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Σαββάτων οὐάδα, nominata, Sabbatûm vada.

Brutus, dans une lettre insérée dans celles de Cicéron, lib. XI. epit. x. dit : « Antoine est venu à Vada, c’est un lieu que je veux vous faire connoître. Il est entre l’Apennin & les Alpes ; & il n’est pas facile d’y passer, à cause de la difficulté des chemins ». Par cette difficulté, il entend les montagnes & les marais ; ce sont même ces marais qui ont donné lieu au mot vada.

La difficulté à-présent, est de savoir si Sabata & Sabatum vada, sont des noms d’un même lieu. Cluvius l’assure ; mais Holstenius dans ses Remarques sur l’ancienne Italie de Cluvier, l’en reprend comme d’une erreur & met entre deux, une distance de 6 ou 7 mille pas. Il prétend que quand Antonin met sur la voie Aurélienne, Cannalicum Vada Sabatia M. P. XII, Pullopicem M. P. XII, Albingannum M. P. VII. Selon lui, Vada Sabatia, est Vadi ou Vai ; Pollupice, est Final ; Albengannum, est Albengue ; & Sabata simplement, est Savone.

Mais voici une difficulté : si la ville de Savone, aujourd’hui siege épiscopal, est l’ancienne Sabata, comment a-t-elle pris le nom moderne, car Savone est un nom ancien, déjà connu du tems des guerres puniques. Tite-Live dit qu’elle étoit dans les Alpes, Savone, oppido Alpino. De Savo, Savonis, s’est fait Savone, comme de Narbo, Narbonne ; de Salo, Salone, &c. Ce qui est certain, c’est que l’ancienne Savone étoit dans les Alpes, & qu’elle doit être différente de Savone d’aujourd’hui qui est maritime.

Il n’est pas moins certain que l’ancienne Sabata étoit au commencement des Alpes. Strabon le dit, l’Apennin commence à Gènes, & les Alpes commencent à Sabata.

Il paroît que Vada Sabatia étoit jadis un lieu plus fameux que Sabata, ce dernier n’est nommé que par Strabon & par Ptolomée ; l’autre a été connu de Strabon, de Pline, de Brutus, de Mela, d’Antonin, de l’auteur de la table de Peutinger, & de Capitolinus dans la vie de Pertinax, de qui il dit, ch. ix. qu’étant encore simple particulier, il fut taxé d’avarice, lorsqu’à Vada Sabatia, ayant accablé d’usure les propriétaires, il en profita pour étendre son domaine.

Sabata ou Sabatha, est encore le nom d’une ville d’Asie, dans l’Assyrie. Elle est nommée Sambana par Diodore de Sicile. Elle étoit à 30 stades de la Séleucie de Médie. (D. J.)

SABATH ou Sabat, (Géog. mod.) ville d’Asie au Mawaralnarh, voisine d’Osrushnah, à 20 parasangues de Samarcande. Long. selon Alfaras 89. 55. lat. 40. 20. (D. J.)

SABATHRA, (Géog. anc.) ville de l’Afrique proprement dite, entre les deux Syrtes, selon Ptolomée ; c’est la même ville maritime que la Sabrata de Pline, d’Antonin & des Notices. (D. J.)

SABATIA, stagna, (Géog. anc.) lac d’Italie dans l’Etrurie. Strabon met Σάβατα entre les lacs de l’Etrurie. Silius Italicus, lib. VIII. vers. 491. fait mention du lac Sabat, qu’il appelle Sabatia stagna ; & Columelle le nomme Sabaticius lacus. Ce lac est aujourd’hui le lac de Bracciano. (D. J.)

SABATICE, la, (Géog. anc.) contrée d’Asie dans la Médie. Elle prenoit son nom de la ville de Sabata, comme la Sitacene prenoit le sien de la ville Sitace. La Sabatice étoit à l’orient de la Sitacène, & située de telle façon que quelques-uns la donnoient à la Médie, d’autres à l’Elimaïde, selon Strabon, lib. XI. 524. (D. J.)

SABATINCA, (Géog. anc.) ancien lieu du Norique, selon Antonin, sur la route d’Aquilée à Lauriacum. Lazius croit que c’est présentement Neumarck au-dessus de Slaming. (D. J.)

SABATINIENS les, (Géog. anc.) ancien peuple d’Italie, dans la Campanie, selon la conjecture


d’Ortelius, qui cite Tite-Live. Sa conjecture est fort juste. Cet historien, l. XXVI. ch. xxxiij. dit : omnes Campani, Atellani, Galatini, Sabatini, qui se dediderunt in arbitrium, &c. On voit que Campani est un nom général qui comprend les noms suivans, comme étant des peuples de Galatia ou d’Atella, villes de la Campanie, on ne peut pas douter que Sabatine n’en fût aussi un peuple. (D. J.)

SABATO, (Géog. mod.) riviere d’Italie, au royaume de Naples, dans la principauté ultérieure ; elle reçoit dans son cours le Calore, arrose Bénévent, & se perd dans le Volturno, vis-à-vis de Caiazzo ; son nom latin est Sabbatus, voyez ce mot. (D. J.)

SABAZIEN, adj. (Mythol.) Σαβάζιος, c’étoit non seulement le surnom de Jupiter chez les Grecs, mais encore le surnom de Bacchus parmi les Sabes, peuples de Thrace, chez lesquels il étoit particulierement honoré sous le nom du dieu Saboué. Le Mithra des Perses se trouve aussi sur d’anciens monumens avec la même épithete. (D. J.)

SABAUCÉ, s. m. (Hist. nat. Botan.) arbre du Brésil, qui porte un fruit gros comme les deux poings, qui renferme des petits noyaux semblables à nos amandes par le goût & par la forme.

SABBAT, s. m. (Hist. jud.) c’est parmi les Juifs le septieme jour de la semaine qu’ils solennisent en mémoire de ce que Dieu, après avoir créé le monde en six jours, se reposa le septieme. Voyez Semaine.

Ce mot est purement hébreu, שכה, & signifie cessation ou repos. Philon le nomme τοῦ κόσμου γενέσια, le jour de la naissance du monde. Quelques-uns prétendent que des le premier tems de la création, Dieu commanda aux hommes d’observer le jour du sabbat, parce qu’il est dit dans la Genes. chap. xj. V 2 & 3, que Dieu sanctifia le jour auquel il se reposa, & qu’il le bénit. C’est le sentiment de Philon, de S. Clément d’Alexandrie, & de quelques rabbins ; mais la plûpart des peres pensent que cette sanctification & cette bénédiction dont parle Moïse, n’étoient que la destination que Dieu fit alors du septieme jour, pour être dans la suite sanctifié par son peuple. On ne voit pas en effet que les patriarches l’aient observé, ni que Dieu ait eu dessein de les y assujettir.

Mais il en fit un précepte exprès & formel aux Hébreux, sous peine de mort, comme on le voit dans l’Exod. xx. & xxj. aussi l’observerent-ils exactement comme un jour consacré particulierement au culte de Dieu, en s’abstenant de toute œuvre servile. On dit même qu’ils portoient le scrupule à cet égard jusqu’à penser qu’il ne leur étoit pas permis de se défendre ce jour-là s’ils étoient attaqués, & à se laisser égorger plûtôt que de combattre. On voit dans l’Evangile que les pharisiens en avoient encore de plus mal fondés. Le sabbat commençoit le vendredi au soir, suivant l’usage des Juifs qui célebrent leurs fêtes d’un soir à l’autre. Les rabbins ont marqué exactement à ceux-ci tout ce qui leur est défendu de faire le jour du sabbath ; ce qu’ils réduisent à trente-neuf chefs, qui ont chacun leurs dépendances. Ces trente-neuf chefs sont ainsi rapportés par Léon de Modene, cérémon. des Juifs, part. III. chap. j. Il leur est défendu de labourer, de semer, de moissonner, de botteler & lier les gerbes, de battre le grain, de vanner, de cribler, de moudre, de bluter, de paîtrir, de cuire, de tordre, de blanchir, de peigner ou de carder, de filer, de retordre, d’ourdir, de taquer, de teindre, de lier, de délier, de coudre, de déchirer ou mettre en morceaux, de bâtir, de détruire, de frapper avec le marteau, de chasser ou de pêcher, d’égorger, d’écorcher, de préparer & racler la peau, de la couper pour en travailler, d’écrire, de raturer, de régler pour écrire, d’allumer, d’éteindre, de porter quelque chose dans un lieu public ou particulier. Ces trente-