Page:Dictionnaire de la langue française du seizième siècle-Huguet-Tome4.djvu/266

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée
GABIE
248


Sans en nul point de moy estre gabbeur, Bourdigné, Pierre Faifeu, l’Acteur. — Le gabeur Balatron va faire ainsi le drolle. Fr. Habert, trad. d’Horace, Satyres, II, 8, Paraphrase. — Bouffon. Plaisant… gabeur, farceur, M. de la Porte, Epithetes, 54 v°. — Au cinique gabeur. Trad. d’Horace, Epistres (1583), I, 17. — (Avec un nom de chose). Bourde. Mensongere… Fine, gabeuse. M. de la Porte, Epithetes, 55 v°. — Brocard. Injurieux, piquant… gabeur, Id., ib., 58 r°. — Sornette. Plaisante, vaine. facetieuse… gabeuse. Id., ib., 382 v°. — Voir Gaber.

Gabie. Hune. — Il venoit droit à eulx, ayant la teste eslevée comme la hune ou gabie d’un vaisseau. Amadis, IV, 28. — Le pilot. feist caller les boulingues, trinquet de prore et trinquet de gabie. Rabelais, IV, 18. — Le corps du physetere semblait à la quille d’un guallion à troys gabies. Id., IV, 34. — Un gros singe… grimpe amont l’arbre de la navire et entre en la gable. Larivey, trad. des Facetieuses Nuits de Straparole, VIII, 4. — L’autre [navire] avoit sa gabbie toute ronde. Paradin, Hist. de Lyon, p. 347 (G.). — La garde de la gabie commensa à crier : Velle ! Velle ! Monluc, Commentaires, L. III {II, 128). — Une haute vague, surmontant la gabie, emporta avec soy plusieurs personnes du navire. Trad. de Folengo, I. XII (1, 343). — Cingar… monte à la gabie… jette sa veue sur la mer, et l’estend le plus loing qu’il peut. Ib., L. XVI (II, 55).

Gabine. Lesquelz [trésors] on appelloit en Perse les gazes du Roy, comme on pourrait au jourdhuy dire les gabines, qui s’appelle par les Grecz gazophylaces.13tnÉ, Instit. du prince, édit. J. Foucher, ch. 33.

Gabion signalé comme italianisme, — Quand bien nous retiendrions quelques mots italiens ap-partenans au faict de la guerre (comme je serols bien d’avis qu’on list quant à six ou sept, entre lesquels est gabions, pour gabbioni…). H. Estienne, Precellence, p. 354.

Gabionnade (H. D. T.1587). — Je mis la ville en deffence— et Fiz Fere de grandz trenchées et rampars derrière tous nez coingz et portalz bien terrassés et tous les haultz ga bionn és à double ga-bionnade. Mn Ni, uc, Commentaires, L. I I (I, 371). — Avec grandes bravades Ils sont venus pour ga-bionnades Pres de nos murs. Chanson de 1577 (0%, Compl.).

Gabis ( ?). — 1111e sera point fait mention du coral ne du gabis : la sapience est plus precieuse que les perles. CALVIN, la Bible franç., Job, 28 (LN, 550).

Gable, v. Jable.

Gabon (cf. Caban). Caban. — Quiconque, soit masle ou femelle, porte ceste cappe, manteau ou gabon sur soy, quelque part où il aille, n’est aucu¬nement —visible, Trad. de FoteNco, L, XIX (IL 138).

Gabot. Ladre blanc. Voir Cacot.

Gabre, déformatien de galbe ? — Le paon glorieux qui, desployant sa roue, Aux clairs raiz de ses yeux, bragardement se loue, Ne serviroit (111¬n mi, si son gabre bragard Ne po uvoit amuser de on œil le regard, P. MATTIIIEU, Amuït, il, p., 30.

Gache 1. Quartier, au point de vue militaire, à Agen et à Rodez ((1). — Que lesdits consuls au coinmen rem en t de leur armee fassen t neuf con¬seillers c’est les quatre qui ; Jurer’t esté consuls


l’annee precedente et cinq autres desdits manans, c’est de chacune gaiche dudit bourg un. 1535. Confirm, des prie il, des habit, du bourg de Rodez (0.). — foie des soldats de ntilice des gaches de la cille. 1550. Aret). mun. Agen (0.).

Gache 2, v. Gasche.

Gachir. Se gachir. S’écraser. — Qui a veu quelquefois, quand une ville prise Par Pennemy vainqueur est au pillage mise, Le peuple espou-vanté, pour la mort eviter, A la foule, à la foule aux portes se jetter, S’estouffer, se gachir à cause du grand nombre Des fuyants accourus, qui s’en. trefont encombre, Cestuy là se potirroit repre-sen ter l’effort Que ces seigneurs faisoyent de se l’aster la mort. R. GARNIER, les Juifoes, 1175. Gaehy. Écrasé. — Son corps est tout froissé, tout moulu, écaché, Rompu, brisé, gachy, demembré, dehaché. lu, , la Troade, 1940.

Gadde. Chèvre sauvage. — Candie abonde moult en gaddes que nous disons chievres vestres. F0SSET1ER, Croît. Marg., I, 76 vo (G.).

Gadille. Rouge-gorge. — Philomele en avril ses plaintes y jargonne… L’arondelle Pesté, le ra¬mier en autonne, Le pinson en tout temps, la ga-dille en hyver. ReNsAnn, Sonnets pour Helene, L. II, Stances pour la fontaine &Helene (I, 333).

Gadouard. Celui qui enlève les immondices. — Ramonneurs de cheminees et cure retraitz, ga-douars et gens de voirie. JOUBERT, Err. pop., ire part., V, 9 (0., Compl.).

Gadoue. Immondices, — Mille cuisans sou-spirs, mille larmes ameres Tesmoignerent Pennuy, le dueil, le crevecœur Qu’ils eurent en ce temps de vuiller, é l’horreur ! La gadoue d’Egypte et les’Layes puantes, Et porter sur le dos force briques pesantes, R1V.AUDEAU, Aman, I, p. 58.

Gaf. Gaffe. — Ententifs à repousser… avec des gafs de fer, les vaisseaux plains (l’huile jettés par ceux du chasteau. Noguier, Hist. tolos., p. 310 Compl.).

Gafelages. Mets imaginaire. Rabelais, V, 33 ms.

Gagate (γαγάτηζ, lapis gagates, jais). — Une pierre gagate, laquelle nous metterons sus la braze. P.A-BELA1S, Ill, 25. — Gagates est dict vul¬gairement ambre noir, on en raid des pale-nostres ; il est splendide et luysant, en sorte que plusieurs le nombrent entre les pierres precieuses il est. de couleur noir et attire la paille et le festu. LE BLANC, trad. de CARDAN, Subtile invention, 138 vo (Sainéan, Rev. du X V le siêrle, IV, 99). — Or la gagate est de noire couleur, Tendre, fragile, et presque de l’odeur Du soulphre vif. R. BEL-LEAU, les Amours des pierres precieuses, la Gagate (11, 251). — Pour la distillation des metaux et mineraux, comme Palum, l’ambre, le gagatés, et semblables. AMBR. l’Aile :, XXVI, 1, — L’ambre noir, c’est le pilet appelé gagate, ainsi est il porté par le flot de la mer. E. BIN ET, Merv. de nat, ch. 21, p. 185 (Gay. Gloss. archéol.).

Gage. Desservir les gages militaires. Servir dans l’armée. — Le tiers grand pere de Auguste des¬servit les gages militaires en Sieille sur la seconde bataille des Carthagiens, Meung, D E Ta uns, trad. de SUÉTONE, II, ei’à ro.

Demeurer pour gage, pour les gages. Subir un dommage, être pris, maltraité, tué, mourir. — Gardons nous bien qu’il ne nous advienne comme Ion (lit. de plusieurs marchans de mer. qui… sans vouloir mettre bride à leur convoitise, ne cessent