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tes de Paris, & de la cour des monnoies servent par semestre. Il y a aussi quelques parlemens qui sont semestres, c’est-à-dire où les officiers servent de même par semestre. Quand il s’agit d’enregistrement, d’ordonnances, édits ou déclarations, ou de quelque affaire qui intéresse toute la compagnie, on assemble les deux semestres, c’est-à-dire toute la compagnie. (A)

Semestre, dans l’Art militaire, est en France une permission qui s’accorde alternativement aux officiers, de s’absenter de leurs compagnies pendant le quartier d’hiver.

Les semestres ont été différens, selon les différentes conjonctures. Après la paix de Nimegue, il fut fait une ordonnance le 20 Août 1679, qui permettoit à la moitié des officiers de l’infanterie de s’absenter pendant les mois de Septembre, Octobre & Novembre ; & à l’autre moitié pendant les mois de Décembre, Janvier & Février suivans, à condition de servir tous ensemble pendant les six autres mois.

En 1681, il fut permis aux deux tiers des officiers de cavalerie, infanterie & dragons, de s’absenter pendant Novembre, Décembre, Janvier & Février ; pour l’autre tiers s’absenter l’année suivante pendant les quatre mêmes mois, avec l’un des deux tiers qui avoit eu congé l’année précédente.

En 1682, il fut permis au tiers seulement desdits officiers, de s’absenter pendant ces quatre mois, de maniere qu’en trois années consécutives, tous les officiers pussent successivement profiter de ce congé. Cette derniere disposition a subsisté depuis. Code militaire de Briquet. (Q)

SEMEUR, s. m. (Agricult.) celui qui seme. Voyez Semaille, Semencer, Semer & Semoir.

SEMI, (Gram.) mot emprunté du latin, qui signifie moitié, & dont on se sert en musique au lieu du hemi des Grecs, pour composer très-barbarement plusieurs mots, moitié grecs & moitié latins.

Ce mot, au-devant du nom grec de quelque intervalle, signifie toujours une diminution, non pas de la moitié de cet intervalle, mais seulement d’un semi-ton mineur. Ainsi semi-diton, c’est la tierce mineure, semi-diapente la fausse quinte, & semi-diatessaron la quarte diminuée, &c. (S)

SEMI-ARIENS ou DEMI-ARIENS, s. m. pl. (Hist. ecclés.) secte d’hérétiques qui étoient une branche des Ariens, composée selon S. Epiphane, de ceux qui condamnoient en apparence les erreurs d’Arius, mais qui admettoient pourtant quelques-uns de ses principes qu’ils ne faisoient que déguiser, en les enveloppant sous des termes plus doux & plus moderés. Voyez Arien.

Pour entendre le vrai sens de ce nom, il faut savoir que les sectateurs d’Arius se diviserent en deux partis principaux. Les uns suivant l’hypothèse de leur maître, soutinrent que le fils étoit dissemblable au pere, ἀνόμοιος, d’où on les nomma Anoméens ou Eunomiens du nom d’Eunomius leur chef ou purs Ariens, voyez Anoméens, Eunomiens, Ariens. Les autres qui refusoient de recevoir le mot ὁμοούσιος, consubstantiel, comme marquant une parfaite égalité entre le pere & le fils, feignoient d’approcher du sentiment des peres de Nicée, en disant que le fils étoit ὁμοιούσιος, c’est-à-dire semblable en essence ou semblable en toutes choses au pere. On leur donna le nom de semi-Ariens, comme n’étant qu’à demi dans les sentimens des Ariens.

Quoique quant à l’expression, ils ne différassent des orthodoxes que par une seule lettre ; ils étoient néanmoins dans l’erreur des Ariens, qui mettoient le fils au rang des créatures. Il ne leur servoit de rien d’enseigner qu’il n’y avoit point d’autre créature de même rang que lui, puisqu’en niant qu’il fût


consubstantiel à Dieu le pere, ils nioient au fond qu’il fût véritablement Dieu.

Les semi-Ariens eurent beaucoup de part aux conciles de Seleucie & de Vimini, où ils tromperent les Catholiques par des confessions de foi captieuses ; quoiqu’ils convinssent que le Fils étoit en toutes choses semblable au Pere ; ils étoient divisés entr’eux lorsqu’il falloit expliquer ce point, les uns faisant consister la ressemblance du Fils au Pere dans la seule volonté, & les autres dans la substance ; parmi ces derniers il y en avoit plusieurs qui étoient orthodoxes & qui se réunirent dans la suite à l’Eglise catholique.

Le second concile général a encore donné le nom de semi-Ariens à d’autres hérétiques qui nioient la divinité du S. Esprit, & qui eurent pour chef Macédonius. Comme les Ariens s’étoient principalement élevés contre la seconde personne de la sainte Trinité ; le concile appella semi-Ariens, ceux qui voulurent contester à la troisieme sa divinité ; les premiers avoient été quelquefois designés par χριστομάχοι, ennemis de Jesus-Christ. On appella les autres πνευματομάχοι, ennemis du S. Esprit ; mais ils sont plus connus dans l’histoire ecclésiastique sous le nom de Macédoniens. Voyez Macédoniens.

Semi-breve, s. f. est dans nos anciennes musiques, une valeur de note ou une mesure de tems, qui comprend l’espace de deux minimes ou blanches, c’est-à-dire la moitié d’une breve. La semi-breve s’appelle autrement ronde. Voyez Ronde, Valeur des notes. (S)

SEMICON, s. m. (Musiq. inst. anc.) instrument de musique des Grecs qui avoit trente-cinq cordes, & cependant ce n’étoit pas encore l’instrument des anciens qui en eût le plus ; car l’épigonion en avoit quarante. On juge bien que cet instrument à trente-cinq cordes ne rendoit pas trente-cinq sons différens, mais seize ou dix-sept ; de même l’épigonion ne rendoit pas quarante sons différens, auquel cas il eût eu plus d’étendue que nos plus grands clavessins, ou nos clavessins à ravallement, ce qui n’est pas vraissemblable, mais les cordes y étoient mises deux à deux, & accordées à l’unisson ou à l’octave, comme elles le sont au luth, à la guitarre, à la harpe double, & au clavessin à deux & trois jeux, ce qui ne faisoit en tout que vingt sons différens. (D. J.)

Semi-cubique, adj. en Géométrie, une parabole semi-cubique est une courbe du second genre, dans laquelle les cubes des ordonnées sont comme les quarrés des abscisses. Voyez Parabole. On l’appelle autrement seconde parabole cubique. (E)

Semi-double, terme de Breviaire, qui se dit de l’office ou des fêtes qu’on célebre à certains jours avec moins de solemnité que les doubles, mais plus grande que les simples. Voyez Double & Simple.

L’office semi-double a premieres & secondes vespres, quelques leçons propres à matines à la fin desquelles on dit le Te Deum & le Gloria in excelsis à la messe. Il se fait aux fêtes marquées semi-doubles dans le calendrier.

SEMIGALLE, (Géog. mod.) contrée annexe de la Courlande, dont elle fait la partie orientale, & dont elle est séparée par la riviere de Mutza. Le Semigalle confine avec la Livonie, au nord & à l’orient, & elle a la Samogitie au midi. On compte dans cette contrée deux capitaineries, qui sont Mittau & Selburg. (D. J.)

SEMILUNAIRE ou SIGMOIDES VALVULES ; les Anatomistes appellent ainsi trois petites valvules ou membranes de figure semilunaire, qui sont placées à l’orifice de l’artere pulmonaire de l’aorte pour empêcher le retour du sang dans le cœur, dans le tems de leur contraction. Voyez nos Pl. d’Anat. & leur explic. voyez aussi Valvule.