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me sable femelle. Le gros sable s’appelle gravier, & on en tire le sable fin & délié en le passant à la claie serrée, pour sabler les aires battues des allées des jardins. (D. J.)

Sable, (Plomberie.) les plombiers se servent de sable très-blanc pour mouler plusieurs de leurs ouvrages, & particulierement pour jetter & couler les grandes tables de plomb. Pour préparer le sable de ces tables, on le mouille légerement, & on le remue avec un bâton ; ce qu’on appelle labourer le sable. après quoi on le bat, & on le plane avec la plane de cuivre. (D. J.)

Sable, terme de Blason ; le sable est la quatrieme couleur des armoiries ; c’est le noir. Il y a deux opinions sur l’origine de ce terme : plusieurs écrivains le dérivent des martes zébelines, que l’on nommoit anciennement zables ou sables ; d’autres croient que la terre étant ordinairement noire, on s’est servi du mot sable pour exprimer la couleur noire que l’on voit souvent dans les armoiries ; mais quand on considere que la marte est presque noire, & qu’on l’a toujours appellée zébeline, on vient à penser qu’elle est la véritable origine du mot sable en terme de blason. C’est aussi le sentiment de Borel. (D. J.)

Sables d’Olonne, les, (Géog. mod.) ville maritime de France en Poitou, à 8 lieues de Luçon. Voyez Olonne.

SABLÉ, (Géog. mod.) en latin du moyen âge, Saboloium, Sabloium, &c. petite ville de France, dans le bas-Maine, sur la Sarte, à 10 lieues au sud-ouest du Mans, & à égale distance au nord-est d’Angers. Elle est fort ancienne, car elle fut donnée avant l’an 628 à l’église du Mans par un seigneur nommé Alain. Elle fut érigée en marquisat par Henri IV. en 1602, en faveur d’Urbain de Laval, maréchal de France. Gilles Ménage a publié à Paris l’histoire de cette petite ville, en 1683, in-fol. Son pere, Guillaume Ménage y étoit né. Longitude 17. 14. latit. 47. 49. (D. J.)

SABLÉE, fontaine, (Chauderonn.) on appelle fontaine sablée un vaisseau de cuivre étamé, ou de quelqu’autre métal, dans lequel on fait filtrer l’eau à travers le sable, pour la rendre plus claire, & pour l’épurer ; on ne devroit jamais se servir de vaisseau de cuivre à cause du verd de-gris, ou du moins cela n’est permis qu’aux peuples de la propreté la plus recherchée, tels que sont les Hollandois. (D. J.)

SABLER, l’action de, (Physiolog.) c’est une façon de boire dans laquelle on verse brusquement la boisson tout-à-la-fois dans la bouche ; & la langue conduit le tout dans le gosier avec la même vitesse. C’est cette façon de boire qu’Horace appelle thracia amystis.

Pour sabler, il y a deux moyens ; l’un de fermer la valvule du gosier en la baissant sur la langue, ou en retirant la langue sur elle, afin de prendre son tems pour avaler. L’autre est d’ouvrir cette valvule, en éloignant la langue de cette valvule, pour laisser passer tout d’un coup la liqueur dans le gosier, sur lequel la langue se retire aussitôt, pour pousser le liquide dans l’ésophage, & pour baisser l’épiglotte, afin de garantir la trachée-artere.

Cette maniere débauchée de boire, peut n’être utile qu’à ceux qui ont quelque médicament dégoutant à prendre. Ce moyen est assez bon pour éviter le dégoût, parce que la boisson passe avec tant de vîtesse, qu’elle n’a pas le tems de frapper desagréablement la bouche ni le nez.

La façon de boire au galet ou à la régalade, comme on dit vulgairement, ne differe de sabler qu’en ce que le sabler se fait en un seul coup, & que le galet se fait en plusieurs.

Pour boire ainsi on renverse la tête, on ouvre la bouche fort grande, on retire la langue en arriere


pour boucher le gosier, afin d’éviter la chûte trop prompte du liquide, qui incommoderoit la trachée-artere ; on verse de haut, mais doucement, pour donner le tems à la langue & à la valvule du gosier de s’éloigner pour le passage de la boisson, & lorsqu’il en est passé environ une gorgée, la langue & la valvule se rapprochent subitement, pour empêcher que ce qui est encore dans la bouche, ne suive ce qui est déja dans le gosier, & on profite de cet instant, pour respirer par le nez.

A l’égard du sabler, j’ai dit qu’il différoit peu du galet ; & ce que je vais ajouter de la déglutition dans cette façon de boire, servira pour l’un & pour l’autre.

Quand on boit au galet, la racine de la langue & la valvule se rapprochent mutuellement pour retenir le liquide, jusqu’à ce qu’on ait pris son tems pour avaler ; lequel tems est toujours après l’inspiration ou l’expiration ; & quand on veut avaler, on éleve la valvule, on retire la langue en-devant, pour donner passage à une partie du liquide ; ensuite la langue se retire dans le fond du gosier, pour pousser le liquide dans l’ésophage ; de maniere qu’elle ne fait qu’avancer sa racine en devant, pour laisser entrer l’eau, & ensuite se retirer jusqu’au fond du gosier, tant pour pousser le liquide dans le fond de l’ésophage, que pour boucher les narines & la glotte : ces mouvemens instantanés sont répétés, jusqu’à ce que l’on ait achevé de boire. Voyez Boire & Déglutition, mém. de l’acad. des Scienc. ann. 1715 & 1716.

J’ajoute seulement qu’il n’y a pas le moindre plaisir à sabler une liqueur agréable, parce qu’on ne la savoure point en l’avalant tout-d’un-coup, & d’une seule gorgée. Il y a plus : dans cette maniere brusque de boire, on risque de s’étouffer, si par hasard la langue n’a pas pu en baissant promptement l’épiglotte, garantir la trachée-artere du torrent d’un vin fumeux ; c’est là-dessus qu’est fondé ce couplet d’une de nos meilleures chansons bacchiques,

Chers enfans de Bacchus, le grand Grégoire est mort !
Une pinte de vin imprudemment sablée,
A fini son illustre sort :
Et sa cave est son mausolée.

(D. J.)

Sabler une allée, (terme de Jardinier.) c’est couvrir avec art une allée de sable, pour empêcher que l’herbe n’y vienne. Avant que de sabler une allée, il faut la dresser, ensuite la battre à deux ou trois volées ; car, sans cette façon, le sable se mêle en peu de tems avec la terre. Enfin on met dessus l’allée battue, deux pouces d’épaisseur de sable de riviere, sur lequel on passe le rouleau. (D. J.)

SABLESTAN le, (Géog. mod.) Olearius écrit Sablustan, & d’Herbelot Zablestan ; province de Perse, sur les confins de l’Indoustan, bornée au nord par le Khorasan, au midi par le Ségestan, au levant par le Candahar, & au couchant par le pays d’Héri. Ce pays a pour ville principale Gagnah, si fameuse dans l’histoire orientale. Il est arrosé de rivieres, de sources & de fontaines. Les montagnes dont il est rempli, ont été connues des anciens sous le nom de Paropamisus, & le pays répond en effet, pour la plus grande partie, aux Paropamisades de Quinte-Curce. Le Paropamise est une branche du mont Taurus, toute couverte de bois. Le peuple du pays, dit Olearius, est encore aujourd’hui aussi grossier qu’il étoit du tems d’Alexandre. (D. J.)

SABLIER, s. m. ou Horloge de sable, c’est proprement une clepsydre, dans laquelle on emploie le sable au lieu d’eau. Voyez Clepsydre. (O)

Sablier, (Ecriture.) c’est un petit vaisseau où l’on met du sable ou de la poussiere, qu’on répand sur l’écriture, afin de la sécher plus vite, ou d’user