Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 12.djvu/481

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


PEYQ, s. m. (Hist. mod.) valet-de-pié du grand-seigneur. Ils portent à leur tête un bonnet d’argent doré, avec une plume grise ou blanche qui pend par-derriere.

PEYREHOURADE, (Géog. mod.) en latin du moyen âge, Petra-Forata, petite ville de France, dans le pays des Landes, au confluent de l’Adour & du Gave. Elle est chef-lieu du vicomté d’Orthez.

PEYRUSSE, (Géog. anc.) petite ville de France, dans le Rouergue : elle est sur une montagne, au pié de laquelle passe la petite riviere de Diege, à 4 lieues de Capdenac, 109 de Paris. Long. 18. 40. latit. 44. 36. (D. J.)

PEYSE, s. f. (Monnoie.) petite monnoie de cuivre qui a cours dans les Indes orientales, particulierement à Amadubath, ville des états du Mogol. Les 26 peyses font un mamoudis, & les 54 une roupie ; ainsi la peyse est environ deux sols de France. (D. J.)

PEZGALLO, (Ichthyolog.) c’est-à-dire poisson-coq ; c’est un poisson de la mer du Sud, ainsi nommé par les créoles de l’Amérique méridionale, de la crête ou trompe qu’il porte sur le museau. Les François l’appellent demoiselle, ou éléphant ; toutes dénominations qui ne sont pas meilleures les unes que les autres. Il a sur le dos un aiguillon si dur qu’il pourroit servir d’aleine pour percer les cuirs les plus durs. M. Fresier auroit dû entrer dans d’autres particularités sur la structure de ce poisson, au lieu de se contenter de nous dire, qu’on en pêche quantité à Quillota, & qu’on les fait sécher pour les envoyer à San-Jago. (D. J.)

PF

PFAFFENHOFEN, (Géog. mod.) ville du bailliage d’Allemagne, dans la haute Baviere, sur l’Iln, à 12. lieues d’Ingolstad, 18. de Munich. Long. 28. 35. latit. 49. 5. (D. J.)

PFEFFERS, s. m. (Géog. Hist. nat.) abbaye célebre de la Suisse, située dans le voisinage des Grisons, à deux lieues de Coire, dont l’abbé est prince de l’Empire. C’est auprès de cette abbaye que l’on trouve une source d’eau thermale très-renommée par son efficacité. Cette source est au fond d’un précipice affreux, entouré de tous côtés par les Alpes ; son eau cesse de couler vers le commencement d’Octobre, & elle recommence au mois de Mai. Les eaux de Pfeffers se nomment en latin thermæ fabariæ, ou thermæ piperinæ.

PFIN. (Géog. mod.) en latin Fines, ou ad Fines, petite ville de Suisse, dans le Thourgaw, sur le bord du Thour, près de Stein, chef-lieu d’un bailliage de même nom, dépendant du canton de Zurich, qui y envoie un bailli, dont la résidence est dans le château. Les Romains avoient bâti-là une place pour arrêter les incursions des Germains & des Helvétiens. On voit encore les murailles de l’ancienne ville, & l’on a déterré quelques médailles dans le voisinage. Les comtes d’Eberetein possédoient cette place dans le xvj. siecle. Un gentilhomme nommé nommé Wambold, en fit l’acquisition, & après sa mort, ses héritiers la rendirent à M. de Zurich.

PFORTZHEIM, (Géog. mod.) petite ville d’Allemagne, dans la Suabe, au marquisat de Bade-Dourlach, aux frontieres du Craichsgow ; elle est sur la rive d’Entz, à 42 milles est de Dourlach, 8 nord-est de Haguenau, 7 sud-ouest de Heidelberg, 6 sud-est de Spire. Long. 27. 17. lat. 48. 55.

Reuchlin (Jean), l’un des savans hommes en langue latine, grecque, & hébraïque, que l’Allemagne ait produit dans le xvj. siecle, naquit à Pfortzheim. On le connoît aussi sous le nom de Fumée, & de Capnion, parce que reuch en allemand, & καπνίον en grec, signifient fumée. Il s’attira beaucoup d’en-


nemis, pour avoir obtenu de l’empereur qu’on ne brûlât pas les livres des Juifs, où il n’étoit point question de religion. Il donna lui-même plusieurs ouvrages où regnent l’érudition des langues, aussi loin qu’elle avoit été portée jusqu’alors. Il mourut en 1512, à 67 ans. Quelques écrivains lui attribuerent les Litteræ obscurorum virorum, dans lesquelles on tourne plaisamment en ridicule les théologiens scholastiques ; mais ce badinage est de Henri Hutten ; Reuchlin ne possédoit point l’esprit de raillerie ; il étoit toujours grave & sérieux dans ses écrits.

PFREIMBD, (Géog. mod.) petite ville d’Allemagne, au cercle de Baviere, dans le Nord-Gow. Long. 29. 57. lat. 49. 30.

PFULLENDORFF, (Géog. mod.) petite ville impériale d’Allemagne, au cercle de Suabe, dans le Hégow, sur la riviere d’Omdelspach, à 7 lieues nord de Constance, 12 sud-ouest d’Ulm, 4 nord d’Uberlingen. Long. 26. 58. lat. 48.

PH

PHABIRANUM, (Géog. anc.) ville de la Germanie, dans sa partie la plus septentrionale, selon Ptolomée, qui la met liv. II. c. vj. entre Ecclesia & Treva. On croit que c’est présentement la ville de Brême.

PHACOLITHUS, (Hist. nat.) nom que quelques naturalistes ont donné à la pierre lenticulaire. Voyez Lenticulaire.

PHÆCASIE, s. f. (Littérat.) phæcasia, c’étoit le nom d’une espece de chaussure des anciens. Hesycchius dit que c’étoit une chaussure de laboureur semblable à des brodequins de toile. D’autres disent qu’on nommoit ainsi les souliers des philosophes. Appien, de bello, prétend que c’étoit la chaussure des prêtres d’Athènes & d’Alexandrie ; mais il ajoute que les philosophes qui fuyoient le luxe, la portoient ainsi, de même que les gens de la campagne. Voyez de plus grands détails dans Hoffman, Lexic. univers.

PHÆCASIEN, adj. (Littérat.) on donnoit à Athènes ce nom à quelques divinités, soit parce qu’elles étoient représentées avec des phæcasiens aux piés, soit parce que leurs prêtres en portoient, ou qu’ils en prenoient lorsqu’ils offroient des sacrifices à ces dieux.

PHÆACIE, (Géog. anc.) phæacia ; île de la mer Ionienne, qu’Homere appelle tantôt phæacia, & tantôt Pheria : elle fut ensuite appellée Corcyra ; mais son premier nom étoit Drépané ; c’est aujourd’hui Corfou, près des côtes d’Albanie, à l’entrée du golfe de Venise.

Du tems qu’Alcinoüs régnoit dans cette île, la brillante jeunesse n’y respiroit que la volupté. Alcinoüs lui-même le reconnoît en parlant de sa cour, dans le VIII. liv. de l’Odissée. « Les festins, dit-il, la musique, la danse, les habits, les bains chauds, le sommeil & l’oisiveté, voilà toute notre occupation ». C’est d’après Homere, qu’Horace, Epist. ij. lib. I. voulant peindre les désordres des Romains, dit :

Nos numerus sumus, & fruges consumere nati,
Sponsi Penelopæ, nebulones, Alcinoique,
In cute cur andâ plus æquo operata juventus,
Cui pulchrum fuit in medios dormire dies, &
Ad strepitum citharæ cessantem ducere curam.


« A quoi sommes-nous bons nous autres, sinon à boire & à manger ? Semblables aux amans de Pénélope, ou aux courtisans d’Alcinoüs, tous vrais débauchés, qui n’avoient d’autre occupation que celle de leurs plaisirs, & qui faisoient consister tout leur bonheur à dormir jusqu’à midi, & à rappeller le