Page:Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 4.djvu/17

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[APERÇU] - 9 - [CONSTRUCTlON]

ou les châteaux qu’ils habitaient peuvent être cependant construits avec sagesse, économie et une grande libei-le dans l’ernploi des inovens. UMP construit.ion n’est pas /kumtique, U/I]II’('SSI.l, ’B, ty :-«innz’q-e : ces épithètes n’ont pas encore été appliquées à l’assemblage des pierres, du bois ou du fer. Une construction est bonne ou mauvaise, judicieuse ou dépourvue de raison. Si nous n’avons rien à prendre dans le code féodal, ce n’est. pas dire que nous n’ayons rien à prendre dans les constructions de ce temps. Un parlement condamne de malheureux Juifs ou sorciers à être brûlés vifs ; mais la salle dans laquelle siége ce p : u*Iernent peut être une construction t’ort bonne et mieux bâtie que celle on nos magistrats appliquent. des lois sages, avec un esprit éclairé. Un homme de lettres, un hist.orien dit, en parlant d’un château t’eo¢lal : <« Ce repaire « du brigandage, cette demeure des petits despotes tyrannisant leurs « vassaux, en guerre avec leurs voisins.... » Aussitôt chacun de crier /mro sur le châtelain et sur le château. En quoi les édifices sont-ils les complices de ceux qui les ont fait bâtir, surtout si ces édifices ont été élevés par ceux-là mêmes qui étaient victimes des abus de pouvoir de leurs habitant.s ?Les Grecs n’ont-ils pas montré, en maintes circonstances, l’int.olérance la plus odieuse ? Cela nous empéi ;-he-t-il d’admirer le Parthénon ou le temple de Thésée ?

Ilest. bien temps, nous le croyons, de ne plus nous laisser éblouir, nous architectes, par les discours de ceux qui, étrangers la pratique «le notre art, jugent des œuvres qu’ils ne peuvent comprendre, dont ils ne connaissent. ni la structure, ni le sens vrai et utile, et qui, mus par leurs passions ou leurs goûts personnels, par des études exclusives et un espritde parti éti-oit, jettent l’anathème surdes artistes dont les eflîn-ts, la science et fexpérienoe pratique nous sont, aujoui-d’hui encore, d’un grand secours. Peu nous importe que les seigneurs féodaux fussent des tyrans, que le clergé du moyen âge ait été corrompu, ambitieux ou fanatique, si les hommes qui ont bâti leurs demeure s’étaient ingénieux, s’ils ont aimé leur art et l’ont pratiqué avec savoir et soin. Peu nous iniporte qu’un cachot. ait. renfermé des vivants pendant des années, si les pierres de ce cachot sont assez habilement appareillées pour offi-ir un obstacle infranchissable ; peu nous importe qu’une grille ait fermé une charnbre de torture, si la grille est bien combinée et le fer bien forge. La confusion entre les institutions et les produits des arts ne doit point exister pour nous, qui cherchons notre bien partout ou nous pensons le trouver. Ne soyons pas dupes à nos dépens de doctrines exclusives ; blamons les mœurs des temps passés, si elles nous semblent mauvaises, mais n’en proscrivons pas les arts avant de savoir si nous n’avons aucun avantage tirer de leur étude. Laissons aux amateurs éclairés le soin de discuter la prééminence de l, ül’(Î|’lil€(îllll’B grecque sur architecture romaine, de celle-ci sur l’architecture du moyen âge ; laissons-les traiter ces questions insolubles ; écoutons-les, si nous n’avons rien de mieux in faire, discourir sur notre art sans savoir comment se trace un panneau, se taille et se pose une pierre : il n’est point permis de professer la méde-lv.-2 0