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SALLON, s. m. (Architect.) grande piece située au milieu du corps d’une maison, ou à la tête d’une galerie, ou d’un grand appartement. Sa forme ordinaire est celle d’un rectangle, dont la longueur est à la largeur comme 4 à 3, ou tout-au-plus comme 2 à 1. Ses faces doivent être en symmétrie ; & comme sa hauteur comprend ordinairement deux étages, & qu’il a deux rangs de croisées, l’enfoncement de son plafond doit être ceintré, ainsi qu’on le pratique dans les palais d’Italie. Il y a des sallons quarrés comme celui de Clagny ; de ronds & d’ovales, comme ceux de Vaux & du Rincy ; d’octogones, comme celui de Marly, & d’autre figure. On décore les sallons avec des colonnes corinthiennes qui bordent des glaces ou des tableaux ; mais cette décoration qui comporte une grande richesse, est tout-à-fait arbitraire. On en peut voir un beau modele dans les Pl. VIII. & IX. du tome I. du traité de la décoration des édifices, par M. Jacques-François Blondel.

C’est dans les sallons qu’on se repose lorsqu’on vient de la chasse, ou de la promenade, qu’on joue & qu’on donne des repas de conséquence. Daviler. (D. J.)

Sallon de treillage, (Jardinage.) espece de grand cabinet dans un jardin, rond ou à pans, fait de treillage de fer & de bois, & couvert de verdure. On trouvera des figures de sallon de treillage dans la théorie & la pratique du jardinage. (D. J.)

SALLUVIENS, les, Salluvii, Salvii, Sallyes, Sallycus, (Géog. anc.) voyez ce dernier mot. Les Salluviens étoient un peuple originaire de Ligurie, établi dans la contrée des Gaules, que nous appellons aujourd’hui la Provence. Les Marseillois ayant réclamé le secours des Romains contre ces peuples, le consul M. Fulvius Flaccus fut envoyé contre eux l’an de Rome 627 ; il les défit, & en triompha. C’est le premier triomphe des Romains sur les Gaulois transalpins. C. Sextius continua la guerre contre ces mêmes peuples en qualité de proconsul, & il acheva de les soumettre en 629. Il bâtit en ce pays une ville, qui, à cause de l’abondance de ses eaux & du nom de son fondateur, fut appellée Aquæ Sextiæ : c’est Aix, capitale de la Provence. (D. J.)

SALM, (Géog. mod.) petite ville des Pays-bas, au duché de Luxembourg, à trois lieues de Roche-en-Famine, avec titre de comté. Long. 23. 24′. lat. 50. 6. (D. J.)

Salm, la, (Géog. mod.) en latin Salmona, petite riviere d’Allemagne dans l’Eistel & dans l’électorat de Trèves. Elle se jette dans la Moselle à 2 lieues au-dessous de Treves. (D. J.)

SALMA, (Géogr. mod.) nom de deux villes de l’Arabie-heureuse. Long. de l’une, selon Ptolomée, 70. 30. lat. 26. long. de l’autre, 63. 20. lat. 24. 20. (D. J.)

SALMACIS, (Géog. anc.) fontaine d’Asie dans la Carie. Elle ne doit pas être loin de la ville du même nom, & peut-être lui donnoit-elle son nom. Cette fontaine avoit, disoit-on, la réputation de rendre mous & efféminés ceux qui bûvoient de ses eaux. Strabon, l. XIV. plus judicieux que le vulgaire, ne croit point qu’elle eût cette propriété ; mais, selon lui, ce défaut de ceux qui en bûvoient venoit de leurs richesses & de leur intempérance.

Vitruve, l. II. c. viij. en donne une autre raison. Il y a, dit-il, tout auprès de la fontaine de Salmacis un temple de Vénus & de Mercure. On croit faussement qu’elle donne la maladie de l’amour à ceux qui en boivent ; mais il n’y aura point de mal à rapporter ce qui a donné lieu à ces faux bruits qui se sont répandus par-tout. Il faut savoir, continue-t-il, que les Grecs qui s’établirent en cet endroit, charmés de la bonté de cette eau, y éleverent des cabanes, & qu’ensuite ils attirerent des montagnes les barbares, les engagerent à s’amollir, c’est-à-dire à adoucir la férocité


de leurs mœurs, & à se policer en se soumettant aux lois, & en s’accoutumant à une vie moins sauvage.

Festus en indique une raison bien différente ; il avoue que cette fontaine étoit très-funeste à la pudicité, & ceux qui en alloient boire s’exposoient à la perdre, non que l’eau eût par elle-même aucune qualité, mais parce que pour y aller il falloit passer entre des murs qui resserroient le chemin, & donnoient par-là occasion aux débauchés de surprendre les jeunes filles qu’ils déshonoroient, sans qu’elles pussent leur échapper. Ovide, que l’opinion du peuple accommodoit mieux, l’a embrassée.

Cui non audita est obscenæ Salmacis unda ?

C’est ce qu’il dit dans le XV. liv. de ses métamorphoses vers 319. On peut voir comment il a traité la fable de la nymphe Salmacis, l. IV. fab. 11. (D. J.)

Salmacis, s. f. (Mytholog.) nom d’une nymphe tellement amoureuse d’Hermaphrodite, fils de Mercure & de Vénus, que l’ayant surpris comme il se baignoit dans une fontaine de Carie, elle se jetta dedans & en l’embrassant étroitement, elle pria les dieux de les unir pour jamais. Sa priere fut exaucée, leurs deux corps n’en firent plus qu’un, où étoit néanmoins conservé le sexe de l’un & de l’autre. La fable ajoute que depuis cette fontaine située près d’Halicarnasse fut nommée Salmacis, & que tous ceux qui s’y baignoient devenoient efféminés. (D. J.)

SALMANTICA, (Géog. anc.) ancienne ville de la Lusitanie, chez les Vettons, selon Ptolomée, liv. XXI. c. v. Plutarque l’appelle Salmatica, & dit que c’est une grande ville. Il est à croire que Salmanticæ ou Salmatica est Salamanque. (D. J.)

SALMASTRE, (Géogr. mod.) ville d’Asie dans la Perse, résidence d’un kan qui y commande, à quatre journées de Tauris & à vingt-huit d’Alep. C’est, dit Tavernier, l. III. c. iv. une jolie ville sur les frontieres de anciens Assyriens & des Medes, & la premiere de ce côté-là des états du roi de Perse. Les guerres du dernier siecle & de celui-ci ont vraissemblablement ruiné cette ville. (D. J.)

SALME, s. m. (Comm.) en italien salma, mesure des liquides, dont on se sert dans la Calabre & dans la Pouille, provinces du royaume de Naples. Le salme est de dix stars, & le star de 32 pignatolis ou pots, qui font à-peu-près la pinte de Paris, ainsi le salme contient environ 320 pots ou pintes. Salme est aussi un poids de 25 livres. Salme, c’est encore une mesure de grains dont on se sert à Palerme. Le salme contient 16 tomolis, & le tomolis 4 mondels, 10 salmes. Deux septiemes font le last d’Amsterdam. Voyez Last. Dict. de Comm. & de Trév.

SALMERO, s. m. (Ichtyol.) espece de petit saumon de riviere ou de lac, qu’on trouve ordinairement près de la ville de Trente. Sa figure est longue & ovalaire, son museau est gros, sa bouche est garnie de dents, sa tête est ronde, son dos est noirâtre, ses côtés sont blanchâtres, son ventre est rouge. Ce poisson tient un peu de la truite. Sa chair a la couleur & le goût de celle du saumon ordinaire ; elle est tendre, friable, nourrissante, excellente à manger, mais de peu de garde. (D. J.)

SALMES, (Géog. mod.) on écrit aussi Salme, petite ville ou bourg de Lorraine au pays de Vosge, sur les frontieres de la basse Alsace, près de la riviere de Brusch, à 8 lieues de Strasbourg, à 22 de Nancy & à 14 de Marsal, avec titre de comté. Long. 24. 56′. latit. 48. 35′. (D. J.)

SALMI, s. m. (Cuisine.) ragoût qu’on fait avec des bécasses, des alouettes, des grives, & autres pieces de gibier roties à la broche, dépecées ensuite & cuites sur un réchaud avec du vin, des petits morceaux de pain, & autres ingrédiens propres à piquer le goût.