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la roue de rosette M qui est dessous ; e est l’aiguille qui tient à quarré sur cette roue ; cc est la coulisse coupée aussi en ce, pour qu’on voie le rateau aa qui est dessous, & comment il engrene avec la roue de rosette. q que nous avions supposé une fourche, est la queue du rateau, & les deux petits points blancs sont, au lieu de fourchons, deux petites chevilles distantes entr’elles d’une quantité imperceptiblement plus grande que l’épaisseur du ressort spiral. Maintenant il est clair, que si l’on tourne l’aiguille de R vers K, on fera avancer la queue du rateau de q vers r ; & qu’au contraire, si on la tourne de K vers R, on fera avancer cette queue de r vers q, ou de q vers P : d’où il est évident, par ce que nous avons dit plus haut, que par le premier mouvement on fera avancer la montre, & que par le second on la fera retarder. C’est pourquoi les Horlogers vous disent, que pour faire avancer votre montre, il faut tourner l’aiguille du côté où les chiffres vont en augmentant, & dans le sens contraire, quand on veut la faire retarder, parce que ces chiffres sont ordinairement disposés de façon qu’il en résulte cet effet. Dans les montres angloises, au lieu d’une aiguille, on fait tourner un petit cadran dont on apprécie le chemin par un petit index ; mais c’est encore le même effet, ce cadran étant adapté comme l’aiguille sur la roue de rosette.

On pourroit faire ici une question, savoir, de combien de degrés ou divisions il faut tourner l’aiguille de la rosette, pour faire avancer ou retarder la montre d’un certain nombre de minutes en 24 heures. Mais cela dépendant 1°. du ressort spiral qui est tantôt plus court, tantôt plus long, 2°. des rapports qui sont entre l’aiguille de rosette & sa roue, cette roue, & le rateau, rapports qui ne sont presque jamais les mêmes, on voit qu’il est impossible de prescrire aucune regle à cet égard. En général une division est suffisante pour accélérer le mouvement de la montre d’une minute en 24 heures. Au reste pour peu qu’on soit attentif, on s’apperçoit bientôt du degré de sensibilité de sa montre. Il est bon de remarquer cependant que, lorsque l’aiguille est du côté des chiffres de haut nombre, il faut un peu moins la tourner que lorsqu’elle est de l’autre côté ; le ressort spiral étant dans ce cas plus court, & par conséquent un même espace parcouru par la queue du rateau produisant plus d’effet. Voyez Ressort spiral, Rateau, Coulisse, &c.

Rosette, (Jardinage.) ornement d’où sortent des nilles, des palmettes & des becs de corbin, quelquefois employé dans les parterres de broderie à la place d’un grand fleuron.

Rosette, en terme de marchand de modes, est un ruban plus ou moins large, formant une boucle à deux ou trois feuilles de chaque côté. Cet ornement se met au haut des bourses à cheveux. Voyez Bourse. On fait de ces rosettes avec une double rose plus petite & placée au milieu, & sur le nœud de la premiere, on laisse pendre un petit bout de ruban, & ces rosettes prennent alors le nom de la comette.

Rosette, (Peinture.) sorte de craie rougeâtre approchant de la couleur amarante, qui n’est autre chose que du blanc de Rouen, à qui l’on a donné cette couleur par le moyen d’une teinture de bois de Brésil plusieurs fois réitérée. La rosette est une espece de stil de grain dont on se sert dans la peinture. Il y a une autre espece de rosette semblable pour la composition à celle ci-dessus, mais dont la couleur est d’un plus beau rouge, qui sert à faire cette encre dont les Imprimeurs se servent pour marquer en rouge les titres des livres qu’ils impriment. On s’en sert aussi quelquefois pour peindre. Dictionn. du Comm. (D. J.)

Rosette, (Serrur.) ornement d’étoffe ciselés en


maniere de rose, qui se met sous le bouton d’une rose. (D. J.)

Rosettes, (Tourneur.) sont des disques de fer ou de cuivre figurés que l’on monte sur l’arbre du tour à figurer, par la moyen desquels on fait des figures qui leur sont semblables. Voyez Tour & les Pl. & fig. du Tourneur.

ROSETTE, ou ROSSETE, (Géogr. mod.) ville d’Egypte, près des ruines de l’ancienne Canope, sur le bord du bras occidental du Nil, à une lieue de la mer, à 8 au levant d’Alexandrie, à 16 au-dessous de Frouah, & à 38 au nord-ouest du Caire, avec laquelle elle communique par un canal que deux châteaux défendent.

Cette ville doit avoir plus de six cens ans d’antiquités, puisque au tems du géographe Edrissi elle existoit déjà : elle est en partie bâtie sur une montagne de roche, qui commence au bord du Nil, & s’étend assez avant dans les terres vers l’occident.

Rosette est grande & commerçante, car on y transporte plusieurs marchandises qui viennent de la mer Rouge & de la haute Egypte ; il est vrai cependant qu’il n’y a que les saiques & les caromousals des Grecs qui puissent monter jusqu’à Rosette ; les navires ne le peuvent pas faute d’eau.

Il réside ordinairement dans cette ville un vice-consul de France, qui est logé dans une okelle : c’est un bâtiment fait en façon de cloître, avec une grande porte, & une basse-cour environnée de magasins ; au-dessus il y a des galeries qui conduisent dans les chambres qu’on leue aux marchands. Long. 47. 28. lat. 31. 15. (D. J.)

ROSETTIER, s. m. (Coutellerie.) outil dont se servent les Couteliers pour faire ces petites rosettes de cuivre, avec lesquelles ils montent plusieurs de leurs ouvrages. C’est une espece de poinçon en forme d’emporte-piece, qu’ils frappent sur un bloc de plomb, une feuille de léton entre deux. Les Orfevres se servent aussi du rosettier pour faire les rosettes d’argent. (D. J.)

ROSHASÇANA, s. m. (Hist. des Juifs.) mot qui se trouve souvent dans les livres des Juifs, & qui signifie le comm ncement de l’année. C’est pour eux un jour de fête. Leurs docteurs disputent dans le talmud sur le tems auquel le monde a commencé. Selon les uns ç’a été au printems dans le mois de Mian, qui répond à notre mois de Mars ; d’autres veulent que ce soit en automne dans le mois de Tisri, qui est notre mois de Septembre ; & c’est maintenant parmi eux l’opinion la plus reçue. Quoique l’année ecclésiastique commence chez eux au mois de Mian, conformément à ce qui est dit dans la loi, que ce mois sera pour eux le premier des mois ; cependant l’année ordinaire ou civile commence par le mois Tisri ou Septembre ; & c’est pendant les deux premiers jours de ce mois qu’on célebre le roshasçana d’abord par une cessation générale de tout travail, ensuite par des prieres, des aumônes, des confessions, & d’autres œuvres de pénitence.

Selon Leon de Modene, les Juifs tiennent par tradition, que pendant ces deux jours, Dieu juge de tout ce qui s’est passé l’année précédente, & regle les événemens de celle où l’on va entrer. C’est pourquoi ils emploient le premier de ces deux jours à expier le passé par des jeunes, des austérités, des disciplines & d’autres mortifications ; quelques-uns, sur-tout en-Allemagne, portent l’habit avec lequel ils veulent être enterrés. On s’assemble à la synagogue, où l’on fait de longues prieres, & sur-tout on lit à cinq personnes dans le Pentateuque, ce qui y est dit du sacrifice qu’on faisoit ce jour-là dans le temple ; enfin on fait la bénédiction pour le prince, & on sonne trente fois du cor, selon qu’il est marqué dans les nom-