Page:Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 4.djvu/21

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[PRINCIPES] - 13 - [CONSTRUCTlON]

condit.ions les moins désavantageuses, et, afin de préserver ces matériaux des att.eintesdel’humidité et des effets de la gelée, ils cherchaient à les soust.raire aux agents atmosphériques en les couvrant. par des combles saillants, en les éloignant du sol, à l’extérieur, par des assises de pierres qu’ils allaient. acheter dans des carrières plus éloignées. Il y a toujours, dans les œuvres des hommes qui ne comptent que sur leurs propres ressources et. leurs propres forces pour agir, une certaine somme d’intelligence et d’énergie d’une grande valeur aux yeux de ceux qui savent. voir, ces «I-uvres fussent-elles imparfaites et grossières d’ailleurs, qu’on ne trouve pas dans les œuvres produites par des hommes très-civilisés, mais auxquels l’in¢*lustrie fournit de nombreux éléments et qui n’ont aucun effort à faire pour satisfaire a tous leurs besoins. Ces chercheurs primitifs deviennent souvent alors des maîtres et leurs efforts un enseignement précieux, rar il faut évidemment plus d’intelligence pour faire quelque chose lorsque toutes les ressources manquent. que lorsqu’elles sont à la portée des esprits les plus médiocres.

Les constructions romaines, par suite de la stabilité absolue de leurs points d’appui et la concrétion parfaite de toutes les parties supérieures (résultat obtenu, comme nous l’avons déjà dit, au moyen de ressources immenses), présentaient. des masses immobiles, passives, comme le pourraient être des monuments taillés dans un seul bloc de tuf. Les constructeurs romans, ne pouvant disposer de moyens aussi puissants, reconnurent. bientôt. que leurs hâtissesn’offraient. pas un ensemble concret., lié, une agglomération parfaitement stable ; que les piliers, formés de placages de pierre enfermant. un blocage composé souvent de médiocre mortier, que les murs, déliaisonnés dans toute leur hauteur, subissaient. des effets, des tassements inégaux qui causaient des déchirures dans les constructions, et, par suite, des accidents graves. Il fallut donc chercher les moyens propres à rendre ces effets nuls. Les constructeurs romans, dès le xl* siècle, voulurent, par des motifs développés ailleurs, (voy. ARCHITECTURE), voûterla plupart de leurs grands édifices. Ils avaient hérité des voûtes romaines, mais ils étaient. hors d’état de les maintenir par les moyens puissants que les Romains avaient pu adopter. Il fallut. donc encore que leur intelligence suppléât à ce défaut de puissance. La voûte romaine ne se peut maintenir qu’à la condition d’avoir des points d’appui absolument stables ; car cette voûte, soit en berceau, soit clfaréte, soit en demi-sphère, forme, lorsqu’elle est achevée, une croûte homogène sans élasticité, qui se brise en morceaux s’il survient quelques tassements. Voulant. faire des voûtes à l’insfar des Romains, et ne pouvant. leur donner des points d’appui al*›s« ›lument stables, il fallait. que les const.rucfeurs romans trouvassent, pour les maintenir, une méthode nouvelle en rapport avec Finstabilite des points d’appui destinés à les porter et et les contre-buter. La tache n’était pas aisée a remplir : aussi les expériences, les tittonnenients, les essais furent-ils nombreux ; mais cependant, dès l’origine de ces essais, on voit naître