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Renonciation à une succession, voyez Succession.

Renonciation à une succession future, voyez Succession.

Renonciation des filles en faveur des mâles, voyez Succession.

Renonciation au senatus consulte velleïen, ou velleïen simplement, voyez Senatus consulte velleien. (A)

Renonciation, (Droit politique.) les renonciations forment un objet très-important dans le droit public de l’Europe. Il seroit curieux d’examiner les principes de chaque nation sur cette matiere, & de rapporter les sentimens des plus fameux jurisconsultes, en faisant voir sur quels motifs ils sont appuyés ; mais comme cette discussion pénible me meneroit trop loin, c’est assez d’indiquer ici la besogne à entreprendre en ce genre. D’ailleurs, je n’oserois me flatter que ce que je pourrois dire sur la validité ou l’invalidité des renonciations fût adopté par les politiques ; ils ont trop d’intérêt que cette question demeure indécise. (D. J.)

RENONCULE, s. f. (Hist. nat. Botan.) ranunculus ; genre de plante à fleur en rose, composée de plusieurs pétales disposés en rond. Le calice est formé ordinairement de plusieurs feuilles ; le pistil sort du milieu de cette fleur, & devient dans la suite un fruit presque rond ou cylindrique, ou en épi. Les semences sont attachées à l’axe de ce fruit, c’est-à-dire au placenta, & pour l’ordinaire elles sont nues. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante.

Le calice de ce genre de plante est ordinairement de plusieurs pieces. Il est quelquefois à six feuilles, & communément passager ; sa fleur est en rose, composée d’ordinaire de cinq ou six pétales, & garnie d’un grand nombre d’étamines ; son fruit est rond ou oblong, & contenu dans des capsules, dont chacune est munie d’un tube recourbé qui varie selon l’espece.

Les familles des renoncules sont si nombreuses, que Tournefort, pour y mettre de l’ordre, a été obligé de les diviser en sept sections ; savoir, 1°. celle des renoncules à port d’anémones ; 2°. celles qui ont les feuilles arrondies : 3°. celle des renoncules asiatiques ; 4°. celle des renoncules à feuilles luisantes & lustrées ; 5°. celle des renoncules d’aconit ; 6°. celle des renoncules à feuilles capillacées, ou finement découpées ; 7°. celle des renoncules à longues feuilles.

La premiere section renferme sous elle 13 especes ; la seconde 35 ; la troisieme 33 ; la quatrieme 10 ; la cinquieme 41 ; la sixieme 8, & la septieme 22.

Toutes les différentes especes de renoncules sont domestiques ou sauvages. Les premieres se cultivent dans les jardins à cause de la beauté de leur fleur ; les autres naissent sans culture dans les bois, dans les champs, dans les prés, dans les marais, sur les montagnes, sur les rochers. La plûpart ont leur racine ou fibrée, ou glanduleuse, ou en navet, puisque toutes sont âcres, caustiques & venéneuses prises intérieurement.

Mais entre le grand nombre d’especes de renoncules rangées par Tournefort sous différentes sections, il suffira d’en décrire ici quatre des plus communes ; savoir, 1°. la renoncule bulbeuse ; 2°. la renoncule des bois ; 3°. la renoncule des prés ; 4°. la renoncule des marais ; ajoutons 5°. la renoncule orientale à feuilles d’aconit.

La renoncule bulbeuse à racine ronde ou à tubercule charnu, & qu’on nomme vulgairement le pié de corbin, en anglois the bulbous crowfoot, est le ranunculus radice verticilli modo rotundâ, C. B. P. 179. I. R. H. 289. Linnæus l’appelle ranunculus calicibus retroflexis, pedunculis sulcatis, caule erecto, foliis compositis, flor. succ. 170.

Sa racine est ronde, bulbeuse, plus ou moins gros-


se ; elle pousse une ou plusieurs tiges droites quelquefois à la hauteur de plus d’un pié, velues, garnies par intervalles de feuilles découpées en plusieurs lanieres, minces & longuettes. Au sommet des tiges naissent des fleurs ouvertes d’une belle couleur jaune, luisante, ordinairement simples, à cinq pétales ou feuilles arrondies & nectariferes, disposées en rose ; les feuilles du calice sont réfléchies vers le pédicule.

Lorsque les fleurs sont passées, il leur succede des fruits arrondis dans chacun desquels sont ramassées plusieurs semences en maniere de tête. Cette plante fleurit en Mai, & se trouve presque par-tout, comme dans les pâturages, dans les prés un peu secs, le long des sentiers, aux lieux sablonneux & pierreux, où elle croît quelquefois si petite, qu’à peine a-t-elle trois pouces de haut.

Tragus remarque que cette plante enfonce tous les ans plus profondément en terre sa vieille racine, au-dessus de laquelle il s’en produit une nouvelle. Elle ne donne que des fleurs simples à la campagne ; mais transplantée & cultivée dans les jardins, elle fournit une agréable variété de fleurs doubles ; quelquefois même la premiere fleur en pousse une seconde, & cette seconde une troisieme.

La racine de cette plante entre assez mal-à propos dans l’emplâtre diabotanum de la pharmacopée de Paris, cette racine étant verte est extrèmement âcre & caustique. Quelques auteurs la recommandent pour faire des cautères & des vésicatoires ; mais il ne faut point avoir recours à des remedes suspects & dangereux quand on en connoît de meilleurs.

La renoncule des bois, autrement dite la fausse anémone printaniere des forêts, est appellée anemon nemorosa, flore majore ex purpuro rubente, vel candido, C. B. P. 176. Ranunculus phragurites albus & purpureus, vernus, par Tournefort I. R. H. 285. Anemone seminibus acutis, foliolis incisis, caule unifloro, par Linn. Hort. cliff. 224.

Sa racine est longue, rampante, purpurine ou brune en-dehors, jaunâtre dans sa primeur, blanche en-dedans, garnie de fibres capillaires, d’un goût âcre, & qui enflamme le gosier quand on la mâche. Elle pousse une petite tige déliée, rougeâtre, haute d’une palme & demie & plus. Vers le sommet de la tige naissent trois feuilles sur des pédicules, velues, tantôt verdâtres & tantôt purpurines, divisées chacune en trois découpures. La sommité de la tige porte une fleur unique, une ou sans calice, tantôt blanche, tantôt purpurine, composée de six pétales oblongs, & contenant au milieu plusieurs étamines jaunâtres. Après que la fleur est passée, il lui succede des semences nues, ramassées en tête, oblongues, velues, à pointe recourbée.

Cette plante fleurit au commencement d’Avril ; on la trouve dans les bois & les broussailles un peu humides, quelquefois même à fleur double, soit blanche, soit purpurine.

La renoncule des prés est le ranunculus pratensis, repens, hirsutus, C. B. P. 179. I. R. H. 289. Ranunculus calicibus patulis, pedunculis sulcatis, stolonibus repentibus, foliis compositis, Linn. flor. suec. 170.

Sa racine est petite, rampante, toute fibreuse. Elle pousse plusieurs tiges, déliées, velues, creuses, rampantes sur terre, & jettant par intervalle de nouvelles racines de leurs nœuds. Ses feuilles sont découpées profondement en trois segmens, à-peu-près comme l’ache, dentelées sur les bords, velues des deux côtés, & portées sur des longues queues. Au sommet des tiges naissent des fleurs à cinq pétales, disposées en rose, de couleur jaune luisante, & lustrée. Ses fleurs sont soutenues par un calice à cinq feuilles, qui contient dans le centre un grand nom-