis. RABELAIS, III, 36. — Nostre Seigneur n’a point voulu recevoir appeaux de toutes causes indiffe-remment en sort peuple. CALvrN, Serin. sur le Deuter., 104 (XXVII, 446). — Nous voyons donc que les appeaux sont ordonnez tant pour les crimes que pour les causes civiles. ID., ib. (XXVII, Mon doulx amy, vous avez fort souffert, Vous estre ainsi à telle peine offert ; N’eussiez-vous sceu de ce faict faire apeau Que vous laisser ainsi batre la peau ? fine. Poés. franç., V, 249. Sonnerie d’une horloge. — Pour ! es appeaulx de l’horloge. Texte de 1.502 (G.). — Les trois ap-peaulx de Vorloge de l’hostel de la ville, Texte de 1531 (G.). — Tu dis maintes gayes sornettes Sur le bruit que font les sonnettes, Accordant. au vol des oyseaux Les horloges et leurs appeaux. Du BELLAY. Jeuz Rustiques, 20, à Bertran Bergier. — Est-il son que tu n’exprimes Dans le naïf de tes rimes, Soit le tin tin des oyseaux, Soit des cous-teaux l’amollie Que le cuisinier manie, Soit les horlogins apeaux ? Passetems, L. IV (IV, 349). — Les bassins de Dodone touchez de petits luastans ren.dans quelque son comme d’appeaux d’orloge et non sans harmonie›., n’estoient que jouets et plaisirs dia.boliques. LE LOYER, Hist. des Spectres, 1V, 20. — Toute cette apres dis.nee son-nerent les appeaux du beffray. Texte de 1609 (G., Compl.). Signal, annonce. — Ceste mommerie n)estoit autre chose que les signes et appeaux d’un nombre infiny de detresses et malheurs à advenir_ JEAN DE LA TAILLE, Singeries de la Ligue. Appeler. Provoquer en duel. — Mon frere, sieur de Matecoulorn, fut convié à Home à seconder [en duel] un Gentil-homme qu’il ne cannois-soit pere, lequel estoit deffendeur, et appelé par un autre. l’itioNTA_IGNE, II, 2’) (III, 1O7). — Et ne faut point doub ter que si le marquis hist esté en la place de Bourbon, qu’il ne l’oust fait appeler ; car il estait haut. à la main et prompt à la vengeance. BRANAME, Cap. estr., Charles de L’Aunoy (I, 229). — Il le Iii appeller par le capitaine Bour-deille… M. le connes table le sceut, qui, sur la vie, fit faire derfence à L’u.n et à l’autre de ne se battre. ID., Cap. franç., M. d’Aussun (IV, 17). — Je LB vis une fois à la court… faire appeller le jeune La Molle à se battre contre luy-. ID., ib., le baron de la Garde (IV, 14.6). — Il vint. avoir querelle contre Saine-Maigrin pour le jeu, et s’appellèrent.