Page:Dictionnaire topographique, historique et statistique de la Sarthe, Tome I - Julien Remy Pesche.djvu/270

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CCXLVI
PRÉCIS HISTORIQUE,

huissiers, greffiers, procureurs, à plus forte raison juges et avocats. On leur interdit aussi les fermes du roi, même dans les emplois subalternes. Leurs noms furent rayés des universités, des rôles de la maison du roi, de celles des princes et de toute la famille royale. On retrancha non-seulement aux officiers, même aux veuves et aux enfans opiniâtres, les pensions, les honneurs, le droit de noblesse, et les autres distinctions attachées à ces places. Enfin, il ne leur fut plus permis de pratiquer publiquement la médecine, la chirurgie, la pharmacie, ni même l’état de sages-femmes.

« C’était peu d’inquiéter le troupeau, si on ne frappait les pasteurs ; mais le temps n’était pas encore venu de les proscrire : on se contenta de les gêner dans leurs personnes et dans leurs fonctions. Le ministère fut interdit aux étrangers ; on défendit aux pasteurs de s’entremettre d’affaires publiques, de porter l’habit ecclésiastique, de s’intituler ministres de la parole de Dieu, d’appeler leur religion réformée, sans ajouter le mot prétendue ; de faire corps et d’aller en cette qualité, saluer et haranguer les personnes de distinction ; d’avoir dans les temples des bancs élevés pour les magistrats de leur religion, de les orner de tapis aux armes du roi ou de la ville, et de leur faire cortège en entrant dans le temple, ou en sortant. Il ne leur fut plus permis de faire le prêche ailleurs que dans le lieu ordinaire de leur résidence, ou de le faire en plus d’un lieu, sous prétexte d’annexé ; d’exercer hors des temples, et plus de trois ans dans le même endroit ; d’entrer chez les malades de peur qu’ils ne les empêchassent de se convertir ; de visiter les prisons, de rien laisser échapper dans leurs sermons contre la religion catholique, et de célébrer les baptêmes, les mariages, les enterremens avec un éclat qui pût attirer de la considération à leur ministère. Quant aux consistoires et aux synodes, la cour diminua leur pouvoir, en les rendant moins fréquens, en y envoyant des commissaires fermes, se faisant instruire des délibérations, et interdisant