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Je me suis sacrifié pour elle. Il m’a sacrifié à son ambition. Je lui ai sacrifié toutes mes fantaisies.

SACRILEGE, (Jurisprud.) ce terme pris dans sa signification générale s’entend de toute profanation de choses saintes ou dévouées à Dieu. Mais dans l’usage ce terme s’entend principalement des profanations qui se commettent à l’égard des hosties & vases sacrés, des sacremens, des images & reliques des saints & des églises.

La profanation des hosties & vases sacrés est ordinairement punie de la peine du feu avec l’amende-honorable & le poing coupé.

Celle des sacremens est aussi punie du feu ; quelquefois les prêtres sont condamnés à la potence & ensuite brûlés.

La peine de la profanation des images & reliques des saints & des églises est plus ou moins grave ; quelquefois elle est punie de mort, & même du feu, suivant les circonstances. Voyez Dimanche, Églises, Fêtes, Images, Profanation, Reliques, Sacremens, Sépulcre, Service divin, Tombeaux, Vases sacrés. Voyez l’institut au droit criminel de M. de Vouglans, tr. des crimes, tit. 1. ch. ij. (A)

Sacrilege, (Critique sacrée.) sacrilegium ; mot formé de sacra & de legere, ramasser, dérober les choses sacrées. Sacrilege est donc le larcin des choses saintes ; & celui qui les vole, se nomme aussi sacrilege, sacrilegus. Il est dit au II. des Macch. iv. 39. que Lysimachus commit plusieurs sacrileges dans le temple, dont il emporta beaucoup de vases d’or.

Le mot de sacrilege se prend encore dans l’Ecriture, pour la profanation d’une chose, d’un lieu sacré par l’idolâtrie ; c’est ainsi qu’est nommée l’action par laquelle les Israélites, pour plaire aux filles madianites, se laisserent entraîner à l’adoration de Béelphégor. Nomb. xxv. 18.

Comme les sacrileges choquent la religion, leur peine doit être uniquement tirée de la nature de la chose ; elle doit consister dans la privation des avantages que donne la religion, l’expulsion hors des temples, la privation de la société des fideles pour un tems ou pour toujours ; la fuite de leur présence, les exécrations, les détestations, les conjurations. Mais si le magistrat va rechercher le sacrilege caché, il porte une inquisition sur un genre d’action où elle n’est point nécessaire ; il détruit la liberté des citoyens en armant contre eux le zèle des consciences timides, & celui des consciences hardies. Le mal est venu de cette fausse idée, qu’il faut venger la divinité ; mais il faut faire honorer la divinité, & ne la venger jamais ; c’est une excellente réflexion de l’auteur de l’esprit des lois. (D. J.)

SACRIMA, (Littérat.) nom que donnoient les Romains au vin nouveau qu’ils offroient à Bacchus, en reconnoissance de la recolte abondante qu’ils avoient obtenue par sa protection. Pitiscus.

SACRISTAIN, s. m. terme d’Église ; officier ecclésiastique qui a le soin & la garde des vases & des ornemens sacrés ; mais le premier sacristain dans l’église romaine, est celui de la chapelle du pape, dont l’office est annexé à l’ordre des hermites de S. Augustin. C’est ainsi qu’Alexandre VI. l’a ordonné par une bulle de l’an 1497, sans qu’il soit même nécessaire que ledit religieux soit dans la prélature. Cependant depuis longtems le pape donne un évêché in partibus à celui auquel il confere cet office ; & quand même il ne seroit point évêque, il peut porter le mantelet & la mosette à la maniere des prélats de Rome. Ce sacristain prend le titre de préfet de la sacristie du pape. Il a en sa garde tous les ornemens, les vases d’or, d’argent, & les reliquaires de cette sacristie. Il distribue aux cardinaux les messes qu’ils doivent célebrer solemnellement, mais ce n’est que


d’après l’aveu du premier cardinal prêtre, qui en est proprement le distributeur. Il dit tous les jours la messe aux cardinaux, & leur administre les sacremens ainsi qu’aux conclavistes. (D. J.)

SACRISTIE, s. f. (Hist. ecclés.) c’est un endroit attenant les anciennes églises, où l’on serre les habits sacrés, les vases, & les autres ornemens de l’autel.

Ce mot est grec ; il est formé de διακονέω, je sers, à cause que l’on y prenoit tout ce qui étoit d’usage pour le service divin. On l’appelloit aussi ἀσπαστικὸν, & en latin salutatorium, parce qu’en cet endroit l’évêque recevoit & saluoit les étrangers. Quelquefois aussi il étoit appellé μητατώριον ou μιτατώριον, mensa, table, à cause qu’il y avoit des tables sur lesquelles on mettoit les ornemens sacrés, ou μητάτον, une sorte d’hôtellerie ou de maison dans laquelle on logeoit des soldats.

Le premier concile de Laodicée, dans le 21 st. canon, défend aux prêtres de vivre dans la sacristie, ἐν τῷ διακονικῷ, ou de toucher aux ustensiles sacrés. Une ancienne version latine de ces canons se rend par les mots in secretario ; mais la copie qui en est à Rome, aussi-bien que Denis le Petit, retiennent le mot diaconicon en latin. Il est vrai que Zonaras & Balsamon entendent cette expression dans le 21 st. canon, de l’ordre d’un diacre, & non pas d’un bâtiment. Leo Allatius suit cette opinion dans son traité de templis græcorum ; mais tous les autres interpretes s’accordent à prendre ce mot pour l’expression d’une sacristie. Outre les ornemens de sacrificature & de l’autel, l’on y déposoit pareillement les reliques de l’église.

SACRO-COCCYGIEN, en Anatomie ; nom de deux muscles qu’on appelle aussi coccygiens postérieurs. Voyez Coccygien.

SACRO-LOMBAIRE, en Anatomie ; nom d’un muscle situé sur le dos entre les angles des côtes & leurs apophyses transverses.

Ce muscle est intimément uni par sa partie inférieure avec le long dorsal, & il en est distingué à sa partie supérieure par une petite ligne graisseuse. Il paroît tendineux extérieurement, & charnu intérieurement. Il s’attache au moyen de son plan tendineux à l’os sacrum à levre externe, & à la portion postérieure de l’os des isles, aux apophyses transverses des lombes par des plans charnus, qui paroissent se détacher du plan tendineux, à la partie inférieure des angles de toutes les côtes, à la tubérosité de la premiere aux apophyses transverses des deux vertebres inférieures du col, par des bandelettes tendineuses, & par des plans charnus qui croisent les tendineuses.

Ce muscle est aussi appellé lumbo-dorsal, & dorsal moyen. Winslow.

SACROS, s. m. (Poids.) poids des anciens Arabes répondant à une de nos onces. (D. J.)

SACRO-SCIATIQUE, en Anatomie ; nom de deux ligamens qui unissent l’os sacrum avec l’os yschium.

SACRUM, en Anatomie ; nom d’un os qui est la base & le soutien de toute l’épine du dos, ce qui lui a fait donner aussi le nom d’os basiliaire.

On le divise en partie supérieure, en base, en pointe, en deux bords & en deux faces.

Il paroît composé de plusieurs fausses vertebres, qui vont toujours en décroissant vers la pointe : ces fausses vertebres, dans les jeunes sujets, sont unies ensemble par des cartilages mitoyens, mais le tout s’ossifie dans l’adulte, & elles ne forment plus qu’une seule piece.

La face antérieure est concave, on y observe sur les parties latérales quatre trous, quelquefois cinq.

La face postérieure est convexe & fort inégale. On