Page:Diderot - Œuvres complètes, éd. Assézat, XIX.djvu/232

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Où vos sots docteurs ont coutume
De noyer les Césars et les rois de Maroc.
Quel que puisse être le maroufle
Que vous nommez pape ou mufti,
Je ne baiserai point son cul, ni sa pantoufle.
Prêtres noirs qui damnez Marc-Aurèle et Zampti,
Par qui Confucius comme un lièvre est rôti.
Le diable qui les brûle est celui qui vous souffle.


Ces diables, ce bitume, ces prêtres vous chiffonnent-ils encore l’imagination, et voulez-vous quelque chose de plus gai, de plus fou ? Voici une autre pièce adressée à sa sœur :

Vivons en famille :
C’est le destin le plus doux
De tous.
Nous serons, ma fille.
Heureux sans sortir de chez nous.
Les honnêtes gens
Des premiers temps
Avaient d’assez bonnes mœurs ;
Et sans chercher ailleurs,
Ils offraient leurs cœurs
À leurs sœurs.
Sur ce point-là nos aïeux
N’étaient point scrupuleux.
Nous pourrions faire,
Ma chère,
Aussi bien qu’eux,
Nos neveux[1].


Les suivants ont été faits pour une jeune personne née le jour du solstice d’été :


On vous ébauchait en automne,
On vous achève dans l’été.
Vous pourriez ressembler à Cérès ou Pomone ;
Mais, à dire la vérité,
Vous tenez de plus près à Flore qu’à personne.

  1. Cette pièce d’un ton si singulier, adressée à une sœur, n’a point été recueillie dans les œuvres de l’auteur. (T.).