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La question seroit bientôt résolue, si le nombre demandé se trouvoit être un des facteurs du produit des révolutions totales ; mais si cela n’est pas, on ne pourra résoudre la question qu’en multipliant les révolutions intermédiaires, & en donnant de l’inégalité au facteur.

Soient de même 19440 révolutions du dernier mobile avec les facteurs 18, comme dans le premier exemple. L’on propose de faire l’un des facteurs 9, & de mettre sur l’un ce qu’on aura ôté de l’autre, l’on aura moindre de 81 pour 324 qu’il faut avoir, quoique leur somme n’ait pas changé, le nombre de 243 étant plus petit, les révolutions du dernier mobile seroient diminuées ; ce qu’on ne veut pas faire. Il faut donc augmenter l’un des produisans en plus grande raison que l’on a diminué l’autre.

Ayant donc un des produisans de 324, savoir 9 ; si l’on divise les 324 par 9, le quotient 36 sera nécessairement l’autre produisant cherché. Alors l’on aura . D’où il suit un plus grand nombre de révolutions intermédiaires, sans avoir plus de roues ; de plus un nombre fixe de révolutions sur une des roues, sans avoir rien changé aux révolutions du dernier mobile.

Ainsi les roues seront en gardant les mêmes pignons

6. 6. . pignons ou dividendes.
// // //
216. 54. 30. roues ou dividendes.
.   produit de tous les quotiens, exposans, ou facteurs les uns par les autres.
.   somme des révolutions intermédiaires plus grande de 37, à cause de l’inégalité donnée au sacteur, pour fixer un nombre de révolutions.

Voyez le théorème que j’ai donné sur la théorie de l’inégalité des facteurs, à l’article Frottement (Horlogerie), page 351.

Pour diminuer les révolutions. Question. Trouver une roue qui fasse une telle partie de révolutions qu’on voudra pour une de la premiere. Cette question seroit bientôt résolue, s’il étoit possible de faire le rayon de la premiere à l’égard de la seconde dans la proportion demandée. Mais si ce rapport est trop grand, qu’il faille employer plusieurs roues pour satisfaire à la question, il faut faire voir que la même méthode qui a servi pour multiplier les révolutions, peut être employée pour les diminuer. Par exemple, je suppose qu’on demande de trouver une roue qui fasse la de révolutions pour une de la premiere, l’on fera la même opération que dans le premier exemple ; avec cette différence que dans l’application l’on aura des fractions pour facteurs ou produisans, & que l’ordre des pignons & des roues sera renversé, c’est-à-dire que les pignons seront les dividendes, & les roues les diviseurs.

On appelle pignon une roue qui est peu nombrée, & réciproquement ; ensorte que les roues qui conduisent les pignons augmentent les révolutions ; au contraire elles les diminuent quand ce sont des pignons qui conduisent des roues.

Il faut donc poser sa regle en cette sorte :

108. 108. 30. roues ou dividendes.
// // //
6. 6. . pignons ou dividendes.
.   produit des quotiens, facteurs, ou exposans les uns par les autres.
.   somme de toutes les parties de révolutions.

L’on peut faire les mêmes applications sur ces fra-


ctions de révolutions intermédiaires, comme on l’a fait sur les entiers dans les exemples précédens.

Par exemple, diminuer, augmenter, fixer des parties de révolutions sur telle roue qu’on voudra.

Question. Le plan des révolutions d’une roue étant donné, trouver telle inclinaison qu’on voudra relativement à la premiere roue. L’on sait que les roues qui font leurs révolutions dans le même plan, ont leur axe parallele. Ainsi pour incliner les plans des révolutions. il suffit d’incliner les axes & former les roues & les pignons propres à engrener sur des axes inclinés, lorsque les axes sont perpendiculaires ; c’est ce qui forme les engrenages des roues de champ & de rencontre.

La méthode que je viens de donner est, je crois, la plus générale qu’il y ait sur le calcul des révolutions : néanmoins je n’exclus pas le génie & l’occasion de manifester des coups de force, en saisissant de certaines méthodes, qui n’étant ni générales ni directes, ne laissent pas quelquefois d’avoir des propriétés plus ou moins aisées, pour arriver plûtôt à ce que l’on cherche. Article de M. Romilly.

REVOMIR, v. act. (Gram.) vomir à plusieurs reprises. Voyez Vomir & Vomissement. Il n’est pas réduplicatif.

REVOQUER, v. act. (Gram.) annuller ce qu’on a fait. Voyez Revocation, Revocatoire.

Revoquer, v. act. casser, rendre nul, rappeller, déplacer ; on revoque un testament, une procuration, un employé, un édit, &c. On dit aussi revoquer en doute, pour mettre en doute.

REUS, la, ou REUSS, (Géogr. mod.) en latin Ursa ; riviere de la Suisse qui prend son origine dans le mont S. Gothard, d’un petit lac très-profond, nommé lago di Luzendro. La Reuss a dès sa source un cours fort impétueux. Elle se jette dans le lac de Lucerne, en sort ensuite, & finit par se perdre dans l’Aare, au-dessous de Windisch. (D. J.)

RÉUSSIR, v. act. (Gram.) avoir du succès. Voyez l’article suivant.

REUSSITE, Succès, (Synonym.) ces deux substantifs mis seuls sans épithetes, signifient un événement heureux ; on les emploie indifféremment en fait d’ouvrages d’esprit ; mais on ne dit pas d’ordinaire la réussite des armes du roi, la réussite d’une négociation ; en ces rencontres, on se sert plus volontiers du mot succès, ainsi que pour les grandes affaires.

En fait de pieces de théâtre, on n’applique guere le mot succès, qu’aux pieces graves & sérieuses ; Tancrede a eu un grand succès. Ce ne seroit pas si bien parler, de dire, les plaideurs ont eu grand succès ; il faut dire, les plaideurs ont bien réussi, ou ont eu une bonne réussite. (D. J.)

REUTLINGEN, (Géog. mod.) ville d’Allemagne, libre & impériale, au cercle de Suabe, dans le duché de Wurtemberg, à un mille au levant de Tubingen, sur l’Esehez, à 8 lieues au midi de Autgard. Elle fut entourée de murailles en 1215 par l’empereur Fréderic. Les homicides involontaires y ont eu un sûr azyle. Long. 26. 43. lat. 48. 30.

Gryphius (Sébastien) nâquit à Reutlingen. Il se rendit célebre dans le xvj. siecle par la beauté de l’exactitude de ses impressions. Son fils Antoine Gryphius marcha sur ses traces, & se distingua par la belle bible in-folio qu’il mit au jour en 1550. (D. J.)

REVUE, s. f. (Gram.) examen de plusieurs choses, les unes après les autres. J’ai fait la revue de mes livres. On a fait la revue de toute la maison. N’oubliez pas de faire la revue de vos actions.

Revue, (Art. milit.) c’est l’examen que l’on fait d’un corps de troupes, que l’on range en ordre de bataille, & qu’on fait ensuite défiler, pour voir si les compagnies sont complettes, si elles sont en bon