Page:Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 4.djvu/15

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


[APERÇU] - 7 - [CONSTRUCTlON]

connaître les premiers éléments de son art, ainsi qu’il arrive trop souvent. Dans ces temps «sl’ign«î›rane¢*- et de barl ;›arie, les plus intelligents, ceux qui s’étaient elèves par leur propre génie au-dessus de l’ouvrier vulgaire, étaient seuls capables de diriger une construction ; et la direction des bâtisses, forcément limitee entre un nombre restreint d’hommes supérieurs, devait, par cela même, produire des œuvres originales, dans l’exécution «lesquelles le raisonnement entre pour une gïgrande part, où le calcul est apparent, et «lont la forme est revêtue «le cette distinction qui est le caractère 1š ; u-i1¢uli.s›1- des constructions raisonnées et se soumettant aux hesoins et aux usages d’un peuple. Il faut bien reconnaître, dussions-nous être désignés nous-mêmes comme des barharcs, que la beauté d’une construction ne réside pas dans les perfectionnements apportés par une civilisation et une industrie très-développées, mais dans le judicieux emploi des matériaux et des moyens mis a la disposition du constructeur. Avec nos matériaux si nombreux, les métaux que nous livrent nos usines, avec les ouvriers habiles et innomli›ralî›les de nos cités, il nous arrive d’élever une roieistriu-lion vicieuse, absurde, ridicule, sans raison ni économie ; lamlis qu’aver du moellon et du bois, on peut faire une bonne, helle et sage ¢*«›nstru¢-timi. Jamais, que nous sachions, la variété ou la perfectimi de la malieie employée n’a été la preuve du mérite de celui qui l’emploie ; et d’excellents lllölél’iäl1X sont détestables, Siils SOIIÎ mis en uéll’l’e hors (le la place ou de la fonction qui leur convient par un lionmie dépourvu de savoir et de sens. Ce dont. il faut s’enorgueillir, c’est «lu lion et juste emploi des matériaux, et non de la quantité ou de la qualité de res matériaux. Cela dit sous forme de parenthèse el pour engager nos lerteurs à ne pas dédaigner les constructeurs qui n’avaient il lem- disposition que de la pierre mal extraite, du mauvais moellon tire sur le sol, de la chaux mal cuite, des outils imparfaits et «île l’ail ›les engins : car, avec des éléments aussi grossiers, ces constructeurs peuvent nous enseigner d’excellents principes, applicables dans tous les temps. lît la preuve qu’ils le peuvent, (*`P’Si qu’ils ont formé une école qui, au point. de vue de la science pratique ou théorique, du judicieux emploi des matériaux, est arrivée à un.ïlegré de perfection non surpasse dans les temps modernes. Permis à ceux qui enseignent l’architecture sans avoir pratiqué cet art de ne juger les productions architectoniques des civilisations antiques et. modernes que sur une apparence, une l’orme superficielle qui les séduit ; mais pour nous qui sommes appelés a construire, il nous faut. chercher notre enseignement a travers les tentat.ives et. les progrès de ces architectes ingénieux qui, sortant du néant, avaient. tout à faire pour résoudre les problèmes poses par la société de leur temps. Considérer les constructeurs du mu).’en âge comme des barbares, parce qu’ils durent renoncer a construire suivant les méthodes des Romains, c’est ne pas vouloir lenir compte de l’etal de la société nouvelle ; c’est, me(-onnaître les mmlitications profondes introduites dans les mœurs par le cl’|ristianisme, appuye sur le génie des